En rase campagne dans l'Indiana

Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 18:04

Hopital Les rares hommes politiques qui ont voulu humaniser le système de santé américain s'y sont cassé les dents. Le constat est effarant: les assurances ne cherchent que le profit et refusent d'assurer les gens qui en ont vraiment besoin.

Jeffpadgett Assureurs et médecins roulent sur l'or quand 47 millions d'Américains sont sans couverture et risquent la ruine au moindre pépin de santé. Le système est à ce point aberrant qu'un tiers des dépenses se perd dans son fonctionnement administratif ou dans la guerre commerciale, voire juridique, que se livrent les assureurs. Soigner les gens est devenu un objectif secondaire.

L'agriculteur Jeff Padgett raconte à quel point une facture d'hôpital peut être effrayante.

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Robertstone Pour changer les choses, Robert Stone a fondé il y a cinq ans l'association Hoosiers for a Commonsense Health Plan, un groupe de pression qui veut changer le système de santé américain pour aboutir à un plan de «bon sens» qui assurerait une couverture d'assurance maladie à tout le monde.

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Ce médecin urgentiste de l'hôpital de Bloomington explique comment son pays en est arrivé là et à quel point l'élection de McCain serait une catastrophe. «Si McCain est élu, ce sera 20 à 30 millions d'Américains supplémentaires qui seront exclus du système de santé.»

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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 18:02

Hopital

Un homme qui frôle la mort parce qu'il n'ose pas aller aux urgences alors qu'il est victime d'une crise cardiaque. Un autre en bonne santé qui travaille dur sans pouvoir se payer une assurance maladie.

Voici deux histoires à la fois banales et accablantes qu'illustrent la faillite et la dureté du système social américain.

La première de ces histoires est racontée par Robert Stone, un médecin urgentiste de l'hôpital de Bloomington. C'est celle d'un homme de 57 ans qui se laissait mourir parce qu'il n'avait pas les moyens de se payer l'hôpital. Elle illustre à quel point le système de santé américain est fou.

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La seconde n'en est pas vraiment une. Elle est simplement la vie de Jeff Padgett, agriculteur bio de ce petit coin de l'Indiana.

A 53 ans, Jeff Padgett fait pousser avec son épouse des fruits et des légumes. Ensemble, ils ont élevé leurs trois enfants devenus aujourd'hui adultes. Ensemble, ils ont fait le choix de laisser tomber leur boulot et de s'installer au milieu de la nature. Et s'ils bossent dur, au moins six jours sur sept, ils ne s'en plaignent pas. La vie qu'ils ont choisie est à ce prix.

Jusqu'à présent donc, tout va bien; mais demain? Demain, si la maladie vient à les frapper, ils se retrouveront démunis financièrement face à elle. Si Jeff et Elizabeth ne sont pas riches, ils ne sont pas pauvres non plus, mais ce qu'ils gagnent chaque mois ne leur permet pas de se payer une assurance maladie.

Il ne leur reste donc qu'à prier. Et à espérer que les aliments sains qu'ils mangent et la vie saine qu'ils mènent les protègeront le plus longtemps possible.

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Nous reviendrons dans les jours à venir sur le dossier de l'assurance maladie aux Etats-Unis.



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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 17:59

Palinindi_3   Sarah Palin en meeting vaut le détour. Premièrement elle déclenche une véritable hystérie chez les conservateurs de l'Indiana.

Deuxièmement, sa popularité démontre que le modèle ultra-libéral et conservateur qu'elle défend n'est pas mort avec la crise économique.

Comme tout le monde ou presque, l'Américain n'aime pas payer ses impôts. Mais il a aussi le courage, d'aucuns diront l'inconscience, d'en accepter les conséquences et les règles de l'ultra-libéralisme que continuent de défendre les Républicains. Les Etats-Unis ne manquent pas de ces modèles de «cow-boys» durs au mal, individualistes et un tantinet bourrus.

Palintribune Aujourd'hui, c'est Joe le plombier —à ne pas confondre avec Joe le taxi— qui fait figure de héros. Ce type a surgi il y a une semaine dans la campagne en interpellant Obama sur son programme fiscal. Peu importe que les journalistes aient démythifié le personnage en expliquant que c'était un vrai-faux plombier qui exerçait plus ou moins illégalement, les Républicains continuent à se l'approprier. Et l'évocation de son nom au meeting d'Indianapolis de Sarah Palin a déclenché des tonnerres d'applaudissements.

Nous avions dit, en revenant du «rallye» de Barack Obama, que nous irions au rallye de McCain s'il se présentait dans notre «swing state». Promesse tenue. Sauf que le candidat n'est pas venu en personne, il a délégué cette mission à sa colistière, la désormais célèbre gouverneur de l'Alaska.

Regarder ici :





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Il a été bien avisé de le faire car, quoi qu'en disent nombre d'observateurs ou humoristes, raillant son inexpérience et ses gaffes, la mère traditionnaliste de famille nombreuse est en train de ramener au bercail républicain tous les conservateurs de l'Indiana qui reprochent à McCain son anticonformisme et ses hésitations passées sur la condamnation de l'avortement. (Voir ce qu'en pensent les sympathisants républicains en cliquant ici).

Palinfoule S'il y a d'un côté les sondages qui prédisent une compétition serrée entre Obama et McCain dans un Indiana qui n'a pas voté démocrate depuis 44 ans, il y a de l'autre côté la capacité à mobiliser les foules. Et à ce petit jeu, les Républicains l'ont largement emporté. Ils ont attiré 20 000 spectateurs dans le Verizon Wireless Music Center, une sorte de «Zénith» au milieu des champs de maïs, qui accueille habituellement les rock stars.

Obama n'avait quant à lui attiré que quelques milliers de supporters la semaine précédente. On pourra toujours dire que l'horaire, à midi un mercredi, avait été mal choisi, par rapport au rendez-vous républicain un vendredi à 17h30. Mais le coup de charme de Sarah Palin a au moins le mérite de rappeler que les fameux Etats rouges républicains ne tomberont pas aussi facilement dans la malle démocrate.

Franck



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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 17:57

Pancarte Sarah, ils l'aiment et puis c'est tout. Ils aiment son style punchy, son parcours, ses attaques contre Obama. Ils aiment tout.

Bien sûr qu'à la sortie d'un meeting, on ne risque pas de rencontrer beaucoup d'opposants à la personnalité politique qui vient de s'exprimer. Tout le monde est venu pour elle et tout le monde ou presque l'apprécie.
Mais l'apprécie pour quoi au fait? C'est ce que nous avons demandé aux Hoosiers venus écouter la candidate en campagne, samedi après-midi à Indianapolis.

Et mine de rien, leurs réponses dressent un panorama des valeurs du peuple républicain américain.

Lorsqu'ils parlent de la candidate à la vice-présidence, le mot qui revient le plus souvent dans la bouche de ces conservateurs convaincus, c'est le mot «authentique». Oui, Sarah Palin est à leurs yeux authentique. Et cela signifie beaucoup de choses. Cela veut dire qu'elle n'est pas pervertie par les rouages de la politique. Elle sort de nulle part et c'est sa force. Non seulement, elle est une mère de famille dans laquelle toutes les mères de famille peuvent s'identifier, mais elle est tout ce que Washington n'est pas. Ou vice versa.

Regardez ici :



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Comme nous l'avait dit le pasteur Keevin Gray de Hendricksville (pour retrouver son interview, cliquez ici), les républicains n'aiment pas que l'Etat fédéral vienne mettre son nez dans leurs affaires. Car ils considèrent que lorsqu'il s'intéresse de trop près à eux, cela finit toujours par des impôts.

Si on peut risquer une comparaison, on trouve dans leur discours sur Washington les mêmes tonalités des anti-Bruxelles français ou européens. Parce que le pays est vaste et parce que la géographie impose sa loi à la politique, ils se méfient de ce pouvoir trop lointain pour être honnête. Ils ont le sentiment de ne pas pouvoir peser sur ce qui se passe et sur ce qui se décide dans la capitale fédérale. Et ils imaginent aisément qu'un tas d'argent doit y être gaspillé et un tas de textes législatifs votés en empiétant sur leur sacrosainte liberté.

Mamie Justement parce qu'elle ne vient pas de ce microcosme politicien, Sarah Palin incarne cette méfiance et cette soif d'une grande autonomie vis à vis du pouvoir fédéral. Et ce ne sont pas les moqueries des humoristes des grands médias, c'est-à-dire des grandes villes, ni même les attaques de la presse qui y changeront quoi que ce soit. Au contraire.

Sans doute se passe-t-il ici, aux Etats-Unis, le même phénomène maintes fois observé en France: ce que disent les élites ne pèse pas tant que ça sur ce que pense, ou plutôt ressent, une grande partie de l'électorat: «Vous pouvez bien, messieurs les penseurs, dire ce que vous voulez, argumenter, utiliser les mots les plus savants, mon cœur m'a déjà parlé.»

A toutes les personnes croisées à la sortie du meeting, nous avons demandé: «Pensez-vous que Sarah Palin incarne l'avenir du parti républicain.» Et toutes nous ont répondu: «Oh oui, nous l'espérons vraiment.»

Victoire ou défaite, la colistière de John McCain pourrait ressortir grandie de cette aventure électorale.

Bruno

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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 17:44

Jeff Un petit marché qui sent le terroir, des vrais paysans avec des vrais sourires et des produits naturels.

Ne vous pincez pas, il y a aussi une paysannerie américaine respectueuse de l'environnement au milieu de l'agriculture du business et du génétiquement modifié.

Ferme_2 Jeff et Elizabeth Padgett sont là, derrière leur étal du samedi matin, pour affirmer qu'en effet ils ont choisi de retourner à la terre il y a une quinzaine d'années. Ils ont tourné le dos à la course au profit pour poursuivre leur idéal de bonheur et acheter un lopin de sept hectares au milieu de la forêt. Cette forêt si éblouissante en cet automne.

Les traites payées, ce couple de Hoosiers —faut-il rappeler que c'est ainsi que se désignent les habitants de l'Indiana— a choisi d'élever ses trois enfants dans sa ferme de Springville à trente kilomètres au sud de Bloomington. Une petite maison dans la prairie d'où on n'a pas vraiment envie de sortir tant elle semble à l'écart des bruits de l'activité humaine.

Les Padgett gagnent à peine deux mille dollars par mois. Heureusement que les enfants volent maintenant de leurs propres ailes. En plus de vivre en accord avec leur rêve et leur conscience, ils sont reconnus dans la région comme des fermiers militants pour une agriculture raisonnée loin des excès de l'agro-industrie.

Et nous avons pu constater, depuis deux semaines, qu'être militant du côté de la libérale Bloomington, c'est une fierté. Comme si on vous décernait le titre de citoyen d'honneur de «la République populaire de Bloomington» selon le bon mot d'une habitante du coin.

Regardez ici :





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Jeff et Liz réussissent l'exploit d'être à la fois totalement typiques dans leur paysage et complètement atypiques dans la communauté agricole nationale. Alors que le paysan américain a pas mal de raisons de voter rouge républicain, nos deux producteurs de framboises, tomates, poivrons, asperges ou basilic «bio», ont déjà coulé leur bulletin pour Obama (regardez la vidéo en cliquant ici).

Ble En plus, ils acceptent de vivre de peu alors qu'avec un dollar au plus bas, des récoltes mondiales en baisse et la montée des cours des céréales (+ 126% pour le blé, + 57 % pour le soja et + 45 % pour le maïs), jamais l'agriculture américaine ne s'était aussi bien portée que cette année. Elle a enregistré une augmentation inédite de ses exportations : + 20% rien que pour les exportations de maïs.

Les sénateurs et représentants américains ont voté massivement cette année une loi qui accorde aux agriculteurs du pays plus de subventions qu'ils n'en ont jamais eu. Sur les cinq années à venir, les fermiers de l'oncle Sam recevront quelque 307 milliards de dollars. Mais rien pour les Padgett. Et pour tout dire, ils s'en moquent un peu.

Mais Pour eux l'important est de préserver l'environnement car ils savent trop bien que les engrais chimiques utilisés par les exploitations agricoles polluent les nappes phréatiques et finissent par rejoindre le Mississippi puis l'océan. En été plus particulièrement, les phosphates et nitrates que les Etats-Unis déversent dans la mer favorisent le développement d'algues qui empêchent ensuite l'oxygénation de l'eau, ce qui fait fuir poissons et crustacés des côtes du Texas et de la Louisiane.

Une étude de l'US Geological Survey a classé l'Indiana en troisième position au palmarès des Etats qui déversent le plus de nitrates, derrière l'Illinois et l'Iowa. Les neuf Etats, montrés du doigt par l'étude —l'Illinois, l'Iowa, l'Indiana, le Missouri, l'Arkansas, le Kentucky, le Tennessee, l'Ohio et le Mississippi— ne représentent qu'un tiers des terres du bassin versant du Mississippi mais ils produisent plus des trois quarts des polluants déversés dans le golfe du Mexique.

L'an dernier, les fermiers de l'Indiana ont augmenté de 18% la surface plantée en maïs pour arriver à 2,630 millions d'hectares. Les zones humides, les wetlands, censées retenir les écoulements de fertilisants, se réduisent comme peau de chagrin. Les scientifiques sont sans illusions quant aux déclarations d'intentions des agriculteurs sur la réduction de leur pollution. «Plus de maïs veut toujours dire plus de fertilisants. Les premiers constats remontent à 1985 et le problème est toujours là», remarque, désabusé, Ron Turco, professeur d'agronomie à l'université de Purdue.

Franck


Champ


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