Lundi 24 novembre 2008
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Les Etats-Unis n'en sont plus aux
intentions de vote mais au vote lui-même. Un système surprenant qui rencontre un franc-succès outre-Atlantique. Pourquoi faire la queue le 4 novembre quand on peut la faire aujourd'hui ?
Avouons que cet argument
d'éviter une longue attente le jour J nous a fait sourire à la vue de la file devant le bureau de vote de Bloomington. Elle se prolongeait sur le trottoir à l'extérieur et tout électeur qui se
plaçait à son extrémité devait patienter près d'une demi-heure avant d'atteindre la salle des opérations.
Une aubaine pour deux militants républicains qui, debout devant la ligne matérialisant le début de la zone dans laquelle toute propagande était proscrite, distribuaient les tracts de la dernière
minute appelant à un sursaut pour McCain. (Regardez la vidéo en cliquant ici).
Mais après avoir appris qu'en 2004 certains électeurs avaient attendu douze heures pour voter, nous avons compris l'appréhension de ces votants précoces.
Regardez ici :
(Pour visionner la version originale, cliquez ici)
Fréquemment, des électeurs, plus particulièrement de sympathiques démocrates, émettent des doutes sur la validité du processus électoral de leur pays. Chacun pense évidemment à l'élection de 2000
lorsque Georges Bush l'avait emporté avec moins de voix qu'Al Gore. Mais l'élection de 2004 est aussi sujette à caution malgré la large défaite de John Kerry.
Brendan, un étudiant en musique, nous a par exemple affirmé qu'il ne votera jamais sur les ordinateurs proposés dans les bureaux de vote car il n'a pas confiance dans le système informatique. Il
a trop peur que son vote ne compte pas comme le raconte le documentaire Uncounted sur l'élection de 2004. Brendan utilise donc systématiquement le bon vieux bulletin en papier pour
cocher ces choix.
Nous lisions également dans
l'hebdomadaire Nuvo d'Indianapolis de la semaine dernière l'édito toujours très orienté et souvent drôle de Steve Hammer. Il écrivait : «Il faut revenir à 1956, quand Dwight
Eisenhower a été réélu, pour trouver une élection présidentielle pendant laquelle le parti républicain n'a pas eu à sortir son armement illégal et immoral pour l'emporter. Les seules fois où les
républicains ont perdu depuis 1956 —en 1976, 1992 et 1996, c'était lorsque leur candidat avait un sens moral suffisant pour ne pas tricher. (Précisons que les démocrates ont gagné en 1960 en
utilisant les mêmes fraudes que celles de Bush en 2000)»...
Excessif ? Peut-être... Toujours est-il que dans plusieurs Etats, dont l'Indiana, des centaines de milliers d'électeurs sont encore en attente de la validation de leur enregistrement. Et, tout
près de chez nous, à Nashville (Indiana) la liste électorale du comté comporte près de mille noms en trop : il y a 13 000 inscrits sur 12 000 habitants en âge de voter. Et Beth Mulry, la
responsable administrative, d'expliquer : «Il vaut mieux avoir des inscrits en trop que des plaintes de personnes qui ne se trouvent pas sur la liste.» Mais elle ne désespère pas
d'arriver à nettoyer les listes où elle a remarqué que certains inscrits n'ont jamais voté depuis vingt ans. Peut-être ont-ils déménagé ou sont-ils morts. D'ici à ce qu'ils se remettent à voter
comme dans certains arrondissements parisiens...
Franck