En rase campagne dans l'Indiana

Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 12:39

Lascha10 Une vingtaine de condamnés ont été exécutés depuis le mois de mai et une vingtaine d'autres le seront d'ici la fin de l'année. Pourtant, Glenda Bleeden est optimiste. Même si Obama ne s'est pas prononcé contre la peine de mort —il a même déclaré y être favorable pour les violeurs d'enfants— elle veut croire qu'il sera le président qui l'abolira...




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Cette habitante de Spencer, une ville conservatrice du pays, milite pour mettre fin à «l'abattage». Comme nombre d'abolitionnistes américains, elle a cru cette année toucher au but de son combat lorsque le 25 septembre 2007, la Cour suprême avait suspendu les exécutions. Les juges avaient ordonné ce moratoire sur l'ensemble des Etats-Unis suite à la plainte de deux condamnés à mort du Kentucky qui dénonçaient la méthode d'exécution, l'injection léthale, comme étant anticonstitutionnelle car cruelle et inhabituelle. Mais en avril dernier la Cour suprême a rejeté la requête des plaignants et autorisé la reprise des exécutions.

Regardez ici:




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Sur le marché de Bloomington, Glenda et sa coalition ont recueilli deux cents signatures apposées sur six pétitions différentes destinées à appuyer les demandes de grâce de prisonniers, comme Troy Davis dont la Cour suprême vient de rejeter l'ultime recours, au seuil de la chambre d'exécution. Une bonne «récolte» pour les militantes, même si elles confient que les soutiens venus de l'étranger sont plus nombreux que ceux venus de l'intérieur. «Les condamnés reçoivent beaucoup de lettres de France», glisse Glenda.

De fait, le sujet de l'abolition de la peine de mort n'est pas aussi médiatisé que les autres questions de société que sont le droit à l'avortement, le mariage des gays ou le contrôle des armes. Mais il reste plus de 3 000 condamnés en attente de leur exécution, la plupart dans les Etats sudistes comme le Texas.

Glenda Bleeden a remarqué que les «pro-peine de mort» ont accéléré le rythme des exécutions depuis que la Cour suprême en a autorisé la reprise. Comme en 2007, une quarantaine d'injections mortelles auront été pratiquées cette année. Cependant des experts en droit ont estimé dans le New York Times  que la bataille judiciaire sur la méthode d'exécution encourage de nouveaux recours ailleurs qu'au Kentucky, ce qui devrait avoir pour effet de ralentir le rythme des exécutions.

Et si l'abolition se faisait «en douce», comme l'espère Glenda ?

Franck



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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 08:29

Pano7 Dans notre petite campagne, un peu à l'écart de la bruyante Amérique, la campagne électorale a un air propret. Pas d'affichage sauvage, pas de graffitis, pas de pollution visuelle, juste des petits panneaux soigneusement plantés dans des jardins sans clôture.

Nous avons choisi de vous en livrer un petit diaporama, juste pour vous inviter à la promenade et vous rappeler que l'on ne vote pas que pour le futur président mais pour une vingtaine de candidats.

Regardez ici :



Seront mentionnés sur le bulletin de vote :

Au niveau fédéral : le président, son vice-président, le sénateur et le représentant au Congrès.

Au niveau de l'Etat : le gouverneur, l'attorney general (chef du judiciaire), le chef de l'instruction publique, le sénateur, le représentant au Congrès ; les électeurs peuvent aussi avoir à répondre à quelques référendums (il y en a trois cette année dans l'Indiana, pour plus de détails, cliquez ici).

Au niveau local : les conseillers de comté, les préfets, les juges des différentes cours de justice, les greffiers, les commissaires aux comptes, les officiers de police judiciaire, les responsables du cadastre, les percepteurs.



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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 07:40

«Il est à combien le gallon d'essence en ce moment? Et il était à combien il y a cinq minutes?» Conduire aux Etats-Unis, c’est ça. C'est prendre l’habitude de jeter un œil à chaque fois qu’on croise un endroit où on peut remplir le réservoir de sa voiture. C’est comme un tic auquel on n’échappe pas. A quelques heures d’intervalle, on peut passer à plusieurs reprises devant la même station-service sans oublier de se tordre  le coup pour apercevoir à combien est le gallon (3,78 litres). Car il en est des stations-service américaines comme de Wall Street  : il s’y passe toujours quelque chose.Dsc_0092


 

 

 

Stationservice Pendant un bout de temps, les conducteurs ont perdu l’espoir d’avoir une bonne surprise. Quand les prix changeaient, c’était pour monter et monter encore largement au-dessus de quatre dollars. Puis, ils ont commencé à descendre et la semaine dernière enfin, le gallon d’essence est repassé pour la première fois depuis bien longtemps sous les trois dollars.

«A penny is a penny», comme nous l’a dit, à la station-service du magasin Wal-Mart, une habitante de Bloomington qui a fait le choix de conduire une voiture asiatique à la consommation réputée plus raisonnable. Et c’est justement parce qu’un sou est un sou, que cette essence devenue chère a porté un rude coup à l’industrie automobile américaine déjà peu fringante.

Regardez ici :

 


 

 

La récente baisse du prix de l’essence  ne suffira pas à sauver l’industrie automobile américaine qui est bien malade. Si malade que les deux candidats doivent rivaliser de nouvelles propositions pour sauver ces fleurons de l’industrie US.

Depuis une paire d'années maintenant, les vendeurs de voitures de marques américaines ne sont donc pas à la noce. Nous sommes allés les voir à Bloomington où nous avions jusqu’à présent toujours été accueillis partout à bras ouverts. Et là, on nous a fermé la porte au nez . «Rien à dire, pas le temps, le patron n’est pas là.» Toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas parler de ce qui fait mal. Même ici, dans cette ville universitaire qui s’en sort mieux que les autres.


Heureusement, il reste le marché de l'occasion et, si ce n'est pas Byzance, au moins on accepte de parler.


Regardez ici :




 

Pour trouver un vendeur de voitures neuves qui avait le sourire (un sourire très commercial, peut-être un peu forcé), il a fallu aller chez Toyota et Mazda. Pour eux, ça va merci. Le patron a réponse à tout; même aux questions qui tentent de le culpabiliser en titillant son patriotisme de bon Américain. «Mais vous savez, répond-il, de nombreuses voitures Toyota sont fabriquées aux Etats-Unis.»

 

 Bruno



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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 07:38

Mortreggie_3 Ni Franck ni moi n'avons jamais rencontré Reggie. Il est pourtant une des premières personnes à laquelle nous nous sommes intéressés à notre arrivée à Bloomington.

Son mobile home venait d'être détruit dans un incendie et, dans le quartier pauvre où il habitait, les voisins parlaient de lui comme d'un chic type. Le lendemain du drame, nous nous étions rendus sur place. Nous avions rencontré la mère et le frère de Leigh, l'autre victime de ce drame qui était, elle aussi, dans un état si critique que ses proches ne savaient pas encore si elle allait s'en sortir.

Dans les jours qui ont suivi, nous avons essayé de prendre des nouvelles de l'un et de l'autre en nous disant qu'il serait intéressant de rencontrer ce chic type. Sans succès. Et puis, nous avons appris en lisant le Herald Times, le journal de Bloomington, que Reggie avait fini par succomber à ses blessures.

Dans cet article, Sandy, la mère de Leigh, explique qu'elle n'a toujours pas appris la nouvelle à sa fille. Car pour l'heure, Leigh se trouve toujours dans un état grave même si ses jours ne semblent plus en danger. «Elle n'est encore jamais tout à fait consciente, raconte Sandy au journaliste du Herald Times. Même si elle est constamment sous sédatifs, elle a récemment ouvert les yeux et elle a cligné des yeux pendant que je lui parlais. Je lui ai alors demandé: "Clignes-tu des yeux pour me dire que tu m'entends?" Et elle a encore cligné des yeux.»

Leigh a été grièvement brûlée sur tout le corps. Lundi, elle a reçu ses premières greffes de peau.

Bruno

Cliquez ici pour retrouver le reportage que nous avons effectué après l'incendie




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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 07:36

Danseuse «Well, I was born in a small town»... Quand la plus jolie femme du Riverside Kafe a chanté qu'elle était née dans l'une de ces petites villes des Etats-Unis, j'ai béni cette idée un peu dingue que nous avons eue de venir s'y enterrer pendant un mois. On était bien, tout le monde appréciait ce vendredi soir sur la terre.

Jason Pourtant, la soirée était plutôt partie en vrille. Deux heures auparavant, la nuit tombée, nous errions dans les trois rues de Paoli, bourgade du comté d'Orange, à une cinquantaine de miles au sud de Bloomington. Nous étions à la poursuite de Jason Ringenberg, un chanteur de country croisé dans les rues de Boomington. Le guitariste au chapeau de cow boy nous avait dit : «Hey, guy, vendredi je joue dans la cambrousse, venez voir, ça sera très roots».

Seul ombre au tableau : à Paoli, ni le Mexicain du resto, ni l'hôtelier, ni le sheriff, ni le pompiste, ni aucun des treize noctambules que nous avons interrogés, ne connaissait la salle de l'Ours Brun Paresseux (Lazy Black Bear) dans laquelle notre Jason était censé se produire comme c'était écrit sur le journal local.

Chanteuse2 A 10h30 «pi-ème», comme on dit ici, nous avons poussé les deux portes du Riverside Kafe, le seul bar du coin encore allumé, pour noyer notre mauvais sort dans la Budweiser. Un Canadien, perdu en Amérique depuis une quinzaine d'années, est vite venu s'asseoir à notre table. Il parlait de sa vie pas facile. De sa petite fille qui est devenue son point d'attache à cette terre de l'Indiana. De son boulot de cantonnier...

Bourrus les Américains du milieu ? Peut-être le sont-ils parfois. Mais en cette nuit, en cette fin de semaine, en ce lieu, ils n'avaient qu'éclats de rire au visage pour mettre les deux Frenchies à l'aise. Et la caméra s'est fait accepter aussi simplement qu'une invitation à jouer au billard ou à entrer dans la fièvre du karaoke.

Regardez ici :



 

Au passage, on remarquera que Paoli abrite des talents mondiaux dans ces deux disciplines. Et les commentateurs sont invités à participer à notre petit jeu de devinette sur les titres chantés à cette occasion.

Dans ce genre de soirée, où l'on parle de tout et de rien, on en arrive aussi à causer politique. A pousser son coup de gueule. Et voilà ce qu'on en dit.

Regardez ici:

 

(Pour visionner la version originale, cliquez ici)

Franck


 

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