Barack Obama en bande-son et les visages de ses partisans qui défilent: petit retour en diaporama et en moins d'une minute sur le meeting du candidat démocrate, mercredi à Indianapolis.
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Barack Obama en bande-son et les visages de ses partisans qui défilent: petit retour en diaporama et en moins d'une minute sur le meeting du candidat démocrate, mercredi à Indianapolis.
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Quel rapport y a-t-il entre le
militantisme démocrate, le conseil municipal de Bloomington, les échecs et un vidéo-club ? Réponse : Stephen Volan.
Il y a six ans, Stephen Volan a débarqué de sa ville natale de Gary, tout près de Chicago. Il a traversé l'Indiana pour s'installer à Bloomington. Et son esprit militant, doublé d'un sens aigü de l'animation sociale, l'a vite amené à se faire élire conseiller municipal. Nous l'avons rencontré alors que nous cherchions un endroit pour regarder le dernier débat télévisé entre McCain et Obama.
Son vidéo-club, à l'angle de la quatrième rue et de la rue Walnuts, est devenu un petit repaire de contestataires. Il y a aménagé une salle de projection qui sert aussi de salle de spectacles où se produisent parfois des musiciens, d'autres fois des troupes de théâtre.
Il a beau sourire et se considérer comme un «asshole» semblable à tous les «assholes», ce type n'est pas commun. Le jour, à l'université, il enseigne les échecs —une matière pas franchement américaine. La nuit, il tient le comptoir de son Cinemat, et le reste du temps, il siège au conseil municipal. Des réunions qui peuvent durer sept heures...
Rencontre avec un grand bavard, partisan démocrate engagé, un de ceux qui refont le monde tous les soirs.
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Travailler plus pour gagner quoi ?
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Dans l’Indiana comme dans la plupart des Etats, Dieu n’est jamais bien loin. Il est présent, presque chaque jour dans les pages du Herald Times, le journal du coin qui ne manque pas une occasion de rendre compte de l’actualité des assemblées de fidèles. Il est là dans les discours et les pensées.
Au-delà de la diversité des religions, l’Amérique est une terre chrétienne qui, au contraire d’une grande partie de l’Europe, ne s’est pas érodée. Environ 80% des Américains se déclarent croyants et plus de la moitié pratiquent une religion. Ici, appartenir à une Eglise, ce n'est pas seulement aller à la messe. C’est aussi faire partie d’une communauté, d’un groupe de femmes et d’hommes qui se connaissent, partagent les mêmes valeurs et se font confiance.
En se promenant dans la campagne autour de Bloomington, on passe sans cesse devant une église fondée par une congrégation différente. On va de l’une à l’autre, et on constate à la sortie de chaque virage ou de chaque patelin que la religion est aussi présente dans les discours politiques que dans la géographie.
C’est dans ce terroir chrétien, conservateur et rural que nous avons fait halte, Franck et moi, devant le bâtiment de la Liberty Church of Christ. Un arrêt à Hendricksville alors que la messe se terminait et que les fidèles commençaient à partir. Plus tard dans la journée, nous y sommes revenus juste avant un autre moment de prière. Entre les deux, nous avons eu l’occasion de parler longuement avec Keevin Gray, pasteur de cette congrégation depuis treize ans.
Accueillant, fort de ses convictions et ouvert à toutes les questions, Keevin Gr
ay a la chance de pouvoir compter, dans ce petit village, sur une
communauté suffisamment riche et nombreuse pour lui assurer une rémunération qui lui permette de se consacrer entièrement à sa vocation. Entre deux sermons, il enseigne la lecture de la
Bible aux habitants de la région qui viennent souvent le consulter lorsqu’ils sont confrontés à une difficulté de la vie ou à un cas de conscience. Pour les gens d'ici, Keevin est de bon conseil.
Cet amoureux de l’Italie, qui a vécu plusieurs années dans la région de Bergame, a répondu à nos questions avec le souci manifeste de se montrer bon pédagogue. Avec lui, nous avons balayé tout un tas de thèmes et notamment celui de la place de la foi dans la vie de chacun et dans le débat politique.
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A entendre les uns et les autres, la politique n’aurait rien à partager avec la religion. C’est à voir et pour tout dire, c’est dur d’y croire. Car si la politique peut officiellement être priée de rester à la porte de la Liberty Church of Christ comme à la porte des autres églises, la religion se sent chez elle dans la maison politique. C’est même elle qui en dessine souvent l’aménagement intérieur et, estime Keevin Gray, qui fixe les principales lignes de fracture entre les démocrates et les plus conservateurs des républicains.
Aux Etats-Unis, politique et religion ne peuvent pas s’ignorer. Elles se croisent à chaque détour d’une pensée et presque à chaque coin de rue. Encore une fois, il suffit de prendre sa voiture et de rouler dans la campagne de l’Indiana pour le constater en apercevant régulièrement des panneaux anti-avortement plantés sur le bord de la route. Le sujet ici reste sensible, du plus petit village jusqu’aux plus hautes juridictions du pays. Il est de ceux qui divisent entre pro-choice (pro-avortement - abortion en anglais) et pro-life (anti-avortement). De ceux qui continuent de faire débat même si la Cour suprême a cru le clore en 1973 lorsqu’elle a déclaré que les lois anti-avortement étaient anticonstitutionnelles.
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La Bible, explique Keevin Gray, c’est le livre de Dieu. Elle dit la vérité et la vérité est absolue. Dans ses pages, souligne encore le pasteur de Hendricksville, on y trouve une condamnation sans équivoque de l’homosexualité.
La semaine dernière, le New York Times a rapporté l’histoire du diocèse épiscopal de Pittsburgh qui a décidé de faire sécession et de rejoindre la branche sudiste parce qu’il reprochait aux instances nationales leur trop grande tolérance à propos de l'homosexualité. «Nous venons de vivre un jour historique», s’est exclamé, dans les colonnes du grand quotidien américain, un représentant local de cette congrégation.
Plus sobrement, Keevin Gray dirait plutôt qu’ils ont fait ce qui s’imposait.
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Bruno
Everett est un fidèle de la Liberty Church of Christ à Hendricksville. Il a toujours voté républicain et il compte bien continuer.
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«Barack Obama, c'est un bel homme. Il a de la classe» : ce cri du cœur, on peut
l'entendre dans les allées autour des meetings du candidat démocrate. Et les marchands du temple à la sauce politique ont compris tout l'intérêt qu'ils peuvent tirer de son charisme. Obama le
nouveau Kennedy, héros d'un parti sexy: tous les arguments sont bons s'ils font vendre.
A peine sortis de leur deuxième face-à-face télévisé, les duellistes sont repartis sur les
routes et les barnums qui les accompagnent les ont suivis.
Barack Obama a pris le chemin de l'Indiana, un Etat qui hésite à basculer du camp des républicains dans celui des démocrates.
Mercredi sur le champ de foire d'Indianapolis, il a fait un show à la mode américaine qui ressemble à celle de nos campagnes électorales françaises mais qui en diffère aussi sur bien des points.
Barack Obama est porté par les sondages, et ça se voit.
Bruno
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A lire également les réactions des partisans euphoriques dans le billet précédent «Je milite et je me marre».