Dimanche 17 août 2008
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PORT-LOUIS. Le gouvernement mauricien relance l'idée d'une compensation financière versée aux descendants d'esclaves au titre de réparation
pour les crimes dont ont été victimes leurs ancêtres.
Mieux vaut tard que jamais, le gouvernement mauricien veut faire la lumière sur les périodes les plus sombres de cette île de l'océan Indien: la traite des esclaves puis l'exploitation des
engagées. Alors que l'île était une colonie française puis anglaise, du 17ème au 19ème siècle, ses maîtres économiques ont importé quelque 66 000 esclaves puis 450 000 coolies indiens.
L'intérêt des pouvoirs publics pour ce passé est relativement récent. Il s'est déjà traduit par l'inscription au patrimoine Unesco de l'humanité du bâtiment où ont transité tous les déportés,
l'Aapravasi Ghat. Une commission Justice et Vérité a été instaurée pour disséquer cette histoire de traite et surtout en comprendre toutes les conséquences de la période coloniale jusqu'à nos
jours, tant il est flagrant que les descendants d'esclaves sont encore les plus touchés par la pauvreté.
Cette commission devra aussi formuler des propositions en matière de compensation. Une démarche qui n'est pas dénuée d'arrières-pensées politiques puisque n'est pas écartée l'éventualité d'une
réparation financière et individuelle. Le Premier ministre Navin Ramgoolam a cependant déclaré: "les innocents ne peuvent pas payer pour les coupables. Et à l’heure actuelle, il n’y a pas de
coupables».
Il est déjà dans les habitudes du gouvernement mauricien de considérer toute mesure favorisant l'égalité des chances comme une "compensation" des crimes de la traite. Une façon comme une autre de
faire endosser les fautes des gouvernements contemporains aux esclavagistes d'hier qui n'ont de toute façon pas besoin de ça pour être considérés comme de parfaits criminels.
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