Jeudi 21 août 2008
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PEKIN. Mme Wu, 79 ans, et Mme Wang, 77 ans, ont été condamnées à un an de travaux de rééducation pour avoir osé demander la permission de
manifester.
Ceux qui ont cru les promesses des autorités chinoises de développer la liberté d'expression à l'occasion des Jeux Olympiques, sont désormais
fixés. Ils ont été trompés. Deux grands-mères chinoises, Mme Wu, 79 ans, et Mme Wang, 77 ans, viennent d'en faire l'amère expérience en se voyant condamnées à un an de "travaux de rééducation"
pour avoir osé demander la permission de protester.
Les autorités de Pékin avaient informé la population que trois zones spécifiques seraient mises à la disposition des contestataires de toute
sorte à condition que ceux-ci demandent un permis de protester à la police en précisant les raisons de leurs contestations. Mme Wu et Mme Wang ont donc déposé une demande. Comme un grand nombre
de compatriotes, elles souhaitaient dénoncer leur expropriation à cause de la construction des infrastructures olympiques, et le niveau ridicule de leur indemnisation.
Quand elles sont revenues s'enquérir de l'état d'avancement de leur demande la police leur a indiqué qu'elles avaient été condamnées à un an
de travaux de rééducation, qu'elles pouvaient rentrer chez elles mais qu'elles pouvaient aussi être arrêtées à tout moment.
Finalement, aucune manifestation n'a été autorisée pendant les jeux. L'ouverture annoncée n'était qu'un leurre. Wang Wei, le vice-président du
comité organisateur, s'est félicité cyniquement que, sur 77 demandes de permis de protestation, la plupart avaient trouvé une solution après dialogue: "c'est une part de la culture chinoise". Les
observateurs des droits de l'homme estiment quant à eux que l'organisation des jeux olympiques à Pékin, au lieu de favoriser la liberté d'expression, l'a au contraire affaiblie en donnant
l'occasion au pouvoir de démontrer sa force.
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