Samedi 20 décembre 2008
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TOTOCHE LE CINOCHE
Quand le cinéma devient
l'arme absolue contre le racisme

Les producteurs de « Zan-Pirr,
Jean-Pierre » poursuivent inlassablement leur entreprise de sape face au monument des préjugés racistes.
Dans un premier opus, « Agathe Cléry », ils avaient abordé cet épineux sujet du point de vue, a priori « ordinaire », du racisme anti-noir. Aujourd'hui, ils redoublent d'ambition avec une
introspection minutieuse, sociologique, voire philosophique, d'un racisme autrement plus complexe : celui du descendant de l'opprimé vis-à-vis des descendants de l'oppresseur : « Zoreil déor » en
quelque sorte.
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L'action dramatique, d'une intensité émotionnelle à peine soutenable, se déroule sur l'île de la Réunion, vendue aux tour opérateurs comme un « paradis du métissage ». Dans les deux rôles
principaux, la nouvelle égérie des critiques post-nihilistes, « le Jean Marais du troisième millénaire » comme l'ont décrit « Les Cahiers du Cinéma » aujourd'hui « émus aux larmes »,Thierry Alba,
emmène le spectateur dans les méandres du racisme. D'où vient-il ? Quand se développe-t-il ? Comment se transforme-t-il en d'insidieuses formes ?
Le propos serait trop long à développer ici, pourtant « Zan-Pirr, Jean-Pierre » constitue, et le fait est assez rare pour être souligné, une oeuvre finie. Il ne peut être suivi que d'un long
silence méditatif. Il dit soudain, au sens grec du terme, ce que tant d'éminents écrivains ont tenté d'exprimer sans y parvenir.
L'étonnante conclusion que clame Zan-Pirr, devenu Jean-Pierre, lors de l'ultime coup de théâtre de cette oeuvre majeure nivelle par le haut tous les précédents postulats. Même Barack Obama en est
ressorti blanchi.