Dimanche 21 décembre 2008 7 21 /12 /Déc /2008 03:47

Jeunesse d'hier et jeunesse d'aujourd'hui : chez l'une comme chez l'autre, la colère se nourrit de la peur du lendemain. Elle nourrit aussi de manière irrationnelle ces manifestations qui, à rythme régulier, surgissent sur le pavé et font reculer les gouvernants.

Il y a près de trente ans, Daniel Balavoine interpellait François Mitterrand, premier secrétaire du Parti socialiste. C'était un jour de mars 1980 et le chanteur disait au politicien combien les jeunes étaient désespérés et combien il fallait, enfin, les écouter. La violence, prévenait-il, ne demandait qu'à exploser. Elle était là, dans les quartiers, à mijoter sur le feu de la crise économique déjà bien installée.

Ces mots-là pourraient être ceux de ce mois de décembre 2008 car l'angoisse et son amie la révolte n'ont pas disparu. Au contraire. Entre la fin du XXe siècle et le début du XXIe, elles se sont incrustées profondément dans le tissu social.

En 1980, les jeunes revendiquaient le droit d'avoir un avenir aussi dégagé que celui de leurs parents au même âge. Trente ans plus tard, les angoissés sont des enfants d'angoissés. Comme il y a, à la Réunion plus qu'ailleurs, des familles où le chômage se donne en héritage de génération en génération, il y a maintenant partout en France une angoisse qui jamais ne s'apaise. Les grands-parents l'ont découverte sur le tard, les parents ont grandi à ses côtés et les enfants sont nés avec elle.

Bruno Geoffroy














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