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A LA PETITE SEMAINE
Le président a prévenu : « nous traversons une crise comme on n'en a pas connu pendant un siècle ». Oubliés les guerres mondiales, les restrictions qui les ont accompagnées, les bidonvilles et les ventres creux des années noires.
Avouons qu'elle est quand même bizarre cette crise. Certes, la Réunion accuse une véritable flambée du chômage : + 16,8% en 2008. Mais les derniers jours n'ont apporté que des bonnes nouvelles : 200 euros pour 135 000 familles, baisse du prix de l'essence, Gaël qui nous épargne et Nicolas Sarkozy qui nous remonte le moral comme jamais.
Le spectateur se sent dans la peau de l'accusé soumis à l'interrogatoire du flic gentil et du flic méchant. L'un lui intimant l'ordre de se serrer la ceinture et l'autre lui glissant un billet de 200 euros dans la poche. C'est perturbant, c'est intimidant. On ne sait pas encore si ce sera suffisant pour calmer le bouillonnement social.
En attendant, intéressons-nous à l'écume plutôt qu'à la vague. Bien que trahi par sa mise en pli tassée en une ondulation désuète, il s'est présenté à la France tel le surfeur d'argent.
N'aviez-vous pas fait le rapprochement du pupitre en forme de flèche blanche, le décorum « sang et or » des BD américaines et l'espèce de houle bleue du second plan ? Notre héros, dans une figure éblouissante, a réussi à générer 5,6% d'intérêt sur les 25 milliard prêtés aux banques.
Il avait peut-être mis trop de laque et la tempête n'était peut-être pas aussi intense qu'annoncée. Mais quel surfeur de la finance ! Quel talent !
Franck Cellier