A LA PETITE SEMAINE
Quand 51% des Français de métropole se déclarent favorables à l'indépendance de la Guadeloupe (sondage paru aujourd'hui dans le Figaro Magazine) on est obligé d'entendre que le message s'adresse aussi à une sorte d'amalgame domien entretenu par bien des raccourcis administratifs et médiatiques.
A part le groupuscule Nasion Rénioné, qui manifestera le 5 mars séparément du Collectif, personne n'a envie ici d'une Réunion indépendante. Personne ne souhaite que le mouvement de protestation prenne un tour identitaire comme aux Antilles. Finalement la comparaison entre eux et nous s'arrête à un seul point commun : la défense du pouvoir d'achat.
Tant le mode de revendication que les solutions, qui se profilent enfin, montrent que la Réunion, ce n'est pas les Antilles.
Ici, le secrétaire général du PCR remarque, comme il l'a fait jeudi à la fin de l'enquête publique, que le projet de la Maison des civilisations répond à l'aspiration culturelle, sous-entendu : « pas besoin de descendre dans la rue pour ça ». Ou plus directement : si les Antillais ne parlent plus créole et vivent mal leur occidentalisation, c'est leur problème...
D'autre part, à force d'expériences, la Réunion est devenue experte en rassemblement plutôt qu'en déchirement. Papa Vergès a façonné l'alliance, lui qui embrassa naguère Chirac, Debré puis Sarkozy. Son nouveau fils spirituel entend bien la cultiver, il a beau siéger au bureau politique de l'UMP, Didier Robert manifestera lui aussi le 5 mars, histoire de la jouer « Collectif ».
Franck CELLIER