A LA PETITE SEMAINE
« C'est pas bon », miaule le marmail en vidant son bol dans l'évier. Le petit dernier n'en finit
pas de râler chaque matin parce que, crash boursier oblige, on a remplacé ses Chocapic par le riz soufflé chocolaté d'une « sous-marque ». Bonne nouvelle aujourd'hui, le collectif des
importateurs, producteurs et distributeurs alimentaires annonce une baisse de 14% sur les Chocapic « à la suite des négociations avec
le Cospar ».
Coco, c'est de la pub ou de l'info? Rarement les deux se sont à ce point mélangés.
Même quand les casseurs ont squatté pendant quelques heures les environs du Jumbo Score du Chaudron, la
marque communiquait sur ses « prix KO ». Les négociations sur les prix tournent immanquablement à la campagne jumelée : les manifestants défilent
contre la vie chère, les commerçants en font un produit d'appel. Cela s'appelle de la communication de crise.
Les négociations sur les salaires n'échappent pas au phénomène. Sous prétexte que les 200 euros d'augmentation seraient le fruit d'un « accord des antipodes », le président de la Région
refuse, avec l'apparent consentement du Cospar dont le PCR est membre, de faire participer les collectivités locales au financement des
salaires du privé. Et il propose de réunir une nouvelle table ronde. En contestant le rôle de maître de cérémonie au préfet, Paul Vergès réussira-t-il à faire admettre que son refus ne s'adresse
pas à ceux qui revendiquent mais qu'il vise celui qui organise les négociations? C'est là encore une belle campagne jumelée : « Vous manifestez, je
récupère ».
Franck Cellier