A LA PETITE SEMAINE
En cette semaine de développement durable, l'intervention la plus remarquable, la plus
« raisonnable » et « raisonnée », est venue du patron des industriels réunionnais. Après la signature de l'accord sur les prix entre le Cospar et la grande distribution,
Maurice Cérisola a demandé si l'on voulait que la Réunion devienne « un immense parc national où l'on consomme » ou « un territoire qui donne du
travail à son immense jeunesse ».
C'est en effet le moment de se poser la question. Pourquoi est-on parvenu, il y a quelques mois, à faire chuter les cours du pétrole alors que tous les économistes annonçaient une hausse inéluctable du prix du baril ? Pourquoi est-il plus facile de vendre les Chocapic 20% moins cher plutôt que d'augmenter les salaires ?
Parce qu'il faut faire tourner la machine pardi. Il faut continuer à rouler, à remplir les caddies et les tiroirs-caisses.
La crise pétrolière peut être considérée comme une chance pour la planète quand elle impose la généralisation des énergies renouvelables. La crise sociale peut aussi servir à imaginer des solutions plus durables qu'une vaste opération de promotion sur les prix.
Sans aller jusqu'à adopter la quiche Maccioni cuisinée à partir des restes de la veille, que vantait votre quotidien en guise de poisson d'avril, il vaut mieux aider l'agriculture pays à créer de l'emploi en produisant des fruits qui puissent faire face à la concurrence du « Cornetto Royal au chocolat » importé (-20%). Et sortir les salariés de la précarité pour qu'ils puissent nourrir des projets de vie... durables.
Franck CELLIER