À LA PETITE SEMAINE
Bon anniversaire Barack. Je me permets de te tutoyer car tu t'es
voulu familier avec le monde entier en nous inondant de messages djeunes et révolutionnaires pendant ta campagne électorale de 2008. Il aurait fallu avoir une tendance maladive à l'aigreur pour
bouder les instants de bonheur que procuraient tes meetings-concerts oscillant du groove de Stevie Wonder à l'emphase de Martin Luther King Junior.
Les Berlinois t'avaient fait un triomphe lors de ta tournée européenne. Aujourd'hui ils pestent contre l'arrogance de General Motor qui, après avoir été sauvé de la faillite par l'Etat américain, va supprimer 10 000 emplois en Allemagne chez Opel. Partout où l'armée américaine et la CIA continuent à manoeuvrer, on boude le prix Nobel de la paix que tu as reçu en guise de cadeau d'anniversaire.
Comme il y a eu un « putain de camion » pour arrêter Coluche – un autre mec bien, adulé cette semaine par une majorité des visiteurs du site internet du Quotidien – il y a une « putain de réalité » qui met fin au rêve éveillé de la success story du premier président noir américain.
Mais dans notre petite cérémonie d'anniversaire, on a quand même envie de trinquer ce dimanche avec Coluche et Barack en se souvenant du jour où on a démoli le mur de Berlin. C'est beau, c'est généreux, c'est vivifiant. Et on souhaite y associer tous les candidats à la prochaine élection régionale pour qu'ils s'inspirent de ces instants de rêve, suspendus dans le vide. Pour qu'ils, ou elles, proposent plus que des rubans de bitumes, des charriots de victuailles et des règlements de comptes.
Franck CELLIER