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Les Etats-Unis seraient prêts à changer,
allons voir ça...

Moitié touriste, moitié autre chose. Je n'avais pas vingt ans et le type qui m'avait trouvé ce qualificatif était directeur d'un service départemental d'études à la Réunion Ma seule présence dans sa bibliothèque l'énervait au plus haut point car je n'étais mandaté pour aucune mission particulière et officielle. Bref, du hors norme. Le type continue, j'en suis sûr, à diriger de très sérieuses études qu'il peut m'arriver de lire. Le genre d'études qui vous dessinent des plans de développement fumeux dont se gargarisent les élus de ce petit département, avec l'absolue certitude d'avoir trouvé la solution.
Moi qui n'ai pas de plans fumeux à vendre, je continue, dès que je le peux, à être " moitié touriste, moitié autre chose ". A voir le monde et à en rapporter ce que j'en comprends. Journaliste, quoi.
Ma saison en Obamérique commence le 21 décembre 2007 et nous amène aujourd'hui, 2 juillet 2008, sur l'Interstate 70 à la sortie Ouest d'Indianapolis. Il s'est passé une belle moitié d'année entre mon atterrissage à Newark et ce "life trip" entre Indianapolis et San Francisco.
Aparté : c'est une maman américaine qui me disait qu'un périple comme celui-ci - avec une femme, quatre enfants et deux tentes igloos - devrait être un rite initiatique quasi obligatoire pour tout Américain.
Une belle moitié d'année pendant laquelle je me suis partagé entre une formation au sein d'un organisme spécialisé pour les étrangers ayant besoin de faire de l'anglais leur deuxième langue et l'animation d'un blog sur l'actualité américaine.
Voilà pour ma pomme. Je ne vous ennuierai pas davantage avec ça. Passons à l'essentiel qui est la découverte d'un pays mais surtout de son élan saisonnier. La juxtaposition d'un voyage à travers le far west et l'actualité d'une nation forcément à la croisée des chemins en cette si cruciale année électorale.
Si un seul nom devait marquer 2008, ce serait évidemment celui de Barack Obama.
Vous vous rendez compte, un Noir à la Maison Blanche. " Mais il va être assassiné ", s'exclamait une honnête secrétaire que je ne peux pas soupçonner d'être une cul-terreuse bornée. Ben tiens, elle a épousé un émigrant bulgare... Qu'il gagne ou pas en novembre - j'ai bien peur qu'il perde - Obama a déjà fait évoluer les mentalités comme personne n'y était parvenu depuis Martin Luther King.
Des gens, qui ne croyaient plus en aucun politicien, ont repris le chemin des urnes. L'espoir d'un changement que tant de
terriens attendent de l'Amérique trouve un écho puissant à l'intérieur même du pays. Trop polluants, trop implacables, trop gourmands, les Etats-Unis seraient prêts à changer. Allons voir
ça...
copyright (textes et photos) : Franck Cellier