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    <title><![CDATA[komansava.com (Komansava chez vous)]]></title>
    <link>http://www.komansava.com/categorie-10680720.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Komansava chez vous&quot; du blog &quot;komansava.com&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[komansava.com (Komansava chez vous)]]></title>
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    <pubDate>Sat, 28 Jan 2012 19:41:21 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Sat, 28 Jan 2012 19:41:21 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.komansava.com</copyright>            <category>Komansava chez vous</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[RECHERCHE : HUBERT GERBEAU LE PROF D’HISTOIRE DES PROFS D’HISTOIRE]]></title>
        <link>http://www.komansava.com/article-recherche-hubert-gerbeau-le-prof-d-histoire-des-profs-d-histoire-88430121.html</link>        <description><![CDATA[<h1 style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 18pt;"><span style="color: #000000;">&nbsp;</span><span style="color: #000000;">«Un silence absolu couvrait l’esclavage»</span></span>
  </h1>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h2>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Hubert Gerbeau enseignait l’histoire en 1968 dans ce qui allait devenir l’Université de La Réunion. Avec ses élèves, dont Prosper Eve et Sudel Fuma,
    il a levé le tabou qui pesait sur le thème de l’esclavage.</span>
  </h2>
  <p>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;"><img src="http://img.over-blog.com/600x399/2/17/00/31/actu/gerbo002.jpg" class="CtreTexte" alt="gerbo002" width="600" height="399"></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
    <span style="color: #000000; font-size: 10pt;">Hubert Gerbeau a consacré sa vie de chercheur à sa thèse sur «L’esclavage et son ombre. L’île Bourbon aux XIXe et XXe siècles».</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Hubert Gerbeau. Ce nom est souvent cité lorsqu’est évoquée l’histoire de l’esclavage à La Réunion. Et pour cause, la plupart des historiens de la
    place l’ont eu comme professeur dans ce qui n’était alors qu’un centre universitaire. Il y a exercé de 1968 à 1980. Pourtant, ce n’est qu’en 2005 qu’Hubert Gerbeau a publié sa thèse (1 500 pages
    en 5 tomes) intitulée «L’esclavage et son ombre. L’île Bourbon aux XIXe et XXe siècles», un travail qui a reçu le prix du Comité pour la mémoire de l’esclavage. A la fois, poète, écrivain,
    historien et directeur jusqu’en 2002 du Centre d’Études et de Recherches sur les Sociétés de l’Océan Indien (CERSOI), le scientifique a finalement consacré sa vie à son amour de l’Afrique et à la
    question de l’esclavage.</span><br>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">A 74 ans, il est aujourd’hui de retour à La Réunion pour y signer quelques dédicaces. L’occasion de rencontrer un pionnier qui a rencontré l’Afrique
    à 20 ans sur les rives du fleuve Niger.</span><br>
    <br>
    <strong><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">– A votre arrivée à La Réunion en 1968, où en étaient les connaissances sur l’esclavage?</span></strong><br>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">– On n’enseignait pas du tout l’histoire locale. On s’en tenait presque à la caricature de «nos ancêtres les Gaulois». Parmi mes élèves, j’avais
    Prosper Eve et Sudel Fuma qui revendiquaient leur ascendance servile. Mais c’était l’époque de Debré, de la France coloniale intransigeante et des petits drapeaux. S’intéresser à l’histoire de
    l’océan Indien pouvait être ressenti comme une provocation, comme une incitation aux idées autonomistes que Debré qualifiait d’indépendantistes.</span><br>
    <br>
    <strong><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">– Qu’est-ce qui vous a poussé à étudier l’histoire de l’esclavage?</span></strong><br>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">– Je me souviens qu’en 2002, lors d’un colloque à Rodrigues, un Noir m’avait dit, sans chercher la polémique, qu’il avait toujours trouvé bizarre
    qu’un Européen bosse sur l’esclavage. Tout aussi simplement, je réponds que c’est le résultat d’une double histoire d’amour. Lors de mon premier séjour, j’ai aimé à mourir une jeune Africaine,
    Fatoumata, que j’ai appelée Swèdjana dans mon premier roman. C’était un contact d’épiderme, nous n’avions que deux ou trois mots pour communiquer. Et je suis aussi tombé amoureux de l’Afrique,
    impressionné par la dignité qu’exprimaient les chefs des villages que j’ai traversés. Ces anciens combattants de l’armée française, ces «tirailleurs sénégalais» comme on les appelait, étaient
    tout simplement fabuleux.</span><br>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Quelques années après, quand j’étais professeur au lycée Schoelcher de Fort-de-France, j’ai été choqué par l’image hallucinante de ces Africains
    traités comme de la merde, il n’y a pas d’autres mots. Traités comme on a traité les déportés. Ce n’est qu’en les rendant veules, qu’en les couvrant des coups comme des animaux, que les maîtres
    pouvaient les réduire à l’état d’esclaves. On insultait l’Afrique dont j’étais amoureux, j’étais tellement heurté que j’ai décidé de travailler là-dessus.</span><br>
    <br>
    <strong><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">– Comment votre sujet de recherche a-t-il été accueilli à La Réunion?</span></strong><br>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">– En 1968, un silence absolu couvrait le thème de l’esclavage. Mes recherches ont été accueillies de trois manières. Il y avait les communistes qui
    étaient enthousiastes et voulaient exploiter cette histoire à des fins politiques, mais à trop me rapprocher d’eux, je risquais de me faire éjecter. Il y avait ceux qui voulaient me dissuader en
    m’assurant que j’allais agresser les descendants des maîtres et humilier les descendants d’esclaves.</span><br>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">C’était la réaction de survie de chrétiens ou de francs-maçons qui ne peuvent concevoir que leurs ascendants aient pu se comporter en fins salauds.
    Il ne fallait pas que je joue au con pour avoir accès à leurs archives. Et il y avait mes collègues, comme Claude Wanquet, qui m’encourageaient et me prévenaient que l’esclavage était
    partout.</span><br>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <h3>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Des archives promises à la destruction</span>
  </h3>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <strong><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">– Quel type d’esclavage était-il pratiqué à La Réunion?</span></strong><br>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">– L’esclavage doux est un mythe. Je me suis penché sur le tabou de la traite illégale. Jean Saint-Marc, qui était l’un de mes étudiants, avait mis
    la main sur une liasse attestant du commerce des esclaves après son interdiction. Dessus, il était écrit : «à brûler». Preuve qu’il y a eu des consignes pour cacher cette histoire. La traite
    illégale était encore plus inhumaine que le commerce autorisé car, lorsqu’un bateau risquait un contrôle, l’équipage balançait la cargaison humaine et enchaînée à la mer.</span><br>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">J’ai enquêté, presque comme un policier, en m’appuyant sur des travaux américains, pour évaluer à près de 50 000 le nombre d’esclaves, débarqués à
    La Réunion victimes de la traite clandestine entre 1817 et 1834. A la même époque, le gouverneur Milius déclarait que des esclaves mouraient sous le fouet. Et les engagés n’étaient pas mieux
    traités. Mais il y a eu peu d’accusations pour actes barbares et inhumains car la société réunionnaise vivait dans la hantise d’une révolte comme à Saint-Domingue, elle craignait qu’en s’opposant
    aux maîtres, des magistrats encouragent les rébellions.</span><br>
    <br>
    <strong><span style="color: #000000; font-size: 12pt;"><img src="http://img.over-blog.com/199x300/2/17/00/31/actu/gerbo001.jpg" class="DrteTexte" alt="gerbo001" width="199" height="300">– Quand
    vous parlez de l’ombre de l’esclavage au XXe siècle, à quoi faites-vous allusion?</span></strong><br>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">– Des gros propriétaires ont continué à maltraiter les familles des descendants d’esclaves en faisant par exemple couper les arbres qui auraient pu
    leur fournir des récoltes de fruits. Dans un autre sens, même si je n’étais plus à La Réunion, j’ai relevé dans les courriers de lecteurs de Témoignages les lettres qui comparaient Ti Pierre au
    marron Cimendef lorsqu’il est parti en cavale.</span><br>
    <br>
    <strong><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">– A partir de quand s’est levé le tabou sur l’histoire de l’esclavage?</span></strong><br>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">– L’arrivée de la gauche au gouvernement en 1981 a beaucoup contribué à l’ouverture des consciences sur la nécessité d’approfondir les recherches
    historiques ou sur la valorisation de la langue créole. Mon intention n’est pas de choquer mais après avoir été un tabou, l’esclavage est presque devenu une mode. C’est positif quand ça permet de
    libérer les consciences et de dépasser les blocages sur les problèmes de couleurs de peau. Aujourd’hui on peut être fier d’être descendant d’esclave. Mais c’est aussi devenu une arme politicienne
    qui fait que dès qu’un ouvrier est malmené, son patron est traité d’esclavagiste.</span><br>
    <br>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    <em><strong><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Entretien : Franck CELLIER</span></strong></em>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #000000; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 10 Nov 2011 13:11:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">fb4b634d367c03278d43034284697aef</guid>
                <category>Komansava chez vous</category>        <comments>http://www.komansava.com/article-recherche-hubert-gerbeau-le-prof-d-histoire-des-profs-d-histoire-88430121-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[HISTOIRE : OÙ ÉTAIENT ENTERRÉS LES ESCLAVESÀ SAINT-DENIS?]]></title>
        <link>http://www.komansava.com/article-histoire-ou-etaient-enterres-les-esclavesa-saint-denis-88429355.html</link>        <description><![CDATA[<h1 style="text-align: center;">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span><span style="font-size: 18pt;">Un cimetière sous la caserne</span></span><br>
    <br>
  </h1>
  <h2>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><img src="http://img.over-blog.com/600x450/2/17/00/31/actu/archeol.jpg" class="CtreTexte" alt="archeol" width="600" height="450"></span>
  </h2>
  <h2>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Après le chantier autour du cimetière marin de Saint-Paul, après la révélation aujourd’hui de l’existence d’un «cimetière de Noirs» sous la caserne
    de Saint-Denis, les recherches archéologiques à La Réunion entrent dans une nouvelle ère. Jusqu’alors, des découvertes «fortuites» faisaient suite à un accident de chantier ou un événement
    naturel. Ce sont désormais des recherches préventives, voire programmées, qui permettront de mieux connaître l’histoire de la colonisation.</span>
  </h2>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Question piège. Savez-vous où étaient enterrés les esclaves? Les interprétations des différents documents historiques traitant de cette question ont
    donné lieu à de nombreuses polémiques entre histoire occultée et histoire officielle. Encore aujourd’hui, les réponses manquent. Ainsi, lorsque l’historien Sudel Fuma juxtapose le plan actuel de
    l’entrée ouest de Saint-Denis à celui dénommé Chandelier, datant de 1806, beaucoup de Dionysiens découvrent avec surprise que les bâtiments les plus à l’ouest de la Caserne Lambert ont été
    construits il y a quelques décennies sur le premier cimetière de la capitale, qui présentait la particularité d’être divisé en deux parties. L’une réservée aux Blancs, l’autre aux
    Noirs.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">L’information n’est pas à proprement parler une révélation puisque les militaires ont laissé sur place une pierre tombale, d’ailleurs restaurée,
    attribuée à Joseph Boulay Duparc, 1760-1839. Néanmoins, lors du chantier, personne ne s’est interrogé sur l’histoire et l’ampleur de ce qui apparaît comme l’un des premiers cimetières de
    Saint-Denis, en plus d’un autre situé sur les berges de la rivière à Petite-Ile. Aucune fouille archéologique n’avait été ordonnée. Elle aurait pourtant été riche d’enseignements, notamment sur
    les conditions de vie des esclaves, leurs coutumes et leurs origines.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Comment étaient-ils inhumés? De quel mal mouraient-ils? Après la mort, étaient-ils regroupés par familles, par ethnies, etc.? Les questions ne
    manquent pas et les progrès de la science (comme les analyses d’ADN) permettent aujourd’hui aux archéologues de pousser de plus en plus leurs investigations.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h3>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Discrimination après la mort</span><br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp;</span>
  </h3>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><img src="http://img.over-blog.com/500x600/2/17/00/31/actu/cimetierestdeniplanchandelier.jpg" class="CtreTexte" alt="cimetierestdeniplanchandelier"
    width="500" height="600"></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000000;">Le plan Chandelier de 1806 est le seul document connu qui signale officiellement la séparation du cimetière de Saint-Denis en deux parties, l’une
    pour les Blancs en bord de mer, l’autre pour les Noirs au-dessus.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Toutes ces questions, qui furent déjà à l’origine de l’ouvrage de Prosper Eve, «Les cimetières de La Réunion, contribution pour servir à une
    histoire des mentalités à La Réunion», ont ressurgi en mars 2007 après le passage du cyclone Gamède dont la houle avait fait reculer la plage saint-pauloise d’une dizaine de mètres. Avaient alors
    été mis à jour des ossements humains à l’extérieur du célèbre cimetière marin. À l’occasion des fouilles réalisées d’urgence suite à cet épisode climatique, Sudel Fuma se rappelle avoir été
    accusé «d’obsession mémorielle» pour avoir avancé l’hypothèse d’un cimetière d’esclaves jouxtant le cimetière officiel. Depuis, des recherches historiques et un nouveau chantier archéologique en
    juin de cette année ont confirmé l’hypothèse d’inhumations d’esclaves en dehors du cimetière des Blancs.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Dans ce cadre, le directeur de la chaire Unesco de l’Université s’est penché sur les documents d’époque relatifs à l’aménagement des villes et à la
    réglementation des cimetières. Il a ainsi retrouvé une ordonnance du Commandant administrateur de la colonie du 22 septembre 1820 pour réorganiser la gestion des cimetières et qui lui permet
    d’affirmer l’existence d’espaces funéraires doubles dans les cimetières publics. Avant cette date, il était d’ailleurs fréquent d’ensevelir les esclaves dans les cimetières d’habitation sans
    aucun contrôle de l’administration coloniale. Une situation qui illustrait bien le peu de valeur que les maîtres attribuaient à leurs esclaves, considérés comme des meubles, et qui, en plus,
    n’était pas sans risque d’un point de vue sanitaire, d’où la volonté de l’administration d’y mettre de l’ordre.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Les cimetières de Saint-Denis, Saint-Pierre, Saint-Benoît, Sainte-Suzanne, Saint-Louis, Sainte-Marie, Sainte-Rose et Saint-André, sont tous
    cloisonnés à cette époque. Un mur, une haie, un muret séparent les espaces réservés aux Blancs chrétiens et ceux des esclaves chrétiens. Quant aux «païens», ces esclaves oubliés de la mission
    d’évangélisation, ils étaient enterrés à proximité mais hors de la terre «consacrée» du cimetière, notamment à Saint-Paul et à Saint-Leu (lire ci-contre).</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h3>
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 12pt;">«Le cimetière</span> <span style="font-size: 12pt;">de l’Ouest»</span></span><br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp;</span>
  </h3>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">«Le plan Chandelier de 1806 est le seul document d’archives que nous avons retrouvé qui exprime concrètement la dualité funéraire», relate Sudel
    Fuma. Sans grande surprise, le cimetière dionysien avait été érigé en conformité avec le règlement de l’Édit de 1765 qui commandait des emplacements les plus éloignés de la ville possible et
    «sous le vent». Les alizés dominants l’avaient donc repoussé en «cul de sac», à l’ouest, coincé par les falaises de la montagne et l’océan. Ayant la forme d’un triangle d’environ 3 000 mètres
    carrés, soit 800 emplacements, le cimetière des Noirs était situé dans la partie haute. Le cimetière des Blancs et des libres, de moitié plus petit, était de forme rectangulaire et se prolongeait
    jusqu’au talus du bord de mer.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <span style="color: #000000;"><img src="http://img.over-blog.com/600x406/2/17/00/31/actu/cimetierstdenis.jpg" class="CtreTexte" alt="cimetierstdenis" width="600" height="406"></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left; padding-left: 30px;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000000;">La juxtaposition du plan de 1806 à celui d’aujourd’hui par des géomètres, prouve que des milliers de sépultures, dont la plupart ont concerné des
    esclaves, se trouvent sous les bâtiments du RSMA de la caserne Lambert.</span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Quatorze ans plus tard, à l’occasion d’un nouvel état des lieux, on constate que la taille du cimetière des Blancs a quadruplé quand celle du
    cimetière des Noirs est restée identique. Pourtant, selon les chiffres de la mortalité de l’époque, au rythme de 500 décès d’esclaves chaque année, la partie qui leur était dévolue est vite
    devenue trop exiguë. «On est forcé d’entasser les morts, et souvent il arrive qu’on creuse des fosses où on retire des débris de corps humains qu’on est obligé d’inhumer derechef avec de nouveaux
    cadavres», lit-on dans le rapport sur le cimetière de 1820 qui a précédé l’ordonnance de la même année.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Toujours en 1820, le Conseil du gouvernement décide finalement de déplacer le cimetière à l’Est «entre la grande route, la mer et la batterie, près
    du camp des Noirs de la commune». L’éloignement du terrain et sa nature sablonneuse, facile à creuser, facilite le choix des décideurs coloniaux. À partir de 1825, le cimetière de l’Ouest est
    progressivement abandonné. On y avait recensé, dans le rapport de 1820, 7 846 inhumations dans le cimetière des Noirs et 2 943 dans celui des Blancs.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Il n’y a aucune raison pour que ces sépultures aient été déplacées ou détruites car la profondeur des tombes – 6 pieds sous terre (1,80m) – n’a
    probablement pas été atteinte par les travaux des fondations sommaires des bâtiments qui ont été érigés en ces lieux. À l’aide du travail de deux géomètres, Sudel Fuma a localisé précisément, à
    un mètre près, les deux enclos de l’ancien «cimetière de l’Ouest».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">«Il y a des milliers de corps et on est sûr de retrouver des ossements, insiste l’historien. Des fouilles peuvent très facilement être programmées
    sur les espaces végétalisés de la caserne.»</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">L’archéologie moderne a en effet de multiples raisons de s’intéresser à ce genre de cimetière d’esclaves. Ce terrain de recherche est relativement
    inexploré. Hormis à Saint-Paul cette année, d’autres fouilles de cimetières d’esclaves se sont déroulées à l’Anse Sainte-Marguerite en Guadeloupe dans les années 1990 mais c’est à peu près
    tout.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Et il y a encore tant à apprendre.</span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    <span style="color: #000000;"><em><strong><span style="font-size: 12pt;">Franck CELLIER</span></strong></em></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <h1 style="text-align: left;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000000;">Les Blancs d’un côté, les Noirs de l’autre</span>
  </h1>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Parallèlement aux fouilles archéologiques qui se sont tenues en juin dernier, les historiens ont fouillé les archives de La Réunion et
    d’Aix-en-Provence pour en savoir plus sur les squelettes, inhumés de façon organisée, mais en dehors des murs du cimetière marin de Saint-Paul.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Cet espace funéraire jusqu’alors inconnu, a pu accueillir plus de 5 000 tombes. Une quinzaine de tombes ont pu être étudiées. La plupart d’entre
    elles étaient orientées la tête à l’ouest, la face tournée vers le sud. Un article du courrier de Saint-Paul en 1844, s’indignait de la présence envahissante et anarchique de sépultures aux
    alentours du cimetière. Selon cet écrit marqué par l’ambiance raciste de l’époque, les places des inhumations de Noirs étaient «marquées seulement par quelques monticules de sable que dispersent
    bientôt les vents et où la pelle du fossoyeur est toute surprise quelques mois après, lorsqu’il ne reste plus de traces apparentes, de rencontrer une résistance qui porte au coeur »…</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Les fouilles de juin ont permis de constater que les inhumations de Noirs, hors les murs du cimetière, n’étaient pas aussi anarchiques que cela. La
    découverte de clous atteste que les cadavres étaient placés dans des cercueils. En revanche, l’absence du moindre accessoire vestimentaire, hormis un bouton de cuivre et une minuscule perle en
    os, laisse imaginer le total dénuement des gens enterrés en ce lieu.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">De même, les squelettes étudiés ont révélé qu’ils appartenaient à une population souffrant de carences (mâchoires édentées) et d’épuisement soumise
    à une mortalité importante. Certaines positions – comme un bras replié sur le torse ou des jambes «attachées par les orteils» – pourraient correspondre à des rites malgaches ou
    africains.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Enfin, les incisives taillées en pointes d’une jeune fille rappellent une coutume africaine de la tribu Makua du Mozambique. Des mutilations
    dentaires identiques ont d’ailleurs été observées lors des fouilles de Sainte-Marguerite en Guadeloupe.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Les recherches documentaires se sont quant à elles appuyées sur les différents rapports du début du XIXe siècle. Il était alors question de mettre
    de l’ordre dans les cimetières de l’île. «Il est contraire d’agir comme on le fait à Saint-Paul, d’enterrer les corps hors du cimetière et de façon irrégulière», note alors le rapporteur du Roi.
    Et il poursuit : «Quant aux esclaves, le quartier de Saint-Paul a opéré une division de ceux qui sont chrétiens et de ceux qui ne le sont pas. Les règlements ecclésiastiques ne permettent pas en
    effet d’inhumer en terre sainte les individus qui ne sont pas de notre religion.» Le même constat avait été fait pour Saint-Leu où les esclaves païens étaient enterrés au sud du cimetière et, le
    plus souvent, sur les habitations.</span><br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <h3 style="text-align: left;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">L’ordonnance discriminatoire de 1820</span>
  </h3>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">A Saint-Paul, c’est à partir de 1788 que furent enterrées les dépouilles d’esclaves entre le cimetière et la mer. Avec la nouvelle ordonnance de
    1820, l’administration coloniale ne permet plus la multiplication des espaces funéraires échappant à son contrôle. Mais elle officialise la discrimination qui durera jusqu’à l’abolition de
    l’esclavage en 1848. L’article 4 dit en effet : «Il y aura un cimetière pour la population blanche et libre et un pour les esclaves ; chacun séparé par un mur ou des haies aura une entrée
    proportionnée au nombre d’individus résidant dans la commune.»</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">«Les espaces officiels ont été conservés, mais les cimetières d’esclaves ont disparu de la mémoire des hommes, comme si la société coloniale voulait
    oublier ou effacer une page traumatisante de son passé. La découverte de l’espace consacré aux esclaves païens de Saint-Paul nous rappelle la mémoire de ceux qui ont construit la société
    réunionnaise d’aujourd’hui…», conclut Sudel Fuma.</span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><img src="http://img.over-blog.com/600x454/2/17/00/31/actu/cimetierstpaul.jpg" class="CtreTexte" alt="cimetierstpaul" width="600" height=
    "454"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h1 style="text-align: left;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><span style="font-size: 14pt;">Il y aura des fouilles</span><br></span>
  </h1>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">La Réunion intéresse les historiens depuis longtemps, pourtant l’histoire de cette île, même si elle n’a «que» quatre siècles, demeure encore
    largement inexplorée. En tout cas d’un point de vue archéologique.<br>
    <br>
    Les recherches ont parfois porté sur le monde animal comme les solitaires ou les tortues de Bourbon mais relativement peu sur les hommes. Peut-être parce que, de tradition, l’archéologie s’est
    jusqu’alors plus souvent mobilisée sur les civilisations anciennes, les Grecs, les Romains, les Incas, etc. Peut-être aussi parce que la période de l’esclavage demeure encore un sujet sensible
    dans lequel des considérations idéologiques polluent parfois le travail des scientifiques.<br>
    <br>
    Sorti des rayonnages des archives, souvent incomplets, que sait-on vraiment de l’histoire des esclaves? Des noms laissés à des pitons, des légendes véhiculées par la tradition orale… Il a fallu
    qu’un cyclone déterre des vestiges, à Saint-Paul en 2007, mais aussi en Guadeloupe en 1995, pour que soient organisées des fouilles dont la taille et la durée étaient très limitées. Autre exemple
    de fouille «accidentelle» : un pêcheur avait découvert un crâne, qu’il avait d’abord confondu avec un ballon de basket, sur le littoral de Champ-Borne en 2008. Là aussi, de courts sondages
    avaient permis d’exhumer une tombe «de type malgache» datant du XVIIIe siècle.<br>
    <br>
    En cette année 2011, deux événements marquent le renouveau de l’archéologie à La Réunion : un pôle d’archéologie s’est organisé au sein de la Direction des affaires culturelles (Dac OI), et l’on
    a rouvert le site du cimetière marin de Saint-Paul pour y mener une recherche approfondie sur l’origine des squelettes ensevelis découverts quatre ans plus tôt. Le rapport de synthèse de ses
    recherches est en cours d’élaboration. Mais on sait d’ores et déjà que les informations qu’ils ont recueillies ont rendu les chercheurs encore plus curieux et qu’ils vont solliciter l’ouverture
    d’autres chantiers. «Nous attendons la conclusion de tous les rapports de 2011 et une commission se réunira au début de l’année prochaine pour lancer de nouvelles recherches», confirme Édouard
    Jacquot, conservateur régional du pôle archéologie de la Dac-OI.<br></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <h3 style="text-align: left;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">«Un effet de rattrapage»</span>
  </h3>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Informé de la présence d’un cimetière de Noirs sous la caserne, il annonce la suite : «Nous sommes totalement dans le cadre de l’archéologie
    préventive telle qu’elle a été définie. Il se trouve que ce site sera concerné par le chantier de la future route du littoral. Le maître d’ouvrage ainsi que le préfet prendront deux arrêtés
    ordonnant la réalisation de fouilles par un organisme agréé par le ministère de la Culture. Des sondages préliminaires établiront un diagnostic et s’il est concluant, l’Institut national de
    recherches archéologiques préventives (Inrap) organisera un chantier.»<br>
    <br>
    Inscrite dans la loi, l’archéologie préventive intervient au début de tout chantier d’importance, c’est-à-dire, lorsque son emprise est de plus d’une cinquantaine de mètres, et parfois moins
    lorsque le site est réputé pour sa richesse historique, comme à Saint-Paul ou Saint-Denis. Ces mesures permettent à la fois de protéger le patrimoine et de prévenir une interruption de chantier
    comme cela arrive quand des vestiges sont découverts pendant les travaux.<br>
    <br>
    «Aujourd’hui, l’archéologie se rapproche de la période contemporaine au niveau mondial et La Réunion, soumise à un certain effet de rattrapage, est en passe de devenir une région archéologique à
    part entière. Il y a eu des découvertes fortuites, mais nous passons désormais à une archéologie programmée. Chacun peut constater que la reconnaissance du patrimoine a un impact sur le tourisme.
    Et j’espère bien que 2012 profitera de l’élan donné par 2011, que la multiplication des opérations archéologiques fera émerger d’autres projets», conclut Édouard Jacquot.</span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;"></p>
  <hr>
  <span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><br></span>]]></description>
        <pubDate>Thu, 10 Nov 2011 12:56:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">79c23d86208685bad831c654a48b9971</guid>
                <category>Komansava chez vous</category>        <comments>http://www.komansava.com/article-histoire-ou-etaient-enterres-les-esclavesa-saint-denis-88429355-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[VIEILLESSE : LES MAISONS DE RETRAITE MARRON]]></title>
        <link>http://www.komansava.com/article-vieillesse-les-maisons-de-retraite-marron-85485425.html</link>        <description><![CDATA[<h1>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span><span style="font-size: 18pt; color: #000000;">La face cachée de la fin de vie</span>
  </h1>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h3>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Impossible de vérifier les chiffres : une centaine de maisons de retraite marron hébergeraient près de 3 000 vieillards dépendants. Souvent
    abandonnés de tous, les gramounes les plus vulnérables finissent leur vie entassés par deux, voire par quatre, dans ces «pensions» en marge du dispositif officiel du conseil général. Il n’est pas
    possible de fermer les yeux plus longtemps.</span><br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">«Il paraît difficile d’ignorer plus longtemps le phénomène de l’accueil marron.» C’est écrit en gras et souligné dans le dernier rapport du Conseil
    économique, social et environnemental de La Réunion (Ceser) sur les personnes âgées.</span><br>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </h3>
  <p>
    <img src="http://img.over-blog.com/399x600/2/17/00/31/Maisons-de-retraite-marron/pensionmarronfloute007--1024x768-.jpg" alt="pensionmarronfloute007 [1024x768]" class="CtreTexte" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 10px auto;" width="399" height="600"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 120px;">
    <span style="font-size: 10pt;">L’un des médecins réguliers de la pension assure n’avoir jamais remarqué de signes de négligences.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Jusqu’à présent, les discours officiels n’ont présenté l’accueil des Réunionnais «en fin de vie» que sous les formes «encadrées» du maintien à domicile, de
    l’accueil familial bien balisé par le conseil général et des quatorze établissements d’hébergement de personnes âgées dépendantes (Ehpad). Une présentation politiquement correcte qui va de la
    sympathique et légendaire solidarité familiale à la rassurante médicalisation selon les standards des pays développés.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Hélas, il y a un entre-deux informel, susceptible de verser dans le scabreux : des maisons de retraite «clandestines mais connues de tous qui rendent un service et
    dont la suppression aggraverait le déficit des structures», pour reprendre la terminologie du Ceser. Leurs adresses ne sont répertoriées nulle part. Elles sont pourtant faciles à obtenir pour qui
    fait face à la douloureuse situation de devoir trouver un hébergement à son vieux parent devenu trop invalide pour pouvoir garder sa place à la maison.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;"><img src="http://img.over-blog.com/500x332/2/17/00/31/Maisons-de-retraite-marron/pensionmarron002--1024x768-.jpg" alt="pensionmarron002 [1024x768]" class=
    "DrteTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="500" height="332">En effet, il y aura toujours un infirmier, un kiné, une assistante sociale, un ambulancier, un médecin, ou
    tout simplement une connaissance pour glisser le renseignement sous le manteau : «Là-bas, tu trouveras une place pour lui, il y sera bien traité et ça ne te coûtera rien». Allons donc voir. Les
    faits relatés ici ont été constatés en septembre dans l’Est. Un panneau sur le bord de la route principale indique la direction d’une pension sans préciser bien sûr qu’il s’agit d’un accueil
    réservé aux personnes âgées. Après quelques hectomètres sur un chemin de terre, on butte sur un imposant bâtiment de deux étages entouré d’un mur de béton. Il est écrit à l’entrée que les visites
    sont limitées entre 14 heures et 16 heures.</span><br>
    <br>
    <strong><span style="font-size: 12pt;">«Une vingtaine</span> <span style="font-size: 12pt;">de chambres</span> <span style="font-size: 12pt;">à deux places»</span></strong><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Derrière le portail métallique non verrouillé, un homme, sans doute un pensionnaire, nous fait signe d’entrer. La cour est bétonnée. A l’arrière de la maison, deux
    chiens rottweilers aboient dans leurs cages. Mais le silence de la surprenante assemblée réunie sous la grande varangue assomme le boucan des chiens. Imaginez le choc que constituerait pour un
    touriste égaré à la recherche d’une auberge la présence d’une quinzaine de petits vieux immobilisés dans leurs fauteuils le long des murs.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Tous les yeux se tournent vers ce visiteur imprévu. Ceux qui le peuvent le saluent et lui sourient. D’autres semblent trop handicapés pour esquisser un geste de la
    main. Où est le responsable de la maison? «A l’arrière», signale un des pensionnaires. Dans la pièce suivante, quatre femmes, également en fauteuil, regardent le programme télévisé de Réunion
    Première sur un bel écran plat fixé au mur. Sur la droite, une chambre est entrouverte. On y distingue deux lits. Sur l’un d’eux, une petite vieille est recroquevillée. Sans relever la tête, elle
    jette un coup d’oeil à l’intrus.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Au fond à gauche, quelques marches descendent dans une pièce en désordre. Attablée, une jeune femme trie du courrier. Plus loin, une autre dame d’une soixantaine
    d’années porte un tablier de travail. Elle semble affairée à une quelconque tâche ménagère. Mais qu’on ne s’y trompe pas. C’est elle la patronne. Elle reste aimable malgré le caractère impromptu
    de la visite qui lui tombe dessus.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Et elle ne cache rien, fait même visiter sa pension de fond en comble. Selon une architecture improvisée, de longs couloirs desservent une vingtaine de chambres à
    deux places. Tout est accessible en fauteuil roulant. Des rampes facilitent l’accès aux divers cabinets de toilette. Dans certains lits plus ou moins médicalisés, d’autres pensionnaires dorment…
    ou restent inertes à fixer les murs ou le plafond. Un matériel d’assistance respiratoire est posé au pied de l’un d’eux.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Ce n’est pas neuf, ce n’est pas sale. Juste un peu défraîchi. L’épuisement qui se lit sur les visages des locataires, posés par grappes aux détours des corridors,
    accentue l’impression de misère qui se dégage des lieux. Mais le qualificatif qui s’attache le plus justement à cette «pension de retraite» est sa modestie. Bon dieu que c’est triste! Mais
    peut-être pas plus que dans une maison de retraite de standing.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">A l’arrière du bâtiment principal, du côté des rottweilers, la patronne aménage «petit peu par petit peu», une cuisine avec un grand plan de travail en alu.
    L’équipement contraste avec le vieux fourneau au feu de bois. Sous une bâche bleue, un sèche-linge industriel attend que cette partie de la cour soit abritée de tôles pour pouvoir être mis en
    marche.</span><br>
    <br>
    <strong><span style="font-size: 12pt;">«Nous ne sommes</span> <span style="font-size: 12pt;">pas riches»</span></strong><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;"><img src="http://img.over-blog.com/500x332/2/17/00/31/Maisons-de-retraite-marron/pensionmarron003--1024x768-.jpg" class="CtreTexte" alt=
    "pensionmarron003 [1024x768]" width="500" height="332"></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Les chambres de deux lits offrent un confort rudimentaire mais suffisant.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">«Je n‘ai pas de grands moyens. Nous ne sommes pas riches. Je suis avec mon fils et trois employés, justifie la gérante. Je travaille depuis l’âge de 12 ans. J’étais
    aide-soignante à la clinique. Après mon service je ramassais des herbes sur les rampes de la Montagne pour nourrir mes volailles et cabris. Je suis une travailleuse, moi. Hier, j’ai veillé une
    pensionnaire toute la nuit».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Mais n’allez pas lui dire qu’elle travaille dans la clandestinité car elle vous présentera les documents qui attestent de son activité auprès de la chambre de
    commerce. «Je suis en règle et je paie mes impôts. Seulement je ne demande rien à personne, ni à la mairie, ni au conseil général. Mais tout le monde me connaît comme «barbare la passion», ça
    fait 41 ans que j’ai ouvert cette pension. Les CCAS (centres communaux d’action sociale) de toute l’île m’envoient des petits vieux. Pendant quinze ans, j’ai travaillé avec le gouvernement des
    Seychelles».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Actuellement, sa pension héberge 36 personnes âgées dépendantes. Elle affiche un tarif unique : 500 euros par mois. «Et encore, il y en a qui ne paie pas ou ne paie
    que 250 ou 300 euros. Pourtant, ce ne sont pas des pauvres. Il y a des fonctionnaires. Mais vous savez, une fois que les familles les ont déposés ici, souvent on ne les revoit plus».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;"><img src="http://img.over-blog.com/500x332/2/17/00/31/Maisons-de-retraite-marron/pensionmarron009--1024x768-.jpg" alt="pensionmarron009 [1024x768]" class=
    "GcheTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="500" height="332">Tant que sa «pension marron» suppléera les lacunes de la prise en charge des personnes âgées en fin de vie,
    il n’y a guère de raison pour que ce petit commerce s’arrête. La patronne dit ne s’offrir comme loisir que des pèlerinages en France. Et encore, elle affirme qu’elle ne parvient à se payer ces
    petits extras que grâce à l’aide financière des infirmiers, médecins et kinés qui viennent donner des soins chez elles. Ces mêmes personnels soignants ont d’ailleurs payé les trois télés de la
    pension.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Les professionnels de santé et les assistants sociaux fréquentent en effet quotidiennement les lieux. D’autres prestataires emmènent les pensionnaires bénéficiant
    du «Pass loisirs» du conseil général au cinéma ou au spectacle. La pension fait «travailler» pas mal de monde. En échange, certains livrent parfois des petits cadeaux. À en croire la patronne, il
    y a de l’amour, sinon de la sympathie, dans ce business. Pour Noël, un orchestre viendra animer la fête.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">«J’ai même trois centenaires sous mon toit. C’est bien la preuve qu’ils sont bien ici», glisse-t-elle. N’empêche, quand on lui demande si elle imagine finir sa vie
    comme ceux qu’elle abrite, elle lance qu’elle ira plutôt au pont de la rivière de l’Est. Une «chute» qu’il vaut mieux considérer comme un trait d’humour noir, sinon marron.</span>
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    <br>
    <em><strong><span style="font-size: 12pt;">Franck CELLIER</span></strong></em><br>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <h2>
    <span style="color: #000000; font-size: 14pt;">&nbsp; La fin du tabou, le début de l’innovation</span>
  </h2>
  <p>
    <img src="http://img.over-blog.com/600x408/2/17/00/31/Maisons-de-retraite-marron/pensionmarron010--1024x768-.jpg" class="CtreTexte" alt="pensionmarron010 [1024x768]" width="600" height="408">
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Sous la varangue, où le curé vient parfois dire la messe, chacun a sa place et ses habitudes.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-size: 12pt;">«Ces pensions ou maisons dépannent les familles et semblent concerner tout le territoire. Elles ne font l’objet d’aucun suivi ni contrôle. Elles seraient de l’ordre
    d’une centaine», écrit le Conseil économique et social à propos de «l’accueil marron». «La demande semble importante malgré les risques, poursuit le rapport. Elle résulte d’un choix délibéré mais
    peut s’expliquer en raison :</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">– d’une couverture insuffisante du territoire et d’une mauvaise répartition des établissements concentrés en agglomérations,</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">– du coût très élevé des établissements agréés,</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">– du manque de valorisation des aidants (pas de statut, pas suffisamment de répit, une rémunération insuffisante)».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Alors que la démographie réunionnaise sera marquée par une forte augmentation de la population âgée, tant en valeur absolue qu’en proportion, il semble urgent
    d’innover. «L’accueil marron ne doit plus être un sujet tabou. Il faut faire un état des lieux objectif de la situation», martèle Max Banon, président de la commission «Affaires sociales,
    culturelles, sportives, solidarité et égalité des chances» du CESER. Il propose : «Plus de souplesse dans les conditions d’agrément pour un certain nombre de structures, accompagnée d’un suivi et
    d’un contrôle plus strict des autorités, serait de nature à transformer les maisons pour personnes âgées informelles en maisons d’accueil familial».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Pierre Catteau, gérontologue, souligne pour sa part les limites du maintien à domicile, fortement répandu à La Réunion (97 %). Les familles risquent en effet
    l’épuisement face aux charges qu’exige une personne âgée de plus en plus dépendante. Il prône «l’élargissement de la palette des structures d’accueil» : notamment grâce à des résidences à
    proximité de services médicaux comme les Marpa (Maison d’accueil rural pour personnes âgées). «Il faut être un peu pionnier en la matière, explique-t-il. Souvent, dans un couple âgé, la personne
    valide s’occupe de son conjoint dépendant. Mais elle a besoin d’aide. Si elle peut trouver cette aide dans sa résidence, le couple pourra rester uni et sera mille fois plus heureux que dans un
    Ehpad où la proximité avec des pensionnaires tous malades et dépendants est particulièrement démoralisante».</span>
  </p>
  <hr>
  <h2>
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #000000;">L’avis du médecin</span><br></span>
  </h2>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><strong>«Ils sont bien traités».</strong> L’un des médecins qui intervient dans la pension citée dans l’article principal témoigne sous couvert d’anonymat : «Je
    crois qu’il y a eu un problème en 2003 suite à une dénonciation calomnieuse mais depuis que j’y interviens, je n’ai rien vu qui puisse s’apparenter à de la maltraitance ou de la négligence. Ils
    sont correctement nourris. C’est une pension qui n’est pas riche, mais elle est de bon niveau. C’est fait avec le coeur.<br>
    <br>
    «De toute façon, je suis vigilant, j’y vais trois fois par semaine. Il n’y a pas de chutes, pas de bleus, pas de traumatismes, pas de personne qui serait le souffre-douleur des autres».<br>
    <br>
    <strong>Les compliments du curé</strong>. Même s’il défend des propositions innovantes, Pierre Catteau rapporte une anecdote en faveur de l’accueil marron : «Leurs prestations peuvent être
    correctes sur le plan humain et affectif. Il y a quinze ans, l’une des pensions de famille de l’Est s’était payé un minibus pour promener ses pensionnaires dans l’île. Et le curé du coin avait
    publiquement félicité en chaire les tenanciers pour leur sens de l’accueil et leurs bonnes oeuvres».</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <h2 style="padding-left: 120px;">
    <span class="arial20"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;">La pension Dana revendique son activité</span><br>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </h2>
  <p style="padding-left: 120px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span class="arial20"><span style="font-size: 12pt;">Jeannine Vally a ouvert sa pension pour personnes âgées il y a 13 ans à la Ravine-Creuse et l’a baptisée Dana. Elle revendique son activité et
    ne nourrit aucun complexe vis-à-vis du conseil général. Au contraire, elle reproche au Département de lui avoir refusé son agrément après lui avoir demandé de faire des travaux dans sa pension.
    «J’ai reçu la visite de la commission d’hygiène et de sécurité. Tout est en règle chez moi. La signature du préfet a plus de valeur que celle du conseil général, non?», lance-t-elle.</span><br>
    <br>
    <br>
    <strong><span style="font-size: 12pt;">«Ici, c’est un hôtel quatre étoiles...»</span></strong><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Cour carrelée, peinture fraîche sur les murs. Quatre machines à laver neuves tournent au fond de la salle commune. Trois gramounes regardent la télé. Les pièces que
    la patronne nous fait visiter sont lumineuses et bien rangées : «Ici ce n’est pas une pension, un visiteur m'a même dit que c’est un hôtel quatre étoiles... Le tarif unique est à 600€, soit 20€
    par jour. A ce prix-là, on est bien obligé d’en mettre deux par chambre». Au total, 25 personnes âgées et originaires des quatre coins de l’île habitent ici.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Dans la cour, Toby, un berger allemand, est attaché et accueillant. Les pensionnaires ne le craignent pas. Une dizaine d’entre eux profitent du soleil. Ceux qui
    sont immobilisés dans leur fauteuil roulant ont été installé à l’ombre des arbustes.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">«J’ai payé 8 000 euros pour installer les alarmes et les détecteurs de fumée, et je ne reçois rien du conseil général. Au contraire, ils essaient de m’enlever des
    clients, proteste Jeannine Vally. Je veux bien admettre qu’ils ne me donnent pas l’APA de mes pensionnaires. Mais c’est injustice parce que ceux qui restent chez eux y ont droit.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">«Ils n’ont qu’à nous donner l’équivalent sous formes de bons s’ils ont peur qu’on s’enrichisse avec. Je peux vous montrer mes factures, je leur achète de la bonne
    viande, ils mangent bien. J’ai même acheté trois chapiteaux pour leur faire une belle fête à Noël».</span><br></span><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <hr>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">QUE DOIVENT ET PEUVENT FAIRE LES AUTORITÉS SANITAIRES ET SOCIALES?</span></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <h1 style="padding-left: 30px;">
    <span style="color: #000000; font-size: 18pt;">Tout le monde sait mais personne n’agit</span>
  </h1>
  <h3 style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;Les organismes sociaux, les professionnels de santé et les élus assistent depuis des décennies aux activités des maisons de retraite marron tout en renonçant d’exercer leur contrôle. «Les
    spectateurs» doivent devenir «sentinelles et acteurs» de la protection des personnes âgées, demande la Direction de l’action de solidarité et d’intégration du conseil général. Pour l’heure
    l’alerte sur des cas de négligences «qui peuvent entraîner des complications fatales» n’a pas encore été entendue.
  </h3>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <img src="http://img.over-blog.com/600x399/2/17/00/31/Maisons-de-retraite-marron/pensionmarron005--1024x768-.jpg" alt="pensionmarron005 [1024x768]" class="CtreTexte" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 10px auto;" width="600" height="399">
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
    «Ces accueils marron n’ont pas obtenu d’agrément du conseil général. Ils récoltent l’argent du minimum vieillesse pour se faire payer l’hébergement, souvent avec la complicité des familles»,
    confie une ancienne infirmière territoriale.
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px; text-align: left;">
    <span style="font-size: 12pt;">Le braquage des projecteurs sur les maisons de retraite marron n’a pas tant vocation à soulever l’indignation qu’à poser la seule question qui vaille. Que faire?
    Faut-il sanctionner, voire fermer ces établissements? Ou faut-il, comme le suggère le conseil économique et social, assouplir la réglementation pour leur permettre d’être conventionnés,
    c’est-à-dire subventionnés par le conseil général qui a pour mission «l’action en faveur des personnes âgée»?</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">La vérité se situera sans doute entre ces deux propositions extrêmes. Elle devra en tout cas être inscrite en toutes lettres dans le futur Schéma départemental
    d’organisation sociale et médico-sociale en cours d’élaboration pour sortir d’un non-dit institutionnalisé dans lequel nous serions tous coupables : conseillers généraux, maires responsables de
    la sécurité, travailleurs sociaux, professionnels de santé, obligés alimentaires, marchands de sommeil, etc. «Tous coupables» : la terminologie est pratique car elle dilue la responsabilité de
    chacun au point de permettre à tout le monde d’invoquer la fatalité. C’est vrai ça, en l’absence de suffisamment de places dans les structures autorisées, où mettrait-on les vieilles personnes
    dépendantes s’il n’y avait pas ces pensions marron?</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">La maison que nous avons visitée dans l’Est affiche même 41 ans d’existence. C’est dire si elle répond à un besoin. «Ces accueils marron n’ont pas obtenu d’agrément
    du conseil général. Ils récoltent l’argent du minimum vieillesse pour se faire payer l’hébergement, souvent avec la complicité des familles, confie une ancienne infirmière territoriale. Il faut
    savoir que ces lieux d’accueil ne peuvent prétendre à aucune prestation, Allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou aide ménagère. Mais elles essayent par des moyens détournés de les obtenir,
    c’est aussi dans ces endroits non agréés et non contrôlés qu’il y a des situations de maltraitances».</span><br>
    <br>
    <strong><span style="font-size: 12pt;">Mauvais repas</span> <span style="font-size: 12pt;">et inconfort</span></strong><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Les cas dénoncés sont pourtant rares. Ne sont-ils que la partie émergée de l’iceberg? L’absence de contrôle permet de le penser. D’ailleurs, lorsqu’une maison de
    retraite marron est découverte et fermée avec pertes et fracas, c’est parce que les employés se sont plaints de ne pas être payés ou parce que la gérante n’avait pas versé le loyer au
    propriétaire. Pratiquement jamais parce qu’un pensionnaire aurait dénoncé de mauvais traitements ou parce qu’un visiteur, professionnel ou familial, aurait fait un signalement. Pierre Catteau,
    conseiller technique du conseil général pour la gérontologie, reconnaît lui-même que «l’accueil marron n’est pas forcément une catastrophe humaine et médicale».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Cependant, par définition, les gramounes en fin de vie sont trop fragiles pour réagir. Lors de l’une de nos visites de pension, une vieille dame nous a chuchoté,
    pour que le gérant ne l’entende pas : «J’ai accepté de payer 600€ pour une chambre, ce n’est pas cher et je comprends qu’il faille la partager à deux. Mais d’autres personnes sont arrivées et
    nous nous sommes retrouvées à quatre dans la même chambre, ce n’est pas bien»... Il apparaît d’ailleurs que les anciens les plus exigeants changent parfois de pensions, espérant trouver de
    meilleures conditions ailleurs. Les gérants n’hésitent pas à faire des révélations sur les mauvais repas ou l’inconfort qui prévaudraient chez leurs concurrents. Le secteur est en effet fortement
    concurrentiel... et évolutif. Certains «marchands de fin de vie» ont l’habitude de fermer des structures pour en ouvrir d’autres à la recherche d’une plus forte rentabilité ou pour échapper à une
    sanction administrative.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Précisons que l’activité de la plupart des pensions dites marrons n’est pas illégale même si elles ne sont pas agréées comme doivent l’être les établissements
    médicalisés. Elles reçoivent en effet tous les cinq ans la visite d’une commission d’hygiène et de sécurité qui les autorise à héberger des personnes âgées ou/et handicapées. Les pompiers, les
    mairies, les forces de police ou de gendarmerie, et les sous-préfectures ont donc connaissance de leur existence. Leur comptabilité est contrôlée et leurs revenus déclarés. Et il est clair que ni
    le conseil général, ni l’Agence régionale de santé ne peuvent s’opposer à la volonté d’une personne, fût-elle âgée et dépendante, à habiter où elle le souhaite.</span><br>
    <br>
    <strong><span style="font-size: 12pt;">Une vaste</span> <span style="font-size: 12pt;">hypocrisie</span></strong><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">«Ne tournons pas autour du pot, nous connaissons les maisons de retraite marron qui déclarent leur activité à la chambre de commerce», explique Marcelle Marianne,
    directrice de la Direction de l’action de solidarité et d’intégration (Dasi) du conseil général. Christian Neurin, directeur général adjoint de l’ARS, précise pour sa part qu’à partir du moment
    où ces «pensions marron» ne sont pas agréées en tant qu’établissement médicalisé, la compétence de l’ARS n’est pas engagée : «Si personne ne nous signale un manque de soin ou de la maltraitance,
    nous n’avons pas à intervenir». Il n’est cependant pas question pour lui de continuer à ignorer ce phénomène : «Dans le but de diversifier les modes d’accueil des personnes âgées il est important
    de mieux connaître ces structures qui peuvent offrir un service plus près des domiciles des proches».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Hélas, à en croire les patrons des maisons de retraite marron, la plupart de leurs pensionnaires n’ont plus de contacts avec leurs familles. Leurs seules visites
    sont celles de l’infirmier, du kiné ou du médecin. «Il vaut mieux avoir un toit pas terrible que pas de toit du tout, remarque Marcelle Marianne. Mais il est évident qu’il va falloir résorber
    l’accueil marron et le régulariser. Encore faut-il que tout le monde se mobilise vers cet objectif. Que tout le monde réagisse à chaque fois qu’un cas de négligence se présente. Les
    professionnels doivent s’impliquer, être des sentinelles et non plus des spectateurs de cette situation. Nous ne recevons pas beaucoup de signalement mais nous avons des informations sur de la
    négligence. A première vue, ça ne semble pas bien sérieux lorsque, par exemple, les médicaments ne sont pas pris régulièrement ou lorsque l’alimentation est inadaptée, mais ça peut devenir très
    grave et entraîner des complications fatales».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">En attendant la «grande réforme de l’accueil marron», les acteurs institutionnels s’appuient assez hypocritement sur son existence. Ceux que nous avons interpellés
    sur ce phénomène assurent que c’est le bouche à oreille qui permet de remplir ces établissements.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">De l’autre côté des murs borgnes, on se rend compte que les vieillards ont été envoyés ici par des CCAS, des assistants sociaux des cliniques et hôpitaux de l’île
    quand ce n’est pas par des pompiers ou ambulanciers qui devaient «se débarrasser» d’un vieux implaçable ailleurs. «Ils m’envoient les pires, les violents, ceux que personne ne veut, raconte une
    gérante de pension. Une fois, j’en ai laissé un au portail et j’ai appelé les pompiers pour qu’ils viennent le récupérer»... A quelques kilomètres, une autre pension assure être la seule de l’île
    à avoir toujours une chambre vide pour accueillir les urgences : «C’est pour ça que les CCAS font toujours appel à moi. Ils me font confiance. Même les centres de formation m’envoient des
    stagiaires qui veulent devenir auxiliaires de vie».</span><br>
    <br>
    <em><strong><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span></strong></em>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px; text-align: right;">
    <em><strong><span style="font-size: 12pt;">Franck CELLIER</span></strong></em>
  </p>
  <hr>
  <h2 style="padding-left: 120px;">
    <span style="color: #000000;">Le coût n’explique pas tout?</span><br>
    <br>
  </h2>
  <h3 style="padding-left: 120px;">
    <span style="font-size: 12pt;">Il y aurait deux principales raisons à la prolifération des maisons de retraite marron : le manque de places dans les structures réglementées et contrôlées et leurs
    tarifs jugés excessifs par les familles (2 500€ par mois).<br></span>
  </h3>
  <p style="padding-left: 120px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 120px;">
    <span style="font-size: 12pt;">Aussi, la persistance du «marché noir de la fin de vie» rendrait-elle finalement service au conseil général qui doit dépenser chaque année près d’une vingtaine de
    millions d’euros en aide sociale au titre de l’hébergement en institution des personnes âgées et 75 millions au titre de l’Aide personnalisée d’autonomie. Alors que, évidemment, ça ne coûte rien
    dans les pensions de famille dont les gérants se contentent généralement de capter la pension vieillesse (680€) de laquelle ils retranchent la cotisation aux mutuelles (Santé et décès)...<br>
    <br>
    Des arguments que Marcelle Marianne veut battre en brèche. «Si la préfecture ordonnait la fermeture de l’une des pensions marron suite à une intervention de l’ARS, nous serions à leur disposition
    pour reloger les personnes âgées qui se retrouveraient à la rue», affirme-t-elle. Les listes d’attente en Ehpad (établissement d’hébergement de personnes âgées dépendantes) ne seraient donc pas
    «sans fin »… «Dès qu’ils ont connaissance des montants à leur charge, les obligés alimentaires s’orientent ailleurs», remarque Pierre Catteau. De plus, les places se libèrent fréquemment en
    Ehpad, la durée de vie n’y est en moyenne que de deux à trois ans.<br>
    <br>
    <strong>En moyenne 50 euros d’obligation alimentaire</strong><br>
    <br>
    Le frein du tarif est quant à lui très relatif. Quand en métropole, seulement 20% des pensionnaires en maison de retraite font appel à l’aide sociale, à La Réunion, elles sont 85%. Ce qui veut
    dire, si on prend notre calculette, que l’économe de l’Ehpad mobilisera d’abord les revenus du pensionnaire qu’il loge et nourri, soit 680€ dans le cas du minimum vieillesse, les restes étant à
    la charge du conseil général (aide sociale) et des enfants (obligation alimentaire). Or, le Département ne peut pas refuser de prendre en charge les frais de l’hébergement au prétexte que les
    obligés alimentaires refusent de payer leur part. Ce qui veut dire que le gramoune est assuré d’être logé, quitte à ce qu’un juge des familles poursuive ses descendants. Le tout reste à savoir de
    combien l’hébergement du grand-père ou de la grand-mère grèvera le budget familial.<br>
    <br>
    «D’une somme modique», à en croire Marcelle Marianne. Elle explique : «Pour calculer la participation des obligés alimentaires, nous retranchons de leurs revenus, les charges qu’ils ont à
    assumer. Ensuite nous retranchons également une somme correspondant au montant du RSA (revenu minimum) que nous multiplions par le nombre de personnes au foyer. À partir de ce qu’il reste, nous
    demandons environ 50€ de participation mensuelle par tranche de 1 000€ de revenus disponibles. Dans la plupart des cas, lorsqu’une famille perçoit moins de 4 000€ par mois, sa participation au
    coût de l’Ehpad est d’environ 50€. C’est très raisonnable par rapport à ce qui est demandé dans les départements de métropole».<br>
    <br>
    Il faut également savoir que depuis 2007, les obligés alimentaires de La Réunion n’ont plus à retrancher de leur héritage le remboursement de l’aide sociale du Département, après le décès de leur
    parent, alors que cette saisie sur succession est toujours en vigueur en métropole. Ainsi, le conseil général doit généralement financer plus des deux tiers de la facture d’hébergement en
    Ehpad.<br>
    <br>
    Selon Pierre Catteau, les tarifs affichés par les hébergeurs n’ont rien d’extravagants. Ils correspondent à une réalité économique qui fait que le coût d’un lit en Ehpad s’élève de 73 000 à 120
    000€, voire à 160 000€ si on y inclut le prix du foncier. D’où les difficultés à atteindre les objectifs d’augmentation du nombre de places. Quelques «unités de vie», qui représentaient une
    alternative à l’accueil familial et aux maisons de retraite, ont ouvert leurs portes ces dernières années. Elles ont pratiquement toute fait faillite ce qui démontrait que l’exigence du conseil
    général d’en limiter la capacité à une douzaine de lits, n’était pas supportable. «Nous nous sommes rendu compte qu’en-dessous de 24 places, il est difficile de viabiliser une structure d’accueil
    aux normes», reconnaît Marcelle Marianne. Coïncidence, c’est justement la taille moyenne des pensions marron que nous avons pu visiter.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 120px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <h2>
    <span style="color: #000000;">Quand le scandale éclate</span>
  </h2>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Les rares fois où les maisons de retraite marron ont eu les «honneurs» de la presse, c’était pour des raisons scandaleuses. Ce qui noircit d’emblée la réputation de
    ce genre d’établissement malgré les échos généralement rassurants que peuvent lancer les professionnels de santé qui les fréquentent.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Bizarrement, ce ne sont pas les cas de maltraitance — sanctionnés dans la discrétion — qui ont défrayé la chronique, mais plutôt la mauvaise gestion des tenanciers.
    Ainsi, au début des années 1990, une quinzaine de personnes âgées avaient été jetées «dans le chemin» dans les hauts de Bellemène Saint-Paul. Le propriétaire, excédé après plusieurs mois de
    loyers impayés, avait expulsé tous les pensionnaires manu militari.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">En avril 2006, ces sont les pensionnaires vulnérables d’une maison de retraite marron de la Grande-Fontaine qui avaient été évacués nuitamment vers d’autres
    structures tout aussi clandestines de l’association Grands-Parents. Le pot-aux-roses avait été révélé par les trois employées de cette pension qui après avoir été exploitées et sous-payées
    avaient, elles aussi, été abandonnées. Il s’était avéré que cette association «gérait» tout aussi illégalement deux autres maisons à Sainte-Suzanne et à la Plaine-des-Cafres.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">«Comment peut-on ainsi ouvrir en toute illégalité pareille structure et y accueillir un tel public sans éveiller les soupçons? Ceux de l’administration mais aussi
    ceux des familles?», s’interrogeait alors Le Quotidien.</span><br>
    <br>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <table border="0" width="525" height="816">
    <tbody>
      <tr>
        <td class="hitencart" style="border: 1px solid #2622dc; background-color: #b9def2;">
          <h2 style="text-align: center;">
            L’état des lieux<br>
            <br>
          </h2>
          <p>
            <span style="font-size: 10pt;"><strong class="hitimportant">810 places en familles d’accueil.</strong> Les 441 familles d’accueil agréées par le conseil général hébergent aujourd’hui 810
            personnes (dont les trois quarts sont des personnes âgées dépendantes). C’est le plus fort taux de France, pourtant ce type d’hébergement semble insuffisamment connu et
            demandé.</span><br>
            <br>
            <span style="font-size: 10pt;">Le conseil général a pour objectif le doublement de ses capacités dans les trois ans à venir. La règle limite l’accueil familial à trois personnes quel
            qu’en soit le degré de dépendance. Le coût est moins élevé qu’en maison de retraite et largement couvert par le Département.</span><br>
            <br>
            <span style="font-size: 10pt;"><span class="hitimportant">1 200 places en Ehpad.</span> Les 14 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) accueillent 1 200
            personnes. Le prix de la journée varie entre 65 et 85€, soit un coût de 2 000 à 2 500€ par mois dont la majeure partie peut être prise en charge par l’aide sociale du conseil
            général.</span><br>
            <br>
            <span style="font-size: 10pt;">Le constat de l’ARS fait état d’un taux de 72% de déments parmi les patients en Ehpad et 37% de grabataires. Le Schéma départemental fixe un objectif de 1
            600 places en 2014-2015. Seulement 3,3% des personnes âgées de La Réunion sont hébergées en Ehpad.</span><br>
            <br>
            <span style="font-size: 10pt;">Le taux d’équipement en places d’hébergement pour personne de plus de 75 ans est plus de deux fois inférieur à celui enregistré en métropole.</span><br>
            <br>
            <span style="font-size: 10pt;"><span class="hitimportant">Maltraitance.</span> Par nature, la maltraitance est cachée. Il est donc impossible d’en mesurer l’ampleur dans les maisons de
            retraite marron. Le dernier rapport du Conseil économique et social situe davantage le phénomène au sein des familles. «Il s’avère que l’épuisement, le burn out, le manque de temps,
            peuvent conduire à des phénomènes plus ou moins important de maltraitance».</span><br>
            <br>
            <span style="font-size: 10pt;">Le CESER propose donc «des solutions d’accompagnement et palliatives» afin d’offrir «des pauses et du répit qui permettent aux uns et aux autres de
            souffler».</span><br>
            <br>
            <span style="font-size: 10pt;"><span class="hitimportant">Tristesse.</span> Dans ce même rapport, on lira que «les Ehpad constituent des lieux de soins beaucoup plus que des lieux de vie.
            Elles devraient pourtant être avant tout des lieux de vie. Or, le plus souvent, une grande tristesse s’en dégage et les résidents passent leurs journées assis, sans aucune occupation. Le
            budget d’animation de certains établissements s’élèverait à 800€ par an pour 80 résidents!»</span><br>
            <br>
            <span style="font-size: 10pt;">Devant une telle austérité, on en arrive à trouver certaines maisons de retraite marron plus joyeuses.</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 30 Sep 2011 08:33:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">5b99bf877f963950ff472e989f0d6811</guid>
                <category>Komansava chez vous</category>        <comments>http://www.komansava.com/article-vieillesse-les-maisons-de-retraite-marron-85485425-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[FONCIER : 6 500 HECTARES DE TERRES EN FRICHE]]></title>
        <link>http://www.komansava.com/article-foncier-6-500-hectares-de-terres-en-friche-84611730.html</link>        <description><![CDATA[<h1>
    <span style="color: #000000;">Agriculteur cherche champ désespérément&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;</span>
  </h1>
  <h3>
    Quel gâchis! Alors qu’une centaine de jeunes agriculteurs arrivent chaque année sur le marché du travail en quête d’une terre à cultiver, 6 500 hectares de surfaces agricoles sonten friches. Et
    les collectivités publiques peinent à imposer leur remise en culture.
  </h3>
  <p>
    <img src="http://img.over-blog.com/600x399/2/17/00/31/actu/friche004.jpg" alt="friche004" class="CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px auto;" width="600" height="399">
  </p>
  <p>
    Fabrice (à gauche) et Olivier Fontaine sont regroupés au sein de l’exploitation familiale mais leur surface est morcelée entre Cratère et la Confiance. Ils connaissent d’autant plus la valeur de
    la terre que, selon eux, «24 m2 de terres agricoles disparaissent chaque seconde en France».
  </p>
  <p>
    &nbsp;
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  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">«Quand j’ai obtenu mon terrain en 2005 auprès de la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), j’ai fait 44 mécontents.»</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Fabrice Fontaine, 29 ans, avait attendu cinq ans avant de pouvoir acheter un terrain de 7,5 hectares dans les hauts de Saint-Benoît, pour ensuite s’installer et
    débuter le métier d’agriculteur pour lequel il s’était formé. A cinq reprises, il avait postulé sans succès. Certains ont eu plus de chance, d’autres moins.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Le constat est éternel : il n’y a pas assez de terrains pour répondre aux besoins d’installation de la centaine de jeunes qui décrochent chaque année leur diplôme
    de technicien agricole dans les lycées et autres établissements de formations agricoles. La Safer n’a pu débloquer que 26 terrains exploitables en 2010 et 28 cette année. La file d’attente
    augmente. A ces «primo demandeurs» s’ajoutent ceux, parmi les 7 000 agriculteurs recensés dans l’île, qui ont besoin de nouvelles surfaces pour rentabiliser leurs exploitations.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">«Nous sommes sur un fil tendu, résume Olivier Fontaine, frère de Fabrice et vice-président des Jeunes Agriculteurs. Il n’y a pas assez de surfaces, les terrains mis
    sur le marché sont trop petits pour être rentables mais on est bien obligé de s’installer dessus sinon, dans dix ans, il n’y aura plus d’agriculteurs quand les vieux seront partis à la retraite».
    Les deux frères croient pourtant en l’avenir de leur métier et au développement des différentes filières. Mais, à l’instar de toute la profession, ils se sentent à l’étroit sur leur
    île.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">La poussée démographique, l’agrandissement des villes, la construction de nouvelles routes et l’augmentation des zones naturelles protégées réduisent déjà
    suffisamment la part des terres agricoles pour que ne s’ajoute pas à ces pressions diverses le gâchis des «terres incultes».</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><strong>Le tonneau des Danaïdes</strong></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Il y a deux semaines, Jean-Yves Minatchy, le président de la chambre d’agriculture s’est une nouvelle fois publiquement indigné contre les 6 500 hectares de terres
    en friche qui échappent encore au monde agricole. «Nous devons relancer sans cesse les collectivités publiques pour qu’elles nous aident à mettre en valeur ces terres agricoles. Les agriculteurs
    en ont besoin pour travailler». Et le leader syndical d’enfoncer le clou : «3 500 hectares de ses terres en friche sont en zone irriguée, dont 800 hectares sur Saint-Leu dans le périmètre du
    basculement des eaux d’est en ouest. Ce n’est plus tenable».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">«Plus tenable», certes, mais la récupération des terres agricoles non cultivées relève d’un travail de fourmi. «La majorité de ces terres appartiennent à des
    privés, indique Pascal de Gerus, responsable de la cellule des terres incultes à la Safer. Mais les procédures sont longues, chaque cas est particulier. On doit s’attaquer au droit de la
    propriété qui est l’un des plus protégés par la constitution dans notre pays».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Est réputée inculte, une terre agricole sur laquelle aucune exploitation n’a été pratiquée depuis plus de trois ans. Ce délai est réduit à deux ans dans les zones
    de montagne. Les procédures de récupération de ces terres s’appliquent également à ce que la loi appelle des terres «manifestement sous-exploitées» ; c’est-à-dire dont le rendement constaté est
    inférieur de 50% au rendement établi par les références techniques et économiques en vigueur sur le département.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Ce sont les Cahiers de l’agriculture qui, en 2005, ont estimé à 6 650 hectares, les surfaces agricoles non exploitées. Dans la foulée, notamment grâce aux lois de
    décentralisation de l’Etat vers le Département, les campagnes 2007 et 2008 de mise en valeur des friches (1 367ha sur les deux années) ont été sensiblement supérieures aux bilans des années
    précédentes. Mais l’essai n’a pas été transformé sur les exercices suivants : seulement 410ha mis en valeur grâce à des procédures ou des médiations pour la période 2009-2010. «C’est le tonneau
    des Danaïdes, quand des surfaces sont remises en culture, d’autres sont abandonnées, les chiffres évoluent sans cesse», déplore Pascal de Gerus dont les tablettes ne recensent quant à elles
    aujourd’hui «que» 5 223 hectares en friche.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Les services concernés (Direction de l’agriculture, conseil général, Safer, chambre d’agriculture) se doivent donc de prendre en compte la faisabilité d’une remise
    en culture pour éviter les retours de friche. «Il ne sert à rien d’imposer des défrichages sur des terrains difficiles, pierreux et montagneux où les travaux d’aménagement seront plus élevés»,
    remarque Renaud Bonin, responsable du pôle juridique et administratif de la chambre verte. Les fonds publics européens ne financent désormais plus que 75% des travaux d’aménagement, le reste
    étant à la charge de l’agriculteur. A l’impossible nul n’est tenu comme ont pu le constater les planteurs installés ces dix dernières années au-dessus de l’Ermitage sur la partie basse de
    l’antenne 4 du basculement des eaux : malgré l’irrigation, les cannes ne poussaient pas à cause de la minceur de la couche de terre et nombre de champs ont été abandonnés.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;"><strong>«Un terrain, c’est un travail»</strong></span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">«Aujourd’hui, on propose des terrains remplis de pierres aux agriculteurs et on construit des lotissements dans les bas sur les bonnes terres à canne», regrette
    Fabrice Fontaine en visant les plaines alluvionnaires de l’est.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">En plus des contraintes physiques présentées par certaines terres en friche, les procédures de mise en valeur se heurtent à des contraintes juridiques et
    économiques. Juridiques du fait de l’indivision et de la présence d’un trop grand nombre d’héritiers qui ne parviennent pas à s’entendre. Economiques parce que les propriétaires proches des zones
    urbaines préfèrent spéculer et attendre une hypothétique démultiplication de la valeur de leur bien grâce à son éventuel reclassement en zone constructible. Ils peuvent certes louer leur terrain
    à un agriculteur mais ce bail les engage sur neuf ans.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Les six agents de la Safer privilégient la médiation lorsqu’une terre inculte est repérée. Si le propriétaire n’est pas en capacité de mettre lui-même en valeur son
    terrain, il peut toujours le vendre, le louer ou signer une convention de mise à disposition avec la Safer. En cas de réticence, les procédures légales peuvent aboutir à un fermage d’office,
    voire une expropriation. Elles sont strictement encadrées par des passages en Commission départementale d’aménagement foncier (CDAF), des enquêtes publiques et autres mises en demeure. Tout au
    long de ce parcours juridique, le propriétaire visé peut interrompre la machine administrative en faisant semblant de mettre sa terre en culture. Le passage d’un tractopelle aplanissant un
    terrain permettait par exemple de gagner un temps précieux car lorsque l’agent de la Safer constatait six mois après, que rien n’avait été planté, il devait recommencer la procédure depuis le
    début.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Depuis le 22 juillet dernier, une nouvelle ordonnance foncière lutte contre ce type de «récidive». Désormais, une procédure enclenchée reste valable pendant dix ans
    et peut donc être redémarrée au stade où elle avait été suspendue. Le renforcement de l’arsenal juridique ne devrait cependant pas suffire à révolutionner la récupération des terres en friches.
    Olivier Fontaine estime pour sa part que seules des incitations à destination des propriétaires de terres incultes peuvent les amener à jouer la carte agricole. «Ces terres n’ont pas qu’une
    valeur financière, elles représentent un projet de vie, un travail. Et dans notre société de chômage, on ne peut pas les laisser s’échapper».</span>
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    <br>
    <em><strong>Franck CELLIER</strong></em>
  </p>
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    <img src="http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/actu/friche002.jpg" alt="friche002" class="GcheTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="300" height="199">
  </p>
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  </p>
  <p>
    Quand certaines terres sont remises en valeur, d’autres sont abandonnées, la reconquête des terres en friche a des allures de «tonneau des Danaïdes» selon Pascal de Gerus, responsable de la
    cellule terres incultes à la Safer.
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  <h2>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">«J’ai défriché à mes frais»</span>
  </h2>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Fabrice Fontaine a obtenu son brevet de technicien agricole en 2000 à l’issue de sa formation à la Maison familiale de l’Est. Mais, une fois son sésame pour devenir
    exploitant en poche, il est devenu... employé au magasin de la Cane à Saint-André. Ce n’est pas vraiment ce qu’il rêvait de faire mais il n’y avait pas de place pour lui sur les terres familiales
    du Cratère, dans les hauts de Saint-Benoît où son père André et son frère Olivier exploitent déjà 16 hectares de cannes, ananas et letchis.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;"><img src="http://img.over-blog.com/332x500/2/17/00/31/actu/friche007.jpg" alt="friche007" class="DrteTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;"
    width="332" height="500">Fabrice a donc pris son mal en patience et s’est porté candidat à chaque fois qu’une offre de la Safer se présentait dans les parages.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Cinq fois il a perdu, jusqu’à cette offre de 7,5 hectares de terres incultes à la Confiance. Les champs avaient été abandonnés et pour cause : «Le terrain est en
    escalier, il y a de la rocaille difficile à casser et très peu de terre, raconte-t-il. Tous les planteurs du coin le disent, ils sont sur une ancienne coulée de lave». Il a hésité jusqu’au
    dernier moment avant de signer. Le fait que 44 autres candidats se pressaient sur la même parcelle l’a persuadé qu’il n’avait guère le choix s’il souhaitait rester fidèle à son «projet de vie».
    «De mars à août 2005, trois engins de la Redetar (ex-organisme de travaux publics agricoles rattachés au Département) travaillaient en permanence sur le terrain. Il y avait deux tractopelles et
    un bulldozer, dit-il. A cela s’ajoutait un tracteur équipé d’un broyeur de pierres. J’ai dû payer ma part car les travaux ne sont plus financés à 100%. J’ai défriché à mes frais puis ça m’a coûté
    40 000 euros et j’ai dû apporter 16 000 euros. Il fallait faire vite pour ne pas perdre la priorité et je n’ai pas pu bénéficier du prêt pour Jeune Agriculteur. La première année, j’ai passé des
    jours et des jours à réorganiser la terre en profondeur à épandre des fientes de volaille. J’ai transporté 400 tonnes d’écumes de l’usine jusqu’à ici. Puis j’ai planté les nouvelles variétés R582
    et R579».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Aujourd’hui, Fabrice Fontaine est toujours empêtré dans son endettement de départ. «Si je ne regarde que la trésorerie, je gagne moins que lorsque j’étais salarié à
    la Cane. Mais j’ai choisi ce métier, je suis libre de mes choix maintenant. L’agriculture, c’est mon avenir et celui de ma famille». A ses côtés, son frère Olivier acquiesce. Avec leur père, ils
    sont réunis en exploitation familiale. Tous deux sont confiants et certains que l’agriculture apportera du travail à des milliers de Réunionnais.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Ils se rappellent qu’il y a un an, ils manifestaient avec d’autres adhérents des Jeunes Agriculteurs à Rivière-des-Roches. Ils avaient symboliquement planté des
    légumes sur un terrain perdu pour l’agriculture et cerné par l’urbanisation. «24 m2 de terres agricoles disparaissent chaque seconde en France», lançaient-ils à l’époque. La fuite n’est toujours
    pas colmatée.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
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  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h2>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">2 000ha mis en culture mais toujours autant de friches</span>
  </h2>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">La Safer anime et met en oeuvre la politique de récupération des terres incultes portée depuis 2007 par le conseil général pour ce qui concerne le recensement et
    l’enquête publique. L’Etat conserve cependant ses pouvoirs régaliens pour les mises en demeure, les fermages d’office et les expropriations. Toutes les étapes de la procédure sont soumises à
    l’avis de la Commission départementale d’aménagement foncier qui se réunit deux à trois fois par an.</span>
  </p>
  <p>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">En 2008, date d’entrée en vigueur de la convention entre le conseil général et la Safer, 3 600 hectares étaient déjà en «procédure terres incultes» et 1 700
    hectares ont pu en être retirés pour cause de remise en valeur grâce à une mise en culture, l’établissement d’un bail rural ou la vente.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">2009 fut consacrée au lancement de nouvelles procédures sur les communes dotées de chartes agricoles : Bras-Panon, St-Benoît, St-Joseph et St-Louis. Sur 782ha en
    procédure, 190ha ont pu être mis en culture. En parallèle, les médiations ont engendré 220 hectares de mise en valeur. Des recensements de terres en friche ont également été diligentés sur les
    communes concernées par le basculement des eaux d’est en ouest : à St-Paul et à St-Leu (960ha) avec des enquêtes publiques réalisées dans les six premiers mois de 2010. 2010 aura par ailleurs été
    marquée par plusieurs temps forts : le recensement des friches sur les communes de St-Pierre (431ha), St-Philippe, St-André (164ha) et Ste-Suzanne (252ha) ainsi que le lancement de l’enquête
    publique sur les friches de la commune de Sainte-Rose (120ha). Evidemment, les investigations et les efforts de médiation se poursuivent dans les communes citées plus haut.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Les prochaines communes dans lesquelles vont s’activer les agents de la Safer sont celles des Avirons et de Petite-Ile. Les autres communes de l’île ne sont pas
    pour autant oubliées, des procédures plus anciennes y sont toujours en cours. Ainsi, sur l’ensemble des 24 communes, la Safer a recensé, pour ses campagnes de «reconquête des friches de 2008 à
    2010» 5 318ha de friches. Parmi ces terres incultes, 744ha ont fait l’objet de mises en demeure et 272ha d’expropriation. Au titre des résultats, 2 059ha ont été mis en culture, 341ha ont été
    loués à des fermiers et 180ha vendus.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Ces remises en culture ne peuvent hélas pas se soustraire mathématiquement du constat de départ des terres incultes puisque, à l’issue de l’exercice, la Safer
    recensait pratiquement la même surface de friches. Un autre chiffre est révélateur des difficultés de cette «reconquête» : les «erreurs de procédures» ont concerné 824ha.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h2 style="padding-left: 210px;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Les friches en chiffres</span>
  </h2>
  <p style="padding-left: 210px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 210px;">
    <span style="font-size: 12pt;"><strong>6 650.</strong> En 2005, les Cahiers de l’agriculture évaluaient le «potentiel brut de reconquête» à 6 650ha mais diminuaient ce chiffre de moitié pour
    arriver à 3 000ha de «potentiel net» après avoir retiré les terrains en fonction des coûts et potentiels de production.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;"><strong>50 000.</strong> Tel est l’objectif chiffré des Cahiers de l’agriculture en terme de SAU (surface agricole utilisée) : 50 000ha en 2020 contre 42 428 en
    2004.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;"><strong>34 096.</strong> En 2008 la Direction de l’agriculture et de la forêt dénombrait 34 096ha de terres arables sur une SAU totale de 47 476ha (Ces chiffres
    diffèrent de ceux des Cahiers de l’agriculture auxquels on ne peut donc pas les comparer). Mais il est intéressant de noter que la surface des terres arables n’a cessé de diminuer depuis 1989,
    date à laquelle elles couvraient 43 592ha. La surface des «territoires non agricoles» est quant à elle passée de 53 193ha à 67 110ha pendant la même période.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;"><strong>3 033.</strong> Selon les objectifs de reconquête des Cahiers de l’agriculture, région par région, c’est l’Ouest qui doit faire le plus gros effort avec 3
    033ha à reconquérir contre 2 160ha pour le Sud, 1 142ha pour l’Ouest et 254ha pour le Nord. Filière par filière, les reconquêtes sont essentiellement destinées à la canne avec un objectif de 3
    871ha, contre 1 773ha pour l’élevage.</span><br>
    <br>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 18 Sep 2011 17:50:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">14a815ec4ab220ad5ea0e2c8c688db02</guid>
                <category>Komansava chez vous</category>        <comments>http://www.komansava.com/article-foncier-6-500-hectares-de-terres-en-friche-84611730-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[MAFATE À L’HEURE DE LA TÉLÉMÉDECINE]]></title>
        <link>http://www.komansava.com/article-mafate-a-l-heure-de-la-telemedecine-81502978.html</link>        <description><![CDATA[<h1>
    Des citoyens devenus «télédocteurs»
  </h1>
  <p>
    <img src="http://img.over-blog.com/600x399/2/17/00/31/Mafate/refsante003.jpg" class="CtreTexte" alt="refsante003" width="600" height="399">
  </p>
  <h3>
    Les huit référents santé du cirque de Mafate ont l’air de médecins urgentistes avec leur matériel high tech même s’ils ne sont que les relais bénévoles du Samu. Depuis un an, ces jeunes
    volontaires renforcent la sécurité de leurs voisins et affinent les diagnostics. Cette expérience, déjà tentée à Chamonix et en Guyane, intéresse grandement les urgences nationales en vue de
    l’étendre sur d’autres sites isolés.
  </h3>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Les valises de télémédecine mises à la disposition des Mafatais ont-elles vocation à améliorer l’offre de soins dans le cirque ou à économiser les transferts vers les hôpitaux du littoral? Les
    deux sans doute. Un an après le lancement de cette opération unique en France, le débat n’est pas tranché. Il y a longtemps que les habitants du cirque ne s’émerveillent plus devant les
    innovations technologiques. Bien qu’enclavés et sans grandes ressources, ils ont vu débarquer l’hélicoptère, l’énergie photovoltaïque et les télécommunications sans fil avant tous les autres.
    Toute nouveauté a donc intérêt à leur apporter un réel progrès pour qu’ils y adhèrent.<br>
    <br>
    <img src="http://img.over-blog.com/332x500/2/17/00/31/Mafate/lanouvellee006.jpg" class="DrteTexte" alt="lanouvellee006" width="332" height="500">Il y a un peu plus d’un an, les représentants du
    Commissariat à l’aménagement des Hauts, de l’Agence régionale de santé, des mairies de Saint-Paul et de La Possession, ainsi que du GIE Télémédecine Océan Indien signaient un contrat pour
    l’équipement du cirque de Mafate en télémédecine. Mais il a fallu attendre le mois de novembre suivant pour sa mise en application. La première expérience, menée dans le cirque de Cilaos depuis
    2007, avait fait la preuve de son efficacité. Cependant, contrairement au dispositif du cirque voisin où ce sont des infirmiers qui manipulent les appareils médicaux, à Mafate il a fallu trouver
    des volontaires parmi la population. Les infirmières des dispensaires avaient d’autres missions à assumer et le conseil général ne s’est donc pas impliqué dans une nouvelle mission de premiers
    soins...<br>
    <br>
    <strong>Confrontés à des situations réelles</strong><br>
    <br>
    Laurent Chen Chi Song, médecin du Samu, a formé une dizaine de volontaires mafatais appelés à devenir les «référents santé» du cirque : «Je les ai formés à l’hôpital de Bellepierre en secourisme
    ainsi qu’à la manipulation des appareils de télémédecine, explique-t-il. J’ai rencontré des jeunes gens hypermotivés qui voulaient s’impliquer dans la vie des Mafatais».<br>
    <br>
    Une motivation qui comblait des niveaux scolaires hétéroclites. Il devait normalement y avoir deux volontaires sur chacun des îlets suivants : La Nouvelle, Marla, Ilet à Malheur, Cayenne et Roche
    Plate. Après deux défections, il n’en reste plus que huit en poste.<br>
    <br>
    Une fois assimilés les rudiments théoriques, les jeunes «référents» se sont trouvés confrontés à des situations réelles. Lorsqu’un patient mafatais appelle le 15, dans un cas sur quatre, le
    médecin du centre de régulation du Samu fait intervenir le relais mafatais pour qu’il l’aide à affiner son diagnostic ou pour qu’il prodigue des soins.<br>
    <br>
    Même si l’hélicoptère de la gendarmerie est en mesure de transporter les secours dans le quart d’heure qui suit, l’intervention du «référent» peut s’avérer vitale en cas d’arrêt
    cardio-respiratoire puisqu’il est notamment armé d’un défibrillateur et d’une bouteille d’oxygène.<br>
    <br>
    Cependant, la plupart du temps, le «télémédecin» est surtout amené à prendre la tension du patient, son pouls, sa température, son taux de glycémie, etc. Le cas échéant, il photographie une
    plaie, un hématome ou un renflement à l’aide de son appareil photo numérique. La consultation peut aller jusqu’à un électrocardiogramme : il faut alors s’appliquer à bien disposer les dix
    électrodes sur la poitrine du souffrant, les données sont transmises par le réseau 3G en direct d’un petit ordinateur portable jusqu’à l’écran du médecin du Samu de Bellepierre, et c’est
    évidemment ce dernier qui va interpréter les graphiques.<br>
    <br>
    <strong>Un investissement de 120 000€</strong><br>
    <br>
    <img src="http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/Mafate/refsante007.jpg" alt="refsante007" class="GcheTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="300" height="199">Et
    c’est encore lui qui prescrira les médicaments que le volontaire mafatais a en stock.<br>
    <br>
    «Les procédures se mettent en place petit à petit, commente Laurent Chen Chi Song. Il arrive encore assez souvent que le référent ne soit pas disponible. Dès lors, lorsque les renseignements
    donnés par le patient ne sont pas clairs, le doute lui bénéficie toujours et on envoie l’hélicoptère. Ou lorsqu’une radio s’avère nécessaire, l’évacuation par les airs est systématique».<br>
    <br>
    L’évaluation de la première année d’exercice de la télémédecine à Mafate est en cours et il n’est pas encore possible de chiffrer exactement l’économie en termes de transferts aériens. Le montant
    du dispositif s’élève, quant à lui, à 120 000€ (investissement et maintenance).<br>
    <br>
    La formation et l’équipement des «référents» mafatais ont cependant rassuré leurs voisins. Ils ont déjà rendu de fiers services. Leurs antalgiques et autres médicaments ont soulagé bien des
    souffrances. Il est arrivé à certains d’entre eux de rester au chevet de malades toute une nuit en attendant que l’hélicoptère puisse atterrir le lendemain.<br>
    <br>
    Le Samu espère pouvoir étendre l’expérience à d’autres îlets : Les Orangers, Aurère, Grand-Place, Ilet-à-Bourse, Ilet-des-Lataniers. Néanmoins, le bénévolat ayant ses limites, il faut aussi
    penser à dispenser de nouvelles formations pour épauler voir remplacer ceux qui nourrissent d’autres projets.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    <em><strong>Franck CELLIER</strong></em>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h2>
    Ils peuvent vous sauver la vie
  </h2>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    «Sébastien Ladrange, le référent principal, m’a demandé si j’étais partante pour la formation de télémédecine l’année dernière et j’ai dit oui parce que je voulais rendre service aux habitants de
    Mafate».<br>
    <br>
    Larissa Bègue n’a que 19 ans et a aujourd’hui fière allure, sa valise de docteur à la main. Comme ses homologues mafatais, quatre à cinq fois par mois, elle est amenée à visiter un malade sur la
    Nouvelle. Elle est seule sur son secteur d’intervention qui s’étend jusqu’au chemin Charrette et l’îlet Cerneau ou Cimendal, soit à près d’une demi-heure de marche de chez elle.<br>
    <img src="http://img.over-blog.com/500x332/2/17/00/31/Mafate/refsante001.jpg" alt="refsante001" class="CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px auto;" width="500" height="332"><br>
    «On ne m’appelle pas docteur, sourit-elle. Et je ne le souhaite pas. Je suis encore souvent intimidée ou stressée lors de mes interventions. J’ai toujours peur de ne pas y arriver. Par pudeur,
    certaines personnes sont gênées, et moi aussi. Ils me trouvent trop jeune». Heureusement, elle est débrouillarde. Sortie du système scolaire après sa classe de 3e à La Possession, elle a ensuite
    aidé sa mère à la boutique et au restaurant de la Nouvelle. «Je n’ai pas encore eu à m’occuper de cas très graves, à faire des massages cardiaques ou à utiliser le défibrillateur. Mais je sais
    que si ça se présentait, je pourrais appeler ma tante qui a son brevet de secourisme. Elle m’a déjà aidée lorsque quelqu’un s’était blessé à la jambe avec une tronçonneuse».<br>
    <br>
    <img src="http://img.over-blog.com/254x300/2/17/00/31/Mafate/refsante006.jpg" class="DrteTexte" alt="refsante006" width="254" height="300">Mine de rien, du fait de son élan altruiste de l’année
    dernière, la jeune fille est désormais familiarisée au maniement des appareils médicaux comme le tensiomètre. Elle peut également être amenée à vous sauver la vie.<br>
    <br>
    <strong>Les limites du bénévolat</strong><br>
    <br>
    Par définition, les urgences n’ont pas d’horaire, mais Larissa est toujours prête à partir sur les sentiers. Elle reconnaît cependant ses limites : «La valise de télémédecine pèse plus de cinq
    kilos, s’il faut que j’emmène également le défibrillateur et la bouteille d’oxygène, ça devient impossible. Ce serait mieux s’il y avait quelqu’un d’autre, si possible un homme assez fort, pour
    m’aider». Mais aucun volontaire ne s’est déclaré pour l’instant. Il faut dire que les missions peuvent être particulièrement contraignantes, le volontaire doit pouvoir se libérer pour un temps
    parfois indéterminé. Et cela bénévolement.<br>
    <br>
    Aussi, même si la motivation de participer à la tradition d’entraide des Mafatais reste forte, la continuité du service des «référents santé» est fragile. Larissa Bègue risque par exemple de
    devoir quitter le cirque quelque temps pour suivre une formation sur le littoral. Qui alors pourra la remplacer?<br>
    <br>
    Sur l’îlet voisin de Marla, Sébastien Ladrange, 40 ans, a été à l’initiative de l’opération. Cet ancien pompier s’est installé dans le cirque avec femme et enfant depuis dix ans. Apiculteur, il
    cumule pas mal d’activités à travers l’association Vivre à Mafate. Il est conscient lui aussi des limites du bénévolat.<br>
    <br>
    «Il est important de s’impliquer dans la vie du cirque quand on sait, en tant que Mafatais, qu’un drame peut vite toucher nos familles, explique-t-il. Aujourd’hui, les habitants sont rassurés de
    savoir qu’en cas de problème, il y a des valises de secours sur place et qu’ils peuvent avoir les premiers soins dans la demi-heure qui suit l’alerte.<br>
    <br>
    «Le projet se met en place petit à petit. Pour l’instant, ça marche grâce au bénévolat, mais les partenaires de la télémédecine n’excluent pas l’idée de verser des vacations aux référents comme
    ça se fait pour les pompiers volontaires».
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h2>
    <img src="http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/Mafate/refsante002.jpg" alt="refsante002" class="GcheTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="300" height="199">Une
    lourde responsabilité
  </h2>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Face à leurs patients, les «référents santé» se trouvent parfois en porte-à-faux. S’ils mènent une visite médicale comme un docteur, ils ne sont pas habilités à prendre la moindre décision. Les
    actes qu’ils prodiguent se limitent à ce qu’ils ont appris lors de leur formation de secouriste.<br>
    <br>
    «C’est une lourde responsabilité, mais elle est entièrement portée par les médecins du Samu», précise Laurent Chen Chi Song coordonnateur de la télémédecine à Mafate.<br>
    <br>
    Du côté du centre de régulation où 4 permanenciers et 2 médecins reçoivent de 600 à 800 appels par jour, le docteur Cyrille Aubert salue la contribution des «télémédecins mafatais» même s’il
    s’agit de jeunes gens ayant reçu une formation rudimentaire.<br>
    <br>
    «Vous savez, ici, on risque notre diplôme à chaque appel si on n’apporte pas la réponse appropriée. Alors la présence d’un référent au bout de la ligne ne peut qu’apporter une amélioration. Ils
    sont disponibles, ils ont le mérite d’être là et nous apportent une aide considérable. Il faut reconnaître qu’à Mafate, les habitants sont restés très solidaires les uns des autres. C’est ce qui
    fait le charme du cirque».<br>
    <br>
    Malgré quelques critiques sur la rapidité des secours, Manrique César, de Group anou, reconnaît lui aussi l’utilité du dispositif de télémédecine : «Les infirmières du conseil général ne peuvent
    pas tout faire. La seule chose qui progresse ici, c’est notre petit système de santé alors on le surveille comme du beurre sur le feu pour le conserver. Mais il faudrait que les référents
    touchent un petit dédommagement pour que le dispositif marche sur le long terme».
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h2>
    «On n’appelle pas pour aller à l’hôtel»
  </h2>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Un touriste qui se blesse sur un sentier de Mafate relève du «Plan de secours en montagne» et non pas du système plus général des urgences. Cette spécificité favorise une évacuation rapide par
    hélicoptère… et peut rendre amer le simple citoyen qui, lorsqu’il téléphone au 15, ne déclenche pas aussi prestement qu’il le souhaiterait une intervention héliportée.<br>
    <br>
    <img src="http://img.over-blog.com/600x399/2/17/00/31/Mafate/lanouvelle.jpg" class="CtreTexte" alt="lanouvelle" width="600" height="399">«Ça, il faut le dire : l’hélicoptère va prendre trois
    heures pour venir récupérer un Mafatais qui a une jambe cassée alors qu’il arrive au bout d’une demi-heure quand il s’agit d’un touriste!», s’exclame la tante de Larissa Bègue, «référente santé»
    de la Nouvelle.<br>
    <br>
    Manrique César, président de l’association Group anou estime, quant à lui, que la télémédecine a été introduite «soi-disant parce qu’il y avait de l’abus de la part des Mafatais qui appelaient
    l’hélicoptère». «On s’est toujours considéré éloigné de toutes les instances de la République, poursuit-il. Dans notre histoire, nous avons connu beaucoup de décès faute d’intervention rapide.
    Quand un Mafatais téléphone pour qu’on envoie un hélico, ce n’est pas parce qu’il se sent mal, mais parce qu’il se sent très mal. Il n’appelle pas pour aller à l’hôtel mais pour aller à
    l’hôpital. Quand il en est capable, il descend à pied pour aller voir le médecin».<br>
    <br>
    Récemment, à sa connaissance, un enfant de 18 mois qui s’est blessé lors d’une chute sur un sentier et un homme de 45 ans ont dû prendre leur mal en patience avant d’être évacués. Tous deux s’en
    remettent peu à peu.<br>
    <br>
    Pour le cas de l’adulte, le «référent santé» s’est trouvé déstabilisé face au mécontentement des proches. En effet, ce patient a attendu trois jours, puis deux jours supplémentaires avant son
    transfert, le médecin du Samu estimant que l’urgence n’était pas avérée lors des premières visites.<br>
    <br>
    «N’empêche qu’il s’était blessé en portant des charges trop lourdes et qu’il a été hospitalisé deux semaines à Bellepierre, puis un mois au centre de convalescence de Saint-Paul, raconte Manrique
    César. Et le référent devait expliquer à la famille que ce n’était pas lui qui décidait. Il n’a fait que son travail, ce n’est pas de sa faute».<br>
    <br>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 13 Aug 2011 21:08:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">9a4b197fbc259ac84b7efec4910d1f86</guid>
                <category>Komansava chez vous</category>        <comments>http://www.komansava.com/article-mafate-a-l-heure-de-la-telemedecine-81502978-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[VOLCAN : LES DERNIÈRES VACHES À CLOCHE DE LA RÉUNION]]></title>
        <link>http://www.komansava.com/article-volcan-les-dernieres-vaches-a-cloche-de-la-reunion-81328377.html</link>        <description><![CDATA[<h1>
    Le troupeau n’en a plus que pour dix ans
  </h1>
  <h3>
    Pétitions et manifestations n’y ont rien changé, le patrimoine mondial botanique de La Réunion ne s’accommode pas du patrimoine humain et pastoral que défendent les derniers bergers de La
    Réunion. Si l’affaire suit son cours, dans dix ans les cloches des vaches du volcan ne tinteront plus.
  </h3>
  <p>
    <strong><span style="color: #339966;">Consultez également <a href="http://eleveurduvolcan.skyrock.com/" target="_blank">le blog de l'éleveur</a></span></strong>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp; <a class="nopopup" onclick="return !window.open(this);" href="http://idata.over-blog.com/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste019.jpg"><img src=
    "http://img.over-blog.com/600x399/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste019.jpg" class="noAlign" alt="riveste019" width="600" height="399"></a>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Ils ont résisté et résistent encore mais leur histoire semble déjà écrite. Dans dix ans les Bègue, derniers éleveurs bergers de La Réunion auront dû quitter leur plateau du Cassé de la Rivière de
    l’Est dans les hauts du massif de la Fournaise. Les divagations de leur troupeau d’une cinquantaine de vaches ne sont pas compatibles avec la préservation de la forêt telle que la conçoivent
    l’Office national de forêts et désormais le Parc national. «De toute façon, on n’a pas le choix», lâche Gérard Bègue, l’un des fils du patriarche Axel. En plus d’aider son père dans les
    pâturages, <img src="http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste005.jpg" class="DrteTexte" alt="riveste005" width="300" height="199">il se dépense sans compter pour
    défendre la tradition du pastoralisme à La Réunion. Il tient à jour le blog de l’Association pour la défense de l’élevage pastoral et son patrimoine (ASDEPP) et porte son message dans les foires,
    dans les manifestations et auprès des institutions.<br>
    <br>
    L’évolution des dernières négociations, sous l’égide de la sous-préfecture de Saint-Pierre, est près d’aboutir à un accord de principe : rien n’est signé mais l’éleveur accepterait une concession
    limitée à dix ans, non transmissible, en contrepartie de nouveaux espaces (environ 110 hectares) où il pourrait poursuivre son activité. «On n’a pas le choix, répète Gérard. Mais on demande
    encore à voir les terrains qui nous seront proposés. On ne veut pas prendre le pain d’autres éleveurs. Et il ne faut pas croire que sur 100 hectares on pourra perpétuer la tradition du
    pastoralisme extensif comme il existe ici sur un millier d’hectares. Il faudra sans doute épandre de l’engrais sur les prés et nourrir les bêtes avec des aliments pour bétail. Ce ne sera plus
    naturel comme aujourd’hui. Il faudra aussi, pour les dix ans qui restent à passer sur la Rivière de l’Est, nous permettre d’améliorer la bergerie pour qu’on puisse y dormir dans des conditions
    décentes».
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h3>
    Le bonheur est dans le pré
  </h3>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img src="http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste002.jpg" class="DrteTexte" alt="riveste002" width="300" height="199">Justement, qu’en est-il de ce coin de volcan et
    de son histoire telle que racontée par les Bègue, derniers bergers de La Réunion? Une histoire forcément subjective, mais authentique, faite de tempêtes, de coups de tonnerre, de dur labeur, de
    conflits avec les gardes-chasses ou les braconniers mais aussi de jeux d’enfants dans la prairie. Comme si le bonheur y était. Cours-y vite, cours-y vite. Les cow-boys «péi» s’y rendent toutes
    les semaines ou tous les quinze jours. Dès les premiers hectomètres, sous le parking du gîte du volcan, on entend des cloches dans les sous-bois. Un groupe de «copines» ruminantes a pris
    l’habitude de remonter assez haut. Ce qui oblige les Bègue à de longues courses entre le Cassé et la Plaine des Sables pour garder le contrôle du troupeau. Contrairement à leurs homologues
    américains, ils n’ont pas de cheval. Mais Axel amène quand même son fusil parce que les chiens des braconniers risquent parfois de mettre les vaches en danger et, aussi, parce que les lieux ne
    sont pas si sûrs. La bergerie a été incendiée par des malfrats menaçants il y a quelques années.
  </p>
  <p>
    <br>
    <img src="http://img.over-blog.com/600x399/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste007.jpg" class="CtreTexte" alt="riveste007" width="600" height="399"><br>
    En cette période de vacances, quatre marmailles accompagnent Axel et ses deux fils, Gérard et Armand. Les gosses courent à l’avant, jouent à cache-cache dans les arbres et Armand doit parfois
    hausser la voix pour qu’ils laissent les vaches tranquilles. «Si vous criez devant le troupeau comment voulez-vous que je fasse rentrer les bêtes dans l’enclos?», leur lance-t-il. Il doit en
    effet boucler les oreilles des veaux nés ces derniers jours. Il en a repéré trois. Impossible de procéder à ce marquage en pleine nature. Les petits sont trop craintifs et la mère les protège.
    Les trois bergers guident donc les vaches dans un couloir bordé de fils barbelés. Une fois les bêtes prises au piège, Gérard «rentre dans le tas» de manière à placer les vaches allaitantes à
    l’avant. Les petits les suivent dans un corridor plus étroit. C’est à ce moment que le père, Axel, parvient à bloquer les deux veaux en glissant des branches devant et derrière eux. Armand peut
    alors leur accrocher leurs boucles d’oreille jaunes ornées d’un code-barre.<br>
    <br>
    <img src="http://img.over-blog.com/332x500/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste009.jpg" class="DrteTexte" alt="riveste009" width="332" height="500">Plus tard, ils seront dotés d’un joli collier
    où pendra une cloche importée d’Italie. C’est obligatoire afin de pouvoir localiser les bovins. Et c’est ce qui différencie les vaches libres et sonnantes du volcan de celles divaguantes du Maïdo
    (lire Quotidien du 10 juillet dernier). Ici, l’élevage est revendiqué et réglementé alors que dans les hauts de l’Ouest, en dehors des pâturages dûment attribués, c’est la clandestinité qui
    prévaut.<br>
    <br>
  </p>
  <h3>
    Vaches, caris et petit rhum
  </h3>
  <p>
    <br>
    Dans quelques jours, le vétérinaire doit ausculter les vaches du Cassé de la Rivière de l’Est. Axel Bègue, ses fils et petits-fils auront donc à courser les différents groupes d’affinité pour les
    conduire dans un enclos de «semi-liberté» d’environ 35 hectares. «Il faut courir tout le temps, raconte Armand. Si on n’était pas régulièrement derrière elles, elles descendraient jusqu’à
    Sainte-Rose». Les bergers comptent également sur leurs chiens pour les aider à ramener les vaches récalcitrantes.<br>
    <br>
    À force d’arpenter la forêt de tamarins et la savane Cimetière, les Bègue les connaissent par coeur. Mieux que quiconque. Ils font plus que renseigner les promeneurs circulant sur le sentier qui
    traverse la zone. Ils leur proposent un petit café chauffé au feu de bois. Et il n’est pas rare qu’ils partagent leur cari. Le père sert un rhum arrangé à la prune «péi» qui parfume ensuite le
    souffle des marcheurs. Bref, la bergerie a pris des allures d’escale touristique. Une vocation nouvelle que souligne un panneau de l’ASDEPP fixé sur son mur extérieur.<br>
    <br>
    Leurs efforts en communication ont permis aux derniers bergers de La Réunion de gagner la bataille de l’opinion publique. Ils ont recueilli 2 500 signatures sur une pétition déposée il y a un an
    en sous-préfecture. Ils ont volontiers joué le rôle de guides pour les responsables du Parc national lorsqu’ils espéraient que cette nouvelle structure leur soit plus favorable que l’ONF qui ne
    leur accordait plus de concession depuis dix ans. En vain. Leurs vaches sont considérées comme nuisibles au patrimoine botanique et à la biodiversité réunionnaise. Et c’est avec une amertume
    certaine que Gérard Bègue suit son troupeau de ravines en points d’eau et de savanes en sous-bois.<br>
    <br>
    «Ils nous ont proposé de clôturer une zone de 100 hectares puis de 150 hectares, explique-t-il. Si c’était possible, on dirait mille fois oui. Hélas ça ne l’est pas, il n’y a pas un secteur
    homogène viable avec suffisamment d’herbe pour un troupeau de 50 vaches. Elles vont brouter par îlets d’un endroit à l’autre. La seule solution aurait été d’installer une clôture au sud du
    plateau pour les empêcher d’aller vers les mares qui ont un véritable intérêt biologique et de descendre vers Sainte-Rose». C’était un rêve.
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    <br>
    <em><strong>Franck CELLIER</strong></em>
  </p>
  <hr>
  <h2 style="padding-left: 120px;">
    Quand l’ONF encourageait l’élevage…
  </h2>
  <p style="padding-left: 120px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 120px;">
    Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Il ne faudrait donc point s’étonner qu’à quelques décennies d’intervalle, des établissements publics chargés de la protection (et de
    l’exploitation) de la forêt émettent des avis diamétralement opposés sur l’utilité de l’élevage du Cassé de la Rivière de l’Est. Nous avons déniché un rapport de l’ONF datant de septembre 1975
    intitulé «Mise en valeur sylvopastorale de la Plaine des Cafres». En ce temps-là, les a priori colonialistes étaient encore bien ancrés comme le révèle ce passage décrivant la situation en 1950
    et plus particulièrement «les hommes» : «En règle générale, les éleveurs ne sont pas propriétaires fonciers. De mentalité spéciale (sic), ils n’ont aucun désir d’améliorer ni même de sauvegarder
    les terres qu’ils ne possèdent pas. Doux, mais paresseux, (re-sic) le Créole des Hauts est foncièrement individualiste. Sa répugnance au changement est considérable. Souvent victime des
    intermédiaires, méfiant vis-à-vis de son entourage, il reste hostile à une discipline de groupe».<br>
    <br>
    <img src="http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste001.jpg" class="DrteTexte" alt="riveste001" width="300" height="199">Au-delà de ces appréciations fort subjectives,
    le document définit ainsi la politique sylvopastorale en réservant 5 000ha à la constitution de forêts de production et : «une superficie importante de l’ordre de 6 400 hectares, dont un quart au
    bassin supérieur de la Rivière de l’Est et trois quarts à la Plaine des Cafres proprement dite, sera ouverte à l’élevage». Plus loin, le pâturage de la Rivière de l’Est est quantifié à 1 500
    hectares et celui de Foc-Foc à 860 hectares.<br>
    <br>
    Il était alors question d’ovins à la Rivière de l’Est. Dans ce rapport l’ONF était censé «concourir à la réalisation d’un atelier de filage et de tissage de la laine, à la construction d’un
    local, à la mise au point et à la fabrication de rouets». On y lisait également que la construction de la route du volcan sur 23km devait permettre «le rapprochement et la mise en charge des
    pâturages de la Rivière de l’Est et de Foc-Foc». L’Office s’engageait même à édifier des «chalets confortables pour le logement des pâtres».<br>
    <br>
    Bref, les infrastructures avaient comme vocation première de profiter aux éleveurs. En plus le document vante l’action des ruminants pour éliminer les pestes végétales et notamment les ajoncs en
    complément des abattages à la hache et des traitements chimiques : «un surpâturage temporaire des moutons sur les parcelles à l’état de jeunes pousses donne également de bons résultats».
  </p>
  <p style="padding-left: 120px;">
    &nbsp;
  </p>
  <h3 style="padding-left: 120px;">
    <img src="http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste007.jpg" alt="riveste007" class="GcheTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="300" height=
    "199">Des vaches en meilleure santé
  </h3>
  <p style="padding-left: 120px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 120px;">
    Il n’est dès lors pas étonnant qu’Axel Bègue soit persuadé que ses vaches protègent la forêt. Elles luttent selon lui contre les risques d’incendie en empêchant la croissance des herbes sèches.
    Pour lui, ce sont les exploitations de cryptomerias qui ont «mangé» la forêt réunionnaise et l’utilisation de scories qui a éparpillé des graines d’ajoncs. Fiers d’avoir obtenu le label
    d’agriculture raisonnée en 2008, les Bègue rappellent qu’en n’utilisant ni mécanisation, ni engrais, ni pesticide, ils participent à la préservation de l’environnement et à la promotion d’une
    alimentation saine. «Nos vaches de la Rivière de l’Est sont en meilleure santé que celles des élevages intensifs. Par exemple 96% des vêlages se font naturellement ici contre 50 à 60% dans les
    élevages conventionnels», assure Gérard.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <h1>
    Trois questions au Parc national
  </h1>
  <p>
    <img src="http://img.over-blog.com/600x399/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste016.jpg" class="CtreTexte" alt="riveste016" width="600" height="399">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 240px;">
    <strong>– Pourquoi, l’élevage de bovins du Cassé de la Rivière de l’Est doit-il quitter l’endroit?</strong><br>
    <br>
    – Le secteur du fond de la Rivière de l’Est est classé depuis 2007 en coeur de Parc national et fait partie du site inscrit au patrimoine mondial. Il abrite des milieux naturels rares, dont
    l’intérêt patrimonial est fort : fourrés à Sophora, pelouses humides d’altitude avec de nombreuses espèces endémiques, dont certaines très rares, comme Eleocharis reunionis, petite plante
    redécouverte l’année dernière par le Conservatoire Botanique alors qu’elle était considérée comme disparue. Ces milieux fragiles, qui ont évolué depuis des milliers d’années en l’absence de
    grands herbivores, sont profondément perturbés par le pâturage et le piétinement. Les bovins transforment de manière irrémédiable les sous-bois, en provoquant ou facilitant la propagation de
    végétaux envahissants qui prennent la place des espèces indigènes présentes auparavant. Le pâturage des animaux empêche également la régénération des arbres, tels que les tamarins des hauts, bois
    de couleur ou les branles. À terme, ce sont ces milieux naturels qui sont menacés de disparition. A l’échelle de la planète, il faut prendre conscience que ces équilibres naturels sont très
    fragiles, et que les écosystèmes présents sur notre île sont très limités dans l’espace.
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 240px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 90px;">
    <strong><img src="http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste003.jpg" alt="riveste003" class="DrteTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="300"
    height="199">– Quelle est la vocation de ce plateau du Cassé de la Rivière de l’Est à long terme?</strong><br>
    <br>
    – Ce site, que l’Office national des forêts avait géré comme réserve biologique, est un espace à vocation naturelle de protection forte déjà dans le Schéma d’aménagement régional (Sar) validé en
    1995 et cette vocation est confirmée dans le Sar en cours d’approbation. Classé en coeur «naturel» du Parc et faisant donc partie du bien inscrit sur la liste du Patrimoine mondial, ce fond de
    vallée entouré de remparts a une valeur écologique exceptionnelle. Dans notre île, c’est toute une mosaïque d’écosystèmes contigus, étagés selon l’altitude, qui apportent une biodiversité et des
    paysages exceptionnels et diversifiés. Cette vocation naturelle est bien sûr compatible avec des activités de tourisme et de loisirs, pour peu que les flux soient maîtrisés et que les
    comportements soient respectueux.
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 240px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 240px;">
    <strong>– Dans l’immédiat, quel compromis peut-il être trouvé?</strong><br>
    <br>
    – Lors du conseil d’administration du Parc du 29 avril dernier, les administrateurs ont admis le maintien de l’élevage pour une durée limitée sur une zone excluant les milieux naturels les plus
    exceptionnels du site. Cette activité devra respecter un cahier des charges qui accompagnera cette autorisation spéciale. Une commission coordonnée par le sous-préfet de Saint-Pierre réunissant
    les parties concernées travaille actuellement sur la détermination du périmètre sur lequel l’activité sera autorisée par la directrice du Parc national. Les éleveurs qui par le passé avaient déjà
    bénéficié de terrains dans des périmètres agricoles ne sont pas menacés par cette décision. Il est important que la vocation des espaces soit respectée à l’échelle de l’île, et que les espaces
    les plus favorables à l’agriculture soient bien réservés à cette activité.
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 240px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 150px;">
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 150px;">
    &nbsp;
  </p>
  <h1 style="text-align: justify;">
    Il y a eu un millier de moutons et de vaches <span class="arial20">&nbsp;</span>
  </h1>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 150px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
    <img src="http://img.over-blog.com/206x300/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste013.jpg" alt="riveste013" class="GcheTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="206" height=
    "300">Selon la terminologie officielle, l’élevage d’Axel Bègue ne peut être toléré car il se situe dans le «coeur naturel du Parc national». S’il avait été dans le coeur habité c’eut été une
    autre histoire… On comprendra donc que l’homme ne goûte guère cette nuance : «Ce n’est pas moi qui suis dans le coeur du Parc. C’est le Parc qui est entré dans mon coeur», lance-t-il en frappant
    sa poitrine du poing. Il se rappelle encore de la première fois où il est descendu sur le plateau du Cassé de la Rivière de l’Est : «J’étais marmaille sur les épaules de mon père et on passait
    par un chemin le long des rampes Liote à partir de l’oratoire Sainte-Thérèse. Pour dormir, papa construisait une cabane avec des bouts de bois en triangle et de la paille». Le sentier Liote, s’il
    existait encore aujourd’hui, témoignerait d’une époque où le bétail était abondant sur cette vaste prairie du volcan entre savane et forêt.<br>
    <br>
    D’abord il y eut des moutons, explique Gérard qui a enquêté auprès des anciens de la Plaine des Cafres, «la laine était remontée jusqu’à Bourg Murat, on en faisait des couvertures pendant la
    guerre». Puis les bovins les ont peu à peu remplacés au gré des «droits» accordés par le gouverneur de la colonie. Il y eut plus d’un millier de bêtes sur le plateau. Selon l’ASDEPP, le premier
    éleveur berger était un certain Rémi Payet, au début du siècle dernier. C’est lui qui aurait posé la statue de l’oratoire Sainte-Thérèse.<br>
    <br>
    Quatre générations se sont succédé pour veiller les troupeaux. Il y eut un certain Liote, dont le nom a marqué le lieu. Ainsi que Marcellin Payet dont la photo est affichée sur l’actuelle
    bergerie. «Il ne connaissait ni lire ni écrire mais il connaissait son code de la route», lance Axel admiratif. Lui a donné son nom au lieu «Camp Marcellin». Il n’en reste que quelques pierres
    figurant le perron. «C’était une petite case mais elle tombait en ruine et des bouts de tôles rouillées jonchaient le sol. Les vaches risquaient d’en ingurgiter en broutant alors nous avons tout
    démonté», raconte Gérard en désignant le tas des débris entreposés sous un tamarin.
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
    &nbsp;
  </p>
  <center>
    <h3>
      <span class="arial16"><strong>«Ils ne pourront plus changer d’avis»</strong></span>
    </h3>
  </center>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
    <img src="http://img.over-blog.com/500x332/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste004.jpg" alt="riveste004" class="DrteTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="372" height=
    "247">Après guerre plusieurs éleveurs se partageaient le même troupeau, ce qui n’allait pas sans générer des conflits entre eux. «Il y avait des vaches partout sur le volcan, jusqu’à Foc-Foc. Les
    forestiers de l’époque crachaient les amendes car les zones d’élevages n’étaient pas bien délimitées. Il a fallu que l’un d’entre eux, un Corse du nom de Falconetti se porte garant des éleveurs
    auprès des institutions pour que soit créée la coopérative des éleveurs de la Plaine des Cafres en 1959». Marcellin est mort en 1978. Un à un les éleveurs bergers du Cassé de la Rivière de l’Est
    ont récupéré des terres sur la Plaine des Cafres pour y pratiquer de l’élevage conventionnel, intensif, derrière des clôtures. Seul Axel Bègue est resté.<br>
    <br>
    «On marquait nos vaches au fer rouge. Sur une cuisse je marquais un rond avec mes initiales BA dedans et sur l’autre cuisse il y avait la marque de l’ONF avec le clairon. On poinçonnait aussi les
    cloches ou on taillait un V dans l’oreille, se souvient-il. Mais les marques disparaissaient avec le temps. De petits malins taillaient les oreilles déjà taillées pour faire un W. Il y avait une
    mauvaise entente entre nous et l’élevage traditionnel du Cassé de la Rivière de l’Est ne s’est à nouveau développé qu’à partir du moment où il ne restait que moi».<br>
    <br>
    En 1989, la famille Bègue a hérité d’une nouvelle concession sur le plateau pour son élevage traditionnel doublée d’une exploitation de 35 hectares sur la Plaines des Cafres dotée d’un atelier
    d’engraissement. L’exploitation a bénéficié de l’agrément de tous les organismes compétents ainsi que des subventions qui vont avec. «A cette époque, une étude du BDPA (Bureau pour de
    développement de la production agricole) concluait à la faisabilité d’un élevage pastoral et d’une exploitation sylvicole sur le Cassé de la Rivière de l’Est mais c’est à partir de 2001, que le
    conflit a éclaté entre l’ONF et nous», indique Gérard Bègue.<br>
    <br>
    S’ouvrait alors une nouvelle aire répondant à des impératifs de protection de l’environnement. «J’espère qu’ils ne vont pas changer d’avis quand ils nous auront fait partir, tonne Axel Bègue. Si
    les mauvaises herbes envahissent le plateau comme à Foc-Foc, s’ils se rendent compte que les vaches étaient bénéfiques à la forêt, il sera trop tard car plus personne ne sera capable de relancer
    un élevage traditionnel comme le nôtre».
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
    <img src="http://img.over-blog.com/600x399/2/17/00/31/Bergers-du-Volcan/riveste006.jpg" class="CtreTexte" alt="riveste006" width="600" height="399">
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 11 Aug 2011 09:29:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">0a0e29c1433d8aab3916a295feb9d768</guid>
                <category>Komansava chez vous</category>        <comments>http://www.komansava.com/article-volcan-les-dernieres-vaches-a-cloche-de-la-reunion-81328377-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Patrimoine mondial : la forêt du Maïdo sous pression]]></title>
        <link>http://www.komansava.com/article-patrimoine-mondial-la-foret-du-maido-sous-pression-79697774.html</link>        <description><![CDATA[<h1>
    Un troupeau vachement nuisible
  </h1>
  <h3>
    Le troupeau de bovins divagants des hauts de l’Ouest est hors contrôle. Son ampleur est estimée à un millier de têtes. Il met en danger la sécurité des promeneurs, la biodiversité de la forêt et
    les élevages déclarés. Tout le monde se dit aujourd’hui favorable à son éradication. A quand une battue administrative?
  </h3>
  <p>
    <img src="http://img.over-blog.com/600x399/2/17/00/31/Le-Maido/basquaise001--1024x768-.jpg" class="CtreTexte" alt="Gérien Basquaise" width="600" height="399">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Ce n’est pas encore le far west des cow-boys, mais le Maïdo devient au fil des ans un lieu de non-droit. Et le pire est peut-être à venir. Jeudi dernier, à 8h30, Pierre Sigala, responsable
    territorial de la Côte sous le Vent pour l’Office national des forêts (ONF), reçoit un coup de fil des ouvriers en train de travailler le long de la route forestière des Tamarins. Ils l’informent
    de la présence d’un «veau avorté» dans une ravine, à quelques encablures du principal site de pique-nique. Après une analyse plus détaillée de cette scène dégoûtante, il s’agit en fait des restes
    d’une vache abattue peu avant. Les «bouchers marrons» n’ont laissé sur place que la panse gonflée et les viscères. Il se trouve que la bête était pleine et que le foetus était déjà bien
    formé.<br>
    <br>
    Plus haut, en plein sur le belvédère, un tas de chaux témoigne d’une autre découverte macabre à la mi-mai. Il y en a eu au moins quatre depuis le début de l’année. Les vaches divagantes des hauts
    de l’Ouest n’ont plus rien de bucolique. Au contraire, elles représentent un danger pour les promeneurs et pique-niqueurs, un risque sanitaire ainsi qu’une concurrence déloyale pour les éleveurs
    déclarés, le principal obstacle à la conservation du patrimoine naturel pour le Parc national et un gouffre financier pour l’ONF. Le troupeau, échappant à tout contrôle, génère également des
    conflits susceptibles de dégénérer. Les «éleveurs marrons» guettent en effet les excursions nocturnes des braconniers qui viennent abattre les bêtes.<br>
    <br>
    L’origine criminelle de l’incendie de l’année dernière, qui a ravagé 800 hectares, ne fait aucun doute et l’hypothèse d’un règlement de comptes impliquant des éleveurs clandestins est des plus
    plausibles.<br>
    <br>
    Le président du Parc, Daniel Gonthier, a d’ailleurs déclaré à ce propos : «Nous avons parfois affaire à de tristes personnages qui décrètent que tout leur appartient ou qui laissent leur troupeau
    divaguer. Il y a aujourd’hui des vaches qui mangent les fonds européens en mangeant les jeunes pousses de tamarin. Je dis à ceux qui font ça que quand ils brûlent la forêt, ils se brûlent
    eux-mêmes».
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h2>
    45 000 euros broutés en une nuit
  </h2>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img src="http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/Le-Maido/troupo005--1024x768-.jpg" class="DrteTexte" alt="Troupeau divagant" width="300" height="199">De mémoire d’homme, il y a toujours eu
    des bovins en liberté dans cette forêt «sous le vent», mais pas aussi nombreux. L’intérêt économique du tamarin des Hauts n’est apparu que dans la deuxième moitié du siècle dernier du fait de la
    raréfaction des bois de Couleurs des Bas. «Il devait y avoir une cinquantaine de bovins au début des années 1970, mais l’activité de l’élevage hors enclos a été tolérée jusqu’à la fin des années
    1980 et leur nombre a pu atteindre le millier. Sachant qu’on ne peut pas les compter puisqu’ils ne sont pas déclarés», relate Pierre Sigala.<br>
    <br>
    En revanche, leur coût pour la collectivité peut facilement être comptabilisé. À partir du moment où il a été décrété de conserver ce patrimoine forestier, l’ONF a consacré chaque année 100 000€
    à la pose de clôtures et 90 000€ à la régénération des zones incendiées.<br>
    <br>
    «En une nuit, on a perdu 45 000€ quand un troupeau a défoncé la clôture de la parcelle 104, se rappelle Pascal Perrerd, agent patrimonial de l’ONF. Les bêtes ont bouffé toute la replantation de
    tamarins. Il a fallu refaire les barrières, apporter de l’avoune (enchevêtrement d’anciens troncs et racines) et remettre en état le terrain. On ne parque pas les boeufs mais on parque la
    forêt».<br>
    <br>
    Les plus de 150 000€ de surcoût annuel dû aux troupeaux divagants désespèrent les agents de l’ONF et du Parc national. Son responsable pour l’Ouest, Janick Payet, déplore la frilosité des
    différents acteurs politiques : «Sans volonté politique, sans une action commune, on n’arrivera jamais à régler ce problème qui met en péril le classement de La Réunion au patrimoine mondial de
    l’Unesco. Il faut avoir le courage d’assumer un choix entre les vaches ou la forêt de tamarins, mais on n’aura pas les deux dans cinquante ans si on ne fait rien».
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h2>
    Cadavres à l’oreille tranchée
  </h2>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Au cours de la décennie écoulée, le TCO (Territoire de la côte Ouest) a lancé une étude pour recenser les terrains qui pourraient accueillir des pâturages. Il apparaît qu’il n’y en a pas assez
    pour accueillir tous les bovins divagants et que tous les élus locaux n’étaient pas forcément prêts à accentuer la pression sur les éleveurs marrons. On peut même penser que ceux qui exploitent
    les «pâturages» gratuits de l’ONF disposent de quelques appuis. Sur les barrières à l’entrée des chemins d’exploitation, ils n’hésitent pas à faire sauter les cadenas des forestiers pour les
    remplacer par leurs propres cadenas. Si bien que les agents assermentés ont fini par renoncer eux-mêmes à sévir.<br>
    <br>
    <img src="http://img.over-blog.com/300x225/2/17/00/31/Le-Maido/P1070769--1024x768-.JPG" class="GcheTexte" alt="Boeuf mort" width="300" height="225">Ils n’en sont pas pour autant moins tracassés
    lorsqu’ils tombent sur un cadavre d’animal. «C’est d’autant plus énervant qu’un vétérinaire que nous avions sollicité nous a rétorqué que ces bêtes étaient en bonne santé car elles vivent au
    grand air», confie l’un d’eux.<br>
    <br>
    Désarmés, ils ne peuvent que constater les dégâts et le cynisme qui les accompagne. «Les bêtes mortes ont l’oreille tranchée et la boucle qui est censée les identifier a disparu. Un éleveur qui
    se respecte ne traiterait jamais ses animaux de cette façon», signale Janick Payet. Ces derniers temps, à trois reprises, des promeneurs se sont plaints de l’agressivité des bovins. Un taureau,
    quasi sauvage, a chargé un couple et son bébé. Le Parc national invite les victimes potentielles d’un coup de corne à déposer plainte dans l’espoir de susciter une prise de conscience
    générale.<br>
    <br>
    Huguette Bello, la députée-maire de Saint-Paul, répond qu’elle souhaite elle aussi qu’une enquête soit menée sur la provenance du bétail et que toutes les institutions concernées (Chambre
    d’agriculture, conseil général, intercommunalité, etc.) se donnent la main. «Au lieu de jeter de l’argent en l’air pour régénérer la forêt, on pourrait peut-être commencer par faire un grand
    parc, mais au lieu de parler chacun de son côté, il faut que l’on se parle ensemble», conclut-elle.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    <em><strong>Franck CELLIER</strong></em>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Les pousses de tamarins doivent être clôturées pour les protéger des boeufs divagants. (Photos Franck Cellier) Comble du cynisme, l’oreille a été tranchée pour empêcher toute identification.
    (Photo Parc national) Dégoûtant spectacle des restes d’une tuerie, jeudi matin. Pierre Sigala constate des gaspillages qui se chiffrent à environ 150 000€ par an. Janick Payet en appelle à «une
    volonté politique commune».
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h1 style="text-align: center;">
    Basquaise veut en finir
  </h1>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <br>
    Son nom est souvent cité pour être l’un des éleveurs les plus récalcitrants des hauts de l’Ouest face aux impératifs de conservation de la forêt. Il est en tout cas l’un des principaux marchands
    de viande de La Réunion et l’un des plus gros propriétaires de Saint-Paul. Depuis l’âge de six ans, il soigne les boeufs et remercie ses parents de l’avoir élevé à la dure. Mais Gérien Basquaise,
    62 ans, pieds nus, bertel sur le dos et sabouk à la main, en a marre. «Quand néna un chien maigre ek la queue coupée, i faut c’est M.Basquaise la coupé. Mais mi veux pli porte la faute domoun sir
    mon dos akoz mi cause pli fort que tout’ domoun», lance-t-il à destination de ses accusateurs.<br>
    <br>
    Il affirme donc que si ses bêtes sont parfois montées dans la forêt, c’est parce que des chasseurs de tangues auraient détruit les clôtures de ses pâturages les plus hauts, par malice ou
    méchanceté. Et il propose des solutions définitives : que l’on ne délivre plus de permis de chasse aux tangues pendant dix ans et surtout que l’on enlève tous les boeufs divagants, «parce que
    c’est un danger et parce que i amène trois quarts des dépenses de l’ONF», insiste-t-il.<br>
    <br>
    Jeune homme, dans les années 1960, il se souvient avoir récupéré dans la forêt 130 boeufs de M.Moreau. Et il se dit prêt à «donner la main» pour réaliser une nouvelle battue de plus grande
    ampleur.<br>
    <br>
    À l’entendre, il suffirait de quelques volontaires pour bâtir un parc provisoire et y pousser tous les bovins divagants par vagues. Les éleveurs auraient huit jours pour récupérer leurs bêtes à
    défaut de quoi celles-ci seraient abattues. Gérien Basquaise estime également que des terrains, aujourd’hui plantés de cryptomerias à 1 400 mètres d’altitude, pourraient être convertis en
    pâturages.<br>
    <br>
    Ses propos étonneront les agents de l’ONF qui ne lui font guère confiance, mais l’éleveur du Guillaume dit regretter le temps où le domaine était davantage respecté. «Zot i mett’ barrière mais ça
    i gaspille l’argent et i fait le forestier assise. Mieux vaut armett’ un forestier en permanence akoz na bon pé voleurs là-haut. Domoun na poin terrain, i vol le boeuf et i vend’ aux clandestins
    tous les samedis. I vend’ la viande 3€ le kilo au lieu de 15€. I faut le forestier, le gendarme, le juge, le procureur, le préfet i mène un lenquête pou fait la lumière tout de suite là-dessus».
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <h2 style="padding-left: 30px;">
    La biodiversité foulée au sabot
  </h2>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    Dans deux ans, une commission de l’Unesco réévaluera le classement de La Réunion au patrimoine mondial et la conservation de la biodiversité de la forêt des Hauts constituera un critère
    déterminant.<br>
    <br>
    Or, contrairement à certains pâturages alpestres ou pyrénéens, la présence de ruminants n’y est nullement un atout. Ils favorisent les principales menaces que sont la propagation des pestes
    végétales au détriment de la flore endémique, l’érosion en creusant sur leur passage des sillons qui deviennent des rigoles ou en étant la cause indirecte des incendies.<br>
    <br>
    «La tortue était le seul ruminant indigène qui favorisait la propagation des plantes endémiques. Les bovins, quant à eux, en plus de manger les pousses de tamarins, propagent des plantes
    invasives, comme l’ajonc d’Europe qui brûle facilement, dans leurs sabots ou dans leurs bouses, explique Janick Payet. Pour évaluer les dégâts des ruminants exotiques, il faut comparer la forêt
    primaire du piton des Fougères à la Roche-Écrite où les cerfs ont fait disparaître tous les arbustes et les fougères».
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <h2 style="padding-left: 120px;">
    Tirelires et parasites
  </h2>
  <p style="padding-left: 120px;">
    <span class="arial20">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 120px;">
    A qui appartiennent les vaches, souvent baguées, du Maïdo? Grande question que se posent depuis longtemps les gardes forestiers. Certaines sont la propriété de véritables éleveurs qui les ont
    soit laissé involontairement s’échapper, soit consciemment lâchées dans la forêt pour profiter de pâturages gratuits. D’autres sont passées sous la coupole de clandestins dont l’élevage n’est
    pas, ou plus, l’activité principale. D’autres encore sont presque retournées à l’état sauvage. Pour les attraper, il faut les tirer au fusil, l’éleveur devenant de ce fait chasseur.<br>
    <br>
    <img src="http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/Le-Maido/troupo001--1024x768-.jpg" class="GcheTexte" alt="Charly virapin" width="300" height="199">En tout cas, elles s’éloignent
    complètement de ce qui peut apparaître comme une tradition. Cette tradition d’élevage extensif est par exemple revendiquée du côté du volcan sur le cassé de la rivière de l’Est, même si, là-bas
    aussi, les relations entre les éleveurs et le Parc national sont conflictuelles. Mais revenons à la forêt d’altitude de l’Ouest où plus personne ne récupère le fumier, comme cela se faisait pour
    les «boeufs piquets» que soignaient les anciens. Les éleveurs déclarés comparent les vaches divagantes à des tirelires sur pattes. Lâchées dans la nature, elles ne coûtent rien à leur
    propriétaire, mais celui-ci peut les récupérer quand bon lui semble pour en vendre la viande, à l’abattoir officiel si elles sont baguées, ou sur le marché noir si elles ne le sont pas.<br>
    <br>
    En plus de faire une concurrence déloyale aux élevages de la filière bovine, elles menacent directement les prairies les plus hautes. «J’ai insisté pour installer des canadiennes (des alignements
    de tubes cylindriques sur lesquelles les vaches n’osent pas s’aventurer) sur les voies d’accès de mon élevage, indique Charly Virapin de la Chaloupe Saint-Leu, parce que les taureaux en liberté
    défoncent mes clôtures pour venir saillir mes vaches». Or, alors que l’insémination artificielle est censée assurer la qualité génétique du cheptel, les mâles divagants et abâtardis font des
    veaux de mauvaise qualité, osseux, nerveux et peu musclés. Sans parler des maladies qui risquent d’être transmises.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 18 Jul 2011 14:53:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">42ff3b85f0ee63e074e0ba4867a69308</guid>
                <category>Komansava chez vous</category>        <comments>http://www.komansava.com/article-patrimoine-mondial-la-foret-du-maido-sous-pression-79697774-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[MIREILLE SERY : LA RETRAITÉE QUI NE QUITTE PLUS LES SENTIERS]]></title>
        <link>http://www.komansava.com/article-mireille-sery-la-retraitee-qui-ne-quitte-plus-les-sentiers-60337923.html</link>        <description><![CDATA[<h1>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 18pt; color: #000000;">Le plaisir sans limite d’âge</span>
  </h1>
  <h4>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;<br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">A 60 ans, Mireille Séry continue à truster les podiums de vétéran des courses de montagne. Même si elle a renoncé au
    Grand Raid qu’elle a remporté trois fois, elle n’en quitte jamais les sentiers. Aujourd’hui, elle les balise, demain elle les nettoiera. Toujours, elle y prend un plaisir intense qui n’a pas de
    limite d’âge.</span>
  </h4>
  <p>
    <a href="http://www.komansava.com/album-1752095.html"><img src="http://img.over-blog.com/600x399/2/17/00/31/Le-Grand-Raid/mireilleportrait.jpg" alt="Mireille Séry" title=
    "Cliquez pour ouvrir le diaporama" class=" noAlign" style="border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;" width="600" height="399"></a>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #808080;"><strong><span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt;">Dix fois en compétition, dix fois en bénévole, Mireille Séry affiche vingt ans
    de Grand Raid. (Photos : Franck Cellier)</span></strong></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 120px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Courir pour ne pas vieillir, pour larguer la mort, pour devenir immortel. «Tout ça, c’est des conneries, de la
    psychologie de comptoir», vous répondra n’importe quel senior interrogé sur ses motivations. Si les «vieux» sont de plus en plus actifs en sport, sur les courses de montagne et sur le Grand Raid
    en particulier, c’est tout simplement parce qu’ils y arrivent. En plus, bien souvent, ils larguent les jeunots.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Ont-ils percé les secrets des V1 et V2 que les nazis n’avaient, heureusement, pas eu le temps de mettre au point?
    Toujours est-il qu’ils en sont aux V3 et V4. Trêve de fantasmes exhumés de la seconde guerre mondiale, ces sigles collent aujourd’hui aux catégories d’âge des vétérans. À quarante ans, on est V1,
    V2 à cinquante, V3 à soixante, V4 à soixante-dix…. Jeudi et vendredi, ils seront 92, âgés de plus de 60 ans, à s’élancer sur les sentiers du semi et du grand raid.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><a href="http://www.komansava.com/album-1752095.html"><img src=
    "http://img.over-blog.com/332x500/2/17/00/31/Le-Grand-Raid/regardsurbrasrouge.jpg" alt="Bras-Rouge" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class=" DrteTexte" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="332" height="500"></a> <a href="http://www.komansava.com/album-1752095.html"></a>Quand elle était V1, Mireille Séry a remporté trois fois le
    classement scratch féminin du Grand Raid au cours des années 1990 lors de duels épiques avec sa rivale métropolitaine, Christine Richard, de dix ans sa cadette. La dernière fois, en 1999, «en
    état de grâce», elle avait littéralement survolé la course. Depuis cette année, elle est V3. Si elle ne court plus le Grand Raid, elle continue à en baliser le parcours et à en «serrer la file»,
    c’est-à-dire qu’elle en accompagne les derniers concurrents de ses encouragements ou de ses coups de pied au cul.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Elle se souvient exactement du moment où elle a décidé de quitter le rang des fous. «C’était lors de l’édition 2000
    au ravitaillement de Grand Ilet. Je m’étais arrêtée pour me reposer un peu quand Danielle Séroc est venue me booster. “ Ce n’est pas le moment de dormir, qu’elle m’a dit, viens avec moi ”. Et on
    a fini ensemble. Honorablement. Mais j’ai compris que je n’aurais plus la motivation de me booster aussi longtemps sur des longues distances».</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h3>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">«J’ai jeté</span> <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">mon cardio»</span>
  </h3>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Elle s’aligne toujours sur la plupart des courses de montagne de la saison dont la durée (de deux heures et demie à
    six heures) lui convient. Dimanche, elle a bouclé le cross des lentilles en 1h59’ à la 40e place du classement scratch. «J’évite les parcours où il y a trop de descentes. C’est sûr que les années
    qui passent se font ressentir dans les tendons, les articulations et sur la fatigue générale. Si je tombe <a href="http://www.komansava.com/album-1752095.html"><img src=
    "http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/Le-Grand-Raid/mireillebalise.jpg" alt="Mireille Séry" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class=" GcheTexte" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="300" height="199"></a> <a href="http://www.komansava.com/album-1752095.html"></a>en panne, j’arrêterai. Mais tant que le physique et le mental
    me permettent de trouver du plaisir, je continue», analyse-t-elle. Mireille n’a jamais été de ceux qui sont accrocs à l’ordinateur et aux programmes spécifiques pour s’entraîner. Elle est venue
    au Grand Raid par amour de la randonnée puis elle s’est prise au jeu de la course et a fait exploser ses chronos. Elle s’est toujours préparée à l’instinct.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">«Pour faire comme tout le monde, moi aussi, j’ai pris un cardio. Mais c’est contraignant : un jour il s’est mis à
    beeper sans raison dans les rues de Cilaos. J’étais tranquille et détendue mais ce machin m’indiquait que j’étais en train de mourir. Alors je l’ai jeté. C’est peut-être utile pour les gens dont
    le physique va plus vite que leur coeur. Moi je suis fatiguée avant de sentir mon coeur cogner sur mes tempes. Je connais mes limites».</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Hier sur le sentier de Bras Rouge, aujourd’hui au cross des lentilles, demain à la Plaine-des-Cafres, le souffle
    assuré, les mollets tressés, elle promène sa condition insolente sur les sentiers forestiers pour baliser, pour courir, pour nettoyer, pour entretenir son énergie, pour «casser la blague» avec
    des copines, pour écouter les oiseaux, pour discuter littérature, «il faut relire l’huile sur le feu d’Hervé Bazin pour comprendre, peut-être, pourquoi le Maïdo est en feu »… Les raisons de
    prendre du plaisir ne manquent pas.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Elle habite à Cilaos depuis six ans. Vendredi dernier, alors que la fête des lentilles dédiait cette journée aux
    clubs du troisième âge, Mireille Séry, qui n’a probablement rien à reprocher à ce genre de manifestation, a évidemment préféré user ses chaussures de sport entre les racines et les cailloux du
    GR1 plutôt que sur la piste du «bal la poussière» donné à l’intention des aînés dans la cour du collège.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
    <a href="http://www.komansava.com/album-1752095.html"><img src="http://img.over-blog.com/600x399/2/17/00/31/Le-Grand-Raid/pitondesneiges.jpg" alt="Le Piton des Neiges" title=
    "Cliquez pour ouvrir le diaporama" class=" CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" width="600" height="399"></a>
  </p>
  <h3 style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Les sentiers du</span> <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">tour du
    monde</span>
  </h3>
  <p style="padding-left: 60px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 120px;">
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Retraitée de l’Éducation nationale, l’ex-prof de gym conjugue finalement la plupart de ses plaisirs avec la marche
    sportive. Elle repousse ainsi les limites de son cirque, de son île, jusqu’aux chemins escarpés du monde entier. Elle voyage en cross quand d’autres le font en séjour organisé. Plutôt que de
    prendre en photos les monuments d’un resto à l’autre, Mireille court. En avril dernier, elle a bouclé l’Annapurna Mandala trail, une course de 11 étapes sur les sommets du Népal avec un point
    culminant à 5 400 mètres d’altitude. «C’était le printemps, il ne faisait pas si froid. C’était magnifique lorsque le jour se levait. Le ciel changeait de tons au-dessus des montagnes»,
    raconte-t-elle en donnant clairement l’impression qu’il n’y a pas de mots et pas de photos pour décrire ce moment-là. L’Inde, le Maroc, les Antilles, la Bretagne, sont autant de chemins sur
    lesquels elle a couru. Et bien d’autres l’attendent, à commencer par Rodrigues dans quelques semaines.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">On l’aura compris, la performance sportive ne suffit pas à combler Mireille Séry et tous ceux qui partagent sa
    passion. On peut courir jusqu’au bout de sa vie. Ceux qui s’y adonnent, y compris sur la Diagonale, sont tout, sauf fous.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 120px; text-align: right;">
    <br>
    <br>
    <strong><span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Franck CELLIER</span></strong><br>
    <br>
    <br>
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <table style="background-color: #92be93; width: 65%;" border="0" cellspacing="10" cellpadding="10">
    <tbody>
      <tr>
        <td>
          <h2>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 14pt; color: #000000;">Le parcours du bénévole</span>
          </h2>
          <p>
            <a href="http://www.komansava.com/album-1752095.html"><img src="http://img.over-blog.com/500x332/2/17/00/31/Le-Grand-Raid/defricheur.jpg" alt="Défricheur" title=
            "Cliquez pour ouvrir le diaporama" class=" CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" width="500" height="332"></a> <a href=
            "http://www.komansava.com/album-1752095.html"></a>
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Le Grand Raid regroupe 1 200 bénévoles dont certains sont déjà sur les sentiers. Ils se répartiront sur 24
            postes de ravitaillement pendant l’épreuve. Gageons que leur travail est bien organisé mais il est aussi «bien improvisé», étant entendu que l’important est qu’il soit bien réalisé.
            Mireille Séry, fidèle parmi les fidèles fait partie de ce noyau dur qui organise et improvise au gré des appels qu’elle reçoit sur son téléphone portable. Ici, c’est un pompier, mobilisé
            sur l’incendie du Maïdo, qui ne pourra pas baliser le sentier de la Plaine-des-Cafres comme il avait prévu de le faire. Là, c’est une responsable du Parc national qui souhaite rencontrer
            les «baliseurs du Sud» pour les sensibiliser aux contraintes de la protection de l’environnement.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Mireille, elle, sera partout ou presque. Le portable à l’oreille et un rouleau de rubalise coincé entre les
            dents, elle fait signe en même temps à deux autres bénévoles cilaosiens. Elle leur indique un abord du sentier qu’elle trouve un peu dangereux et leur conseille d’y déposer les branches
            de troène qu’ils viennent de sabrer. «Ça fait d’une pierre deux coups, on lutte contre une peste végétale, on prévient les raideurs du danger et on les dissuade d’emprunter des
            raccourcis», dit-elle.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Dix ans de Grand Raid comme bénévole, ajoutés aux dix ans de compétition, ont bétonné son expérience. Après
            avoir balisé les sentiers, Mireille les parcourra à nouveau pendant l’épreuve en tant que «serre-file». Comme un chien de berger regroupant le troupeau, elle suivra les derniers, les
            encouragera pour qu’ils restent dans les temps et assurera la sécurité des égarés. Elle pourra ainsi avertir l’organisation des éventuels abandons, pourvu que personne ne se
            perde.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Il faudra encore enlever les balises et nettoyer les sentiers. Sévère, elle souhaite qu’un concurrent pris
            en flagrant délit de jet de déchet soit immédiatement éliminé. «Je sais faire la différence entre le compétiteur qui se déleste d’un tube énergétique vide pour s’alléger ou ne pas se
            salir et le raideur fatigué qui perd peu à peu ses affaires parce qu’il n’en peut plus, précise-t-elle. Les pires sont ceux qui jettent leurs déchets le plus loin possible ou qui les
            cachent sous des cailloux».</span>
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <hr>
  <center>
    <br>
  </center>
  <table style="background-color: #8079eb; border-color: #171579; border-width: 0px;" border="0" cellspacing="10" cellpadding="10" width="381" height="1196" align="right">
    <tbody>
      <tr>
        <td style="text-align: left;">
          <center>
            <h4 style="text-align: left;">
              <em><strong><span class="arial20" style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Francis Laschet, médecin du sport</span></strong></em>
            </h4>
            <p>
              <em><strong><span class="arial20" style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span></strong></em>
            </p>
          </center>
          <center>
            <h2>
              <span class="arial20" style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 14pt; color: #000000;">«Il faut prendre plus de précautions»</span>
            </h2>
          </center>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>– A plus de 60 ans, quelles sont les conditions à réunir pour se lancer dans le Grand
            Raid?</strong></span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">– La mort subite par arrêt cardiaque au cours de l’effort est plus élevé. Il faut donc se faire contrôler au
            point de vue cardio-vasculaire. Il est recommandé de se soumettre à une visite médicale accompagnée d’un électrocardiogramme. Pour un sujet entraîné — et pour le raid je suppose qu’ils le
            sont tous — il n’est pas utile de faire une épreuve d’effort sauf en cas de signes d’alerte détecté lors la visite.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Le risque vasculaire, cérébral essentiellement, est aggravé par la déshydratation. Or les troubles
            ostéo-articulaires (arthrose), qui sont plus fréquents à cet âge, poussent certains à utiliser des anti-inflammatoires. Ce sont des produits dangereux car certaines alertes sont
            contrariées. Non seulement au niveau des articulations mais aussi au niveau du rein qui réagit moins bien à la déshydratation. Ceci peut donc mener à la catastrophe (accumulation de
            déchets toxiques) : troubles cardiaques, insuffisance rénale, etc.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Les conditions à réunir sont donc les mêmes pour tous mais avec une plus grande précaution avec
            l’âge.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>– Les seniors doivent-ils suivre une préparation spécifique?</strong></span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">– Non sauf la visite médicale de non contre-indication faite dans les règles de l’art. Ils doivent
            s’entraîner, comme les autres, en musculation et en endurance ; si possible au cardio-fréquence-mètre de façon à rester en zone aérobie, d’où l’intérêt d’une épreuve d’effort de type
            sportif avec étude des seuils ventilatoires.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>– Quels bénéfices peuvent-ils tirer d’une telle épreuve?</strong></span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">– Aucun sur un ultra trail, si on se place au point de vue médical.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>– A quel moment faut-il arrêter le sport?</strong></span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">– Quand on est blessé, il faut adapter l’activité. Sinon le sport doit se faire tout au long de la vie,
            aménagé selon ses capacités physiques, articulaires notamment.</span><span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
          </p>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <p>
    &nbsp;
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    <a href="http://www.komansava.com/album-1752095.html"><img src="http://img.over-blog.com/207x300/2/17/00/31/Le-Grand-Raid/lungtungarrive.jpg" alt="Le couple Lung Tung" title=
    "Cliquez pour ouvrir le diaporama" class=" GcheTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;" width="207" height="300"></a>
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    <span style="font-size: 10pt; color: #808080;"><em><strong><span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;">«Le sport doit se faire tout au long de la vie, aménagé selon ses
    capacités physiques, articulaires notamment».</span></strong></em></span>
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    <tbody>
      <tr>
        <td>
          <center>
            <h2>
              <span class="arial20" style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 14pt; color: #000000;">Jean-René et Colette, main dans la main</span>
            </h2>
          </center>
          <p>
            <a href="http://www.komansava.com/album-1752095.html"><img src="http://img.over-blog.com/333x500/2/17/00/31/Le-Grand-Raid/jrenelungtung.jpg" alt="Jean-René Lung Tung" title=
            "Cliquez pour ouvrir le diaporama" class=" CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" width="333" height="500"></a>
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          <p style="text-align: justify;">
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Chez les Lung Tung, c’est Colette, 55 ans, qui a motivé son mari Jean-René, 67 ans, à se lancer dans
            l’aventure des semi-raids. Après une vie de labeur, le couple a décidé de consacrer sa retraite au sport, une hygiène de vie dont il mesure chaque jour les bienfaits. Vendredi, Colette en
            sera à son quatrième semi-raid consécutif et Jean-René à son troisième. L’an dernier, ils avaient fini main dans la main aux 383<sup>e</sup> et 384<sup>e</sup> rangs. «Au premier
            pointage, à Marla, nous étions à la 800<sup>e</sup> place alors à l’arrivée, nous étions bien contents d’avoir laissé autant de jeunes derrière nous».</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Le bonheur du couple va bien au-delà de son classement. «Vous savez, nous faisons cinq sorties par semaine,
            si on s’arrêtait, on ressentirait un manque. Le sport nous permet de nous sentir bien, explique Jean-René. On arrive à se dépasser lors des moments difficiles, c’est toujours une grande
            satisfaction d’arriver et c’est notre seul objectif. Nous nous lançons un challenge à nous-mêmes en essayant de faire mieux que l’année précédente. En plus, le raid, c’est une fête, c’est
            une ambiance, c’est une émotion intense».</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Ayant donc adopté la préparation sportive comme mode de vie, les Chung Tung se donnent encore trois ans à
            crapahuter sur les sentiers de La Réunion (Trail de Bourbon) et de Maurice (Royal Raid) avec un dossard sur le maillot. Avec application, ils enchaînent les sorties d’une à deux heures,
            de l’entraînement musculaire en salle pour madame et en appartement pour monsieur, quelques promenades à vélo «pour reposer les genoux» et des séances plus spécifiques de «fractionnés en
            côtes». «Ça ne peut qu’être bénéfique pour notre santé. Nous musclons notre coeur. Notre pouls est entre 50 et 60 au repos alors que chez les sédentaires il est souvent à 80. Ce qui nous
            donne un bon potentiel d’accélération cardiaque. En plus nous surveillons notre alimentation en mangeant des viandes blanches».</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Toujours avec méthode, ils géreront leur course comme les autres années. Colette sèmera Jean-René dans les
            montées et il la rattrapera sur le plat. «Nous ne courons pas ensemble parce que nous n’avons pas le même rythme mais, comme par hasard, nous finissons main dans la
            main».</span><span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            &nbsp;
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><a href="http://www.komansava.com/album-1752095.html"><img src=
            "http://img.over-blog.com/349x500/2/17/00/31/Le-Grand-Raid/colettelungtung.jpg" alt="Colette Lung Tung" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class=" CtreTexte" style=
            "border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" width="349" height="500"></a><br></span>
          </p>
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    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 14pt; color: #000000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <table style="background-color: #cc7970; border-color: #422019; border-width: 2px; width: 50%;" border="2" cellspacing="10" cellpadding="10" align="right">
    <tbody>
      <tr>
        <td>
          <h2>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 14pt; color: #000000;">Ils ont dit</span>
          </h2>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>Iris Sautron, 70 ans, «le doute».</strong> «J’en suis à mon quatrième Grand Raid. Je l’ai terminé en
            2003 et en 2006 en 55 heures mais en 2008, j’étais hors délai. Cette année, je me suis inscrite pour savoir où j’en étais. Mon fils m’accompagnera sans doute un bout du chemin mais je
            vais marcher seule le reste du temps. Je me suis entraînée une fois par semaine mais il ne suffit pas d’être bien dans sa tête, il faut quand même que les jambes suivent. Je suis encore
            un peu dans le doute et j’espère pouvoir être plus bavarde à l’arrivée».</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>Léonel Delphine, 68 ans, «je suis paré».</strong> «Depuis que je suis à la retraite, je me suis
            inscrit au club d’athlétisme de Saint-Louis. J’ai fait beaucoup de courses de montagne, j’ai aussi couru sur le plat, des 10 et des 20 kilomètres. Avec l’âge je perds peut-être en
            nervosité, mais je gagne en endurance. J’ai déjà fait quatre semi-raids et mon classement n’était pas mauvais. J’ai été 4e vétéran. M. Chicaud m’a encouragé, il m’a dit que j’étais paré
            pour le grand alors, comme j’aime ça, j’ai accepté ce coup de folie. Je me suis bien préparé avec des grandes sorties et du fractionné sur le Dimitile. J’espère bien commencer et bien
            finir, c’est tout. De toute façon, ce sera dur pour tout le monde».</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>Franco Paya, 67 ans, «l’hommage à mon île».</strong> «J’ai terminé le Grand Raid de l’année dernière
            épuisé, pourtant me revoilà sur le trail de Bourbon. J’ai passé pratiquement toute ma vie en métropole et je suis de retour dans mon île depuis cinq ans. Courir ici, encouragé par mon
            neveu, c’est une façon de rendre hommage à ma terre natale. En métropole, je participe régulièrement à des marches accélérées, à 6 ou 7km/h, sur des longues distances. Je suis donc assez
            confiant pour ce semi-raid. Je l’ai bien reconnu, je sais qu’il faudra y aller mollo-mollo et faire attention à ne pas se blesser dans les descentes. Le chemin des Anglais dans le final,
            fera mal. Mais avec l’âge, on apprend à gérer son effort selon ses capacités. On va souffrir, il faudra du courage… et ce sera quand même du plaisir. De toute façon, mon but n’est pas
            d’arriver premier, mais de le faire».</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>Raymond Alphonsine, 65 ans, «Je suis fou, mais il y a des limites».</strong> «Je suis revenu dans
            mon île il y a sept ans, j’ai arrêté le sport pour construire ma maison. Puis l’année dernière, lors d’un banquet de l’Union des parachutistes, nous sommes trois à avoir décidé de nous
            lancer dans l’aventure. Finalement, je serai le seul des trois à faire le Grand Raid. Comme j’ai fait les marathons de Londres, New-York et Marrakech, il fallait que je fasse aussi une
            course emblématique dans l’île où je suis né. Je me suis préparé, j’ai reconnu l’ensemble du parcours. Dommage qu’il ait fallu me faire opérer de la prostate entre temps, ce qui fait que
            je n’ai que huit mois d’entraînement donc je ne suis pas dans ma forme optimum. N’empêche, on ne me donne pas 65 ans, je suis en forme, et sans médicaments. Je ne vais pas faire des sauts
            de cabris comme les petits jeunes qui foncent dans les descentes — Ceux-là, j’aimerais les voir à mon âge…- mais je pense que je suis assez bien pour rentrer. De toute façon, il faut que
            je le fasse et après je reviendrai sur les 10 et 20 kilomètres parce que je suis fou, mais il y a des limites »…</span>
          </p>
          <p>
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    <iframe id="dm_jukebox_iframe" style="overflow: hidden; margin: 0pt; padding: 0pt; width: 100%; height: 562px;" marginwidth="0" marginheight="0" src=
    "http://www.dailymotion.com/widget/jukebox?list[]=%2Fuser%2Ffranckcellier%2F1&amp;skin=slayer" name="dm_jukebox_iframe" width="100%" align="center" frameborder="0"></iframe>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 05 Nov 2010 10:27:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">66fb26a350cb03186c67195af16c5ec9</guid>
                <category>Komansava chez vous</category>        <comments>http://www.komansava.com/article-mireille-sery-la-retraitee-qui-ne-quitte-plus-les-sentiers-60337923-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[NATURE - LE TUIT-TUIT A EXCLU LE GRAND RAID DE SA RÉSERVE]]></title>
        <link>http://www.komansava.com/article-nature-le-tuit-tuit-a-exclu-le-grand-raid-de-sa-reserve-59871343.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 18pt; color: #000000;">Quinze poussins sous protection rapprochée</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp; <a href="http://www.komansava.com/album-1746551.html"><img src="http://img.over-blog.com/600x401/2/17/00/31/Tuit-tuit/Femelle-TT---auteur-F.-Theron-SEOR.jpg" alt=
    "Femelle-TT---auteur-F.-Theron-SEOR" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" width="600" height="401"></a>
  </p>
  <h3>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #000000;">A force d’observations sur l’animal le plus menacé de disparition de La Réunion, les écologistes ont
    fini par faire entendre raison aux organisateurs du Grand Raid. Le passage de milliers de coureurs à côté des nids de tuit-tuit en pleine période de reproduction et d’incubation tuerait dans
    l’œuf une quinzaine de poussins. Pour une espèce dont la population est évaluée à une centaine d’individus, c’était insoutenable. Retour sur les lieux d’une tragédie.</span>
  </h3>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Tragique. La fin du tuit-tuit, qui a au moins autant de raisons de disparaître de la surface du globe que n’en avait
    le Dodo, relève d’une tragédie écologique dont les tenants sont d’autant plus solides qu’ils sont encore en partie inexpliqués. Cet oiseau endémique de La Réunion, que Pollen, le premier
    naturaliste à l’avoir observé en 1866, avait confondu avec « une grosse grive blanche », semble avoir été repoussé vers les hauteurs de Saint-Denis par la pression des prédateurs : l’homme, le
    rat, le chat…</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><a href="http://www.komansava.com/album-1746551.html"><img src=
    "http://img.over-blog.com/332x500/2/17/00/31/Tuit-tuit/foret.jpg" alt="foret" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="DrteTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width=
    "332" height="500"></a> <a href="http://www.komansava.com/album-1746551.html"></a>Les ornithologues et écologistes de la Srepen (Société réunionnaise pour l’étude et la protection de
    l’environnement) et de la Seor (Société d’études ornithologique de La Réunion) s’intéressent au tuit-tuit depuis quarante ans. Après avoir mesuré l’ampleur du danger, ils ont réussi à le faire
    inscrire sur la liste des espèces menacées d’extinction de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) en 1985.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Quatre ans plus tard, le préfet de La Réunion signait l’arrêté instituant sa protection. En 1999, c’est le Premier
    ministre qui classait par décret les 3 643 hectares de la Roche Écrite en « réserve naturelle ».</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Depuis 2003, Srepen et Seor sont corresponsables avec l’ONF, le conseil général, et désormais le Parc national, de
    la gestion de cette réserve dédiée au tuit-tuit. Il y a deux ans, l’UICN renforçait le niveau d’alerte en attribuant « le statut critique » au tuit-tuit dont on ne comptait alors que 25 couples,
    ce qui a eu pour effet de rendre « urgentes et indispensables » toutes les actions d’études et de conservation de l’espèce considérée comme « au bord de l’extinction » (dont la lutte contre les
    prédateurs). Une situation unique en France</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <table style="border-color: #062c0b; border-width: 0px;" border="0" width="39" height="20">
    <tbody>
      <tr>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Toutes ces étapes administratives ne font qu’émailler un long combat entre les usagers en tout genre du massif de la
    Roche Écrite et les écologistes. Les amoureux de la nature ont enquiquiné – pour se limiter à un verbe familier gentil – les chasseurs, les braconniers, les forestiers, les pique-niqueurs, les
    pilotes d’hélicoptères et, aujourd’hui, les raideurs.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Robert Chicaud, organisateur du Grand Raid, serait de bien mauvaise foi s’il affirmait ne jamais avoir ressenti de
    l’agacement face à ces « deux ou trois oiseaux » qui, en excluant des milliers de raideurs de leur territoire, obligent ces derniers à un détour de quelques kilomètres supplémentaires.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">En quoi un coureur de montagne, concentré sur son effort et sur les pièges du sentier, représente-t-il un danger
    pour un animal auquel il ne veut aucun mal, bien au contraire ?</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <h4 style="padding-left: 60px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>Quinze poussins en danger de mort</strong></span>
  </h4>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><a href="http://www.komansava.com/album-1746551.html"><img src=
    "http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/Tuit-tuit/roseetoilearaignee.jpg" alt="roseetoilearaignee" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="GcheTexte" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="300" height="199"></a>Le passage répété des concurrents à proximité des nids pendant deux jours et deux nuits peut perturber les couples
    actuellement en période de reproduction au point que ceux-ci remettent leur projet à l’année suivante. Il peut, surtout en période d’incubation et de nourrissage, pousser les parents à abandonner
    la couvée, ne serait-ce que temporairement. Et une baisse de la température de l’œuf en dessous de 37 degrés suffit à tuer le poussin en une heure ou deux. Là encore, il faudra attendre un an
    pour la ponte suivante car le tuit-tuit n’est guère prolifique.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">On pourrait d’ailleurs estimer qu’il est le premier responsable de sa disparition en ne faisant guère d’efforts pour
    se reproduire. Mais Damien Fouillot, chargé de la mission tuit-tuit à la Seor, et ses collègues éco-gardes Jerry Larose et Jean-François Centon ne l’entendent évidemment pas de cette oreille. Ce
    sont leurs observations, ajoutées à toutes celles des ornithologues qui les ont précédés dans la forêt de la Roche Écrite, qui permettent aujourd’hui de protéger de la manière la mieux adaptée
    l’animal menacé.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">« Le Grand Raid serait passé en juin, il n’y aurait eu aucun souci, explique Damien Fouillot. Mais la période de
    reproduction commence en septembre et aujourd’hui, tous les nids sont, soit en construction, soit déjà occupé par des œufs ou des poussins en cours de nourrissage. Il y a un ou deux œufs
    bleu-vert piquetés de brun par nid, rarement trois. S’il y a du brouillard et qu’il fait froid, un couple peut perdre ses poussins en une heure s’il abandonne la couvée. Et s’il pleut, c’est pire
    car les gouttes pénètrent dans le duvet d’oisillons très fragiles ».</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Les derniers relevés indiquent qu’une dizaine de nids sont suffisamment près du sentier de la Roche-Ecrite pour être
    perturbés par le passage des randonneurs et coureurs. Entre 15 et 20 poussins, dont on sait déjà que seulement 45 % atteindront l’âge adulte, sont donc particulièrement en danger. Un risque
    insoutenable pour une espèce qui ne compte plus qu’une centaine d’individus (83 selon les chiffres de 2009/2010).</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <h4 style="padding-left: 60px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>« Nous les connaissons tous »</strong></span>
  </h4>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <a href="http://www.komansava.com/album-1746551.html"><img src="http://img.over-blog.com/600x398/2/17/00/31/Tuit-tuit/damienlonguevue.jpg" alt="damienlonguevue" title=
    "Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" width="600" height="398"></a>&nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Du fait de la petitesse de la population et de par leur présence sous les branches cinq jours sur sept, Damien,
    Jean-François et Jerry, ont une relation quasi-intime avec chaque oiseau. Equipés de hamacs, ils dorment fréquemment sur place car « la nuit pendant leur sommeil, les tuit-tuit se manipulent
    facilement, ils sont dociles comme des poules, c’est plus facile pour les reconnaître, les baguer ou faire des prélèvements ».</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Au petit matin, un véritable concert de « uuiit uuiit », les réveille. Le moment se prête idéalement à l’observation
    guidée essentiellement par le chant des oiseaux. De planque en planque, l’observateur tend l’oreille par période d’une heure et demie à deux heures, pour repérer un mâle chanteur qui le conduira
    ainsi jusqu’à son nid. En fin de matinée, la musique s’arrête pour ne reprendre qu’au crépuscule.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><a href="http://www.komansava.com/album-1746551.html"><img src=
    "http://img.over-blog.com/300x200/2/17/00/31/Tuit-tuit/malechanteur.jpg" alt="tuit tuit mâle" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="DrteTexte" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="300" height="200"></a> <a href="http://www.komansava.com/album-1746551.html"></a>« Nous avons tellement sillonné la réserve que nous les
    connaissons tous », affirme Damien Fouillot. Aussi lorsqu’il écrit dans son rapport qu’il y a 54 mâles pour 29 femelles, la marge d’erreur est quasiment nulle. La plupart sont bagués selon un
    code à trois couleurs et un chiffre. Il sort son attirail : « Nous passons les bagues à la patte de l’oiseau avec une pince spéciale. C’est délicat, il y a un risque de blesser l’animal. Aussi,
    avant de baguer son premier tuit-tuit, je peux vous dire qu’on s’est exercé sur des dizaines d’autres oiseaux ».</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">A force d’espionner les tuit-tuit, de les identifier, de noter leur passage, les matériaux utilisés pour la
    fabrication des nids, la fréquence de leurs allers-retours pour nourrir les poussins, l’essence des arbres sur lesquels ils se posent, leur nourriture, etc., les agents de terrain ont nettement
    fait progresser l’état des connaissances sur l’espèce ces cinq dernières années. Ils ont aussi repéré les principaux prédateurs que sont les rats et les chats.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Afin de protéger les couples reproducteurs, ils disposent autour du nid et sur l’ensemble du territoire du mâle
    (plus de 10 hectares) des appâts empoisonnés cachés dans des dizaines de tubes en plastique. Et ces actions semblent enfin porter leurs fruits.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><a href="http://www.komansava.com/album-1746551.html"><img src=
    "http://img.over-blog.com/199x300/2/17/00/31/Tuit-tuit/vuegenerale.jpg" alt="vuegenerale" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="GcheTexte" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="199" height="300"></a>Depuis cinq ans, la population des tuit-tuit augmente régulièrement (6 % par an en moyenne) et la dernière saison affiche
    même une hausse de 15 %. Surtout, la proportion de femelles progresse et c’est ce qui rassure le plus les observateurs de la Seor. Ils ne sont plus que deux mâles à se disputer une femelle au
    lieu de trois. La période des amours de cet été s’annonce donc la plus féconde de toutes depuis que l’oiseau fait l’objet d’une protection rapprochée.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">D’où l’importance de le laisser tranquilles. Et les fiancés des tuit-tuit se rendent compte qu’ils ne sont plus
    seuls dans cette lutte comme en témoigne le panneau artisanal posé par un randonneur averti. Ayant appris qu’il y avait un nid juste au-dessus du sentier de la Roche-Ecrite, il invite les autres
    promeneurs à la discrétion.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px; text-align: right;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>Franck Cellier</strong></span>
  </p>
  <p style="padding-left: 90px; text-align: right;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px; text-align: right;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 90px; text-align: right;">
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <table border="0" width="195" height="178">
    <tbody>
      <tr>
        <td>
          <h2>
            <strong><span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;">Fiche d’identité</span></strong>
          </h2>
          <p>
            <img src="http://img.over-blog.com/300x200/2/17/00/31/Tuit-tuit/M-ole-TT---auteur-F.-THERON-SEOR.jpg" class="GcheTexte" alt="tuit tuit mâle" width="300" height="200">
          </p>
          <p>
            <strong><span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></strong>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt;"><strong>Nom scientifique</strong> : Coracina newtoni</span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt;"><strong>Nom français</strong> : Echenilleur de La Réunion</span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt;"><strong>Nom créole</strong> : oiseau couillon, merle blanc, tuit-tuit</span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt;"><strong>Taille</strong> : 20cm</span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt;"><strong>Menu</strong> : insectes et araignées</span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt;"><strong>Durée de vie</strong> : environ 15 ans</span>
          </p>
        </td>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <p>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <table class="hitcitation" style="background-color: #92a5dd; width: 442px; height: 417px;" border="0" align="right">
    <tbody>
      <tr>
        <td>
          <h1>
            <span style="font-size: 14pt; color: #000000;"><strong><span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;">Mobilisation générale</span></strong></span>
          </h1>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">«Avec le classement de la Roche-Ecrite en réserve naturelle, l’Office national des forêts a changé de métier
            en passant du statut de producteur de bois au statut de conservateur d’un domaine. On est passé d’une forêt de production à une forêt de bois de couleur sans exploitation», explique
            Isabeau Jurquet responsable du secteur Nord du Parc national.</span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Pour l’écologue Hermann Thomas, qui fut le référent de la Srepen avant de basculer sur le Parc national, ce
            fut une expérience extraordinaire et une mise à l’épreuve à la fois.</span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">«Quand en 2003, la Srepen et la Seor se sont vues confier la gestion de la réserve, il était clair que nous
            étions attendus au tournant. Etions-nous capables de mener un plan cohérent de protection et de conservation d’une espèce menacée? Je crois qu’aujourd’hui tout le monde est convaincu du
            bien-fondé de notre action».</span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">En effet, la création du Parc national en 2008 et le placement de la réserve sous sa responsabilité
            s’opèrent dans la continuité des actions engagées. Le sauvetage du tuit-tuit va bien au-delà de l’action directe des agents de la Seor qui étudient son évolution et font la chasse aux
            prédateurs, et nécessite des partenariats multiples.</span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><br></span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Il faut en effet poursuivre l’arrachage des pestes végétales comme la vigne marronne ou les longoses, lutter
            contre les incendies pour éviter la réédition du drame de 2006 (60 hectares en fumée à quelques centaines de mètres du territoire des oiseaux), juguler le braconnage, négocier avec les
            autres usagers que sont les chasseurs de cerfs, les pilotes d’hélicoptère, les organisateurs de courses de montagne, etc.</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
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    &nbsp;
  </p>
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    &nbsp;
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  <p style="text-align: left;">
    <img src="http://img.over-blog.com/300x199/2/17/00/31/Tuit-tuit/thomashermann.jpg" alt="Hermann Thomas" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="GcheTexte" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;" width="187" height="124">
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
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    &nbsp;
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  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <table style="background-color: #a9ca9b; width: 75%;" border="0">
    <tbody>
      <tr>
        <td>
          <h2>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 14pt; color: #000000;">Le long déclin du tuit-tuit</span>
          </h2>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Le tuit-tuit est arrivé d’Asie, prisonnier de l’oeil d’un cyclone ou naufragé sur du bois flottant à la
            surface de l’océan. Il s’est tant et tant transformé génétiquement qu’il en est devenu endémique, différent même de son cousin mauricien. Observé une première fois en 1866 par le
            naturaliste Pollen, il n’a intéressé personne jusqu’aux années 1970. Le garde-chasse de l’époque, Théophane Bègue lui donne son nom à partir de son cri : «tuuii, tuuii »…</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">L’échenilleur de La Réunion de son nom français, ou le Coracina newtoni de son nom scientifique, fait
            l’objet d’une étude de l’ornithologue anglais Anthony Cheke à partir de 1973 qui ne dénombre que 120 couples. Le tuit-tuit se nourrissant d’insectes de la forêt primaire, les écologistes
            désignent la disparition de son biotope comme la raison de sa disparition. Mais plusieurs causes peuvent être envisagées : la production de cryptoméria, les espèces végétales
            envahissantes, les prédateurs, voire l’inadaptation même de l’oiseau qui se reproduit difficilement et est même baptisé «oiseau couillon» par les braconniers tant il est facile de s’en
            approcher.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Toujours est-il que jusqu’en 2007, les comptages du tuit-tuit laissent apparaître une diminution constante
            de sa population : 30 couples en 1986, 25 couples en 2008… «Peut-être que les premiers recensements surévaluaient la population en se basant sur le chant des mâles sans savoir que la
            plupart d’entre eux étaient célibataires à cause d’une sous-représentation de femelles», suggère Hermann Thomas, conseiller écologue du Parc national.</span>
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
        </td>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
        <td>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <table style="background-color: #eb665b;" border="0" cellspacing="5" cellpadding="5" width="359" height="1524">
    <tbody>
      <tr>
        <td>
          <h2>
            <strong><span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 14pt; color: #000000;">«Le chat avait tout bouffé»</span></strong>
          </h2>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">«Ah, je vous présente P29», les ornithologues de la Seor ne font pas preuve d’un grand romantisme lorsqu’ils
            choisissent un nom à l’oiseau auquel ils passent la bague au doigt (à la patte), cependant ils entretiennent un lien «passionnel» avec leurs protégés, dixit Jerry Larose.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">P29, donc, chante de bon matin le long du sentier de la Roche-Ecrite. Une bague jaune à la patte gauche, une
            bleue et une blanche à droite. Pas de doute, c’est bien lui. «Nous l’avons bagué il y a trois ans un kilomètre plus haut. Il était jeune et n’avait pas encore pris son envol», raconte
            Damien Fouillot.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">L’an dernier, P29 a réussi à ravir la femelle d’un vieux mâle. Le tuit-tuit a pourtant la réputation d’être
            fidèle à vie. Mais leur idylle n’a pas duré. Si P29 avait sans doute séduit par son chant et son plumage, en revanche, il n’a pas brillé par son expérience. Il avait en effet bâti le nid
            trop bas. A seulement deux mètres du sol sur un branle. Il avait mis dix jours pour construire le berceau de sa progéniture avec des brindilles attachées entre elles par des fils
            d’araignée puis recouvertes de lichen. Sa femelle l’avait aidé pour les finitions, signe de son consentement. L’accouplement s’était produit lors des quatre jours que les deux «tuit-tuit
            tourtereaux» avaient passés ensemble dans la nature.</span><br>
            <br>
          </p>
          <h4 style="text-align: justify;">
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Nuit d’horreur</span>
          </h4>
          <p style="text-align: justify;">
            &nbsp;
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">A leur retour sur le nid, la femelle avait pondu deux oeufs. Le mâle et la femelle se relayaient à temps
            égal dans la journée pour couver afin que chacun puisse se nourrir. En revanche, la nuit, seule la femelle couvait les oeufs alors que P29 se trouvait une branche, plus haut, pour
            dormir.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Un matin, les observateurs de la Seor n’ont pu que constater le drame. «Un chat avait tout bouffé. C’était
            reconnaissable par les plumes cassées qui restaient dans le nid et l’empreinte de son croc sur la bague de l’oiseau. Eh oui, les oiseaux représentent environ 12% du régime alimentaire de
            la quinzaine de chats qui errent sur la Roche Écrite, ça peut être trois tuit-tuit par an et par matou». Damien en tire ses conclusions : «Si les femelles sont moins nombreuses que les
            mâles, c’est justement parce qu’elles sont plus vulnérables pendant la couvée et le nourrissage des poussins».</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">P29s’est trouvé une nouvelle femelle «qui lui tournait déjà autour l’an dernier». Le couple a achevé son nid
            et ne devrait pas tarder à y déposer ses oeufs. L’expérience faisant, celui-ci est enfin à une hauteur acceptable. Il est entouré de pièges à rats. La couvée est prévue pour durer 15
            jours. Elle sera suivie d’environ trois semaines de nourrissage des poussins dont environ la moitié arrivera à l’âge de reproduction.</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Encore faut-il que rien ne vienne perturber cette période sensible. Damien se souvient par exemple d’un
            couple qui avait eu la très mauvaise idée d’installer son nid sur la fourche d’un cryptoméria et qui avait été dérangé par un tronçonnage : «On a retrouvé les oeufs morts. Il manquait
            deux jours avant l’éclosion».</span><br>
            <br>
            <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Le passage d’un hélicoptère, qui se traduit par une bonne heure d’extinction des chants dans son sillage,
            peut avoir les mêmes conséquences.</span>
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>]]></description>
        <pubDate>Fri, 29 Oct 2010 07:30:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">18f38c01acb02fa54690ba3051ba6bf6</guid>
                <category>Komansava chez vous</category>        <comments>http://www.komansava.com/article-nature-le-tuit-tuit-a-exclu-le-grand-raid-de-sa-reserve-59871343-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[BOULANGERIE-PÂTISSERIE - DANS LES ATELIERS DE NORBERT TACOUN]]></title>
        <link>http://www.komansava.com/article-boulangerie-patisserie-dans-les-ateliers-de-norbert-tacoun-59355746.html</link>        <description><![CDATA[<h1>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 18pt; color: #000000;">Ces gens-là écoutent «pousser» le pain</span>
  </h1>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h3>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #000000;">Le pain ne s’est fait une place de choix sur les tables réunionnaises que depuis une vingtaine
    d’années. Les clients, séduits par les pains spéciaux, ignorent souvent tout des coulisses du métier. Ils ne savent pas que les <a href="http://www.komansava.com/album-1744599.html"><img src=
    "http://img.over-blog.com/500x332/2/17/00/31/Boulangerie/ginoetjhuguespetitspains.jpg" alt="ginoetjhuguespetitspains.jpg" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="DrteTexte" style=
    "border: 0px solid #000000; margin: 5px 5px;" width="443" height="265"></a>boulangers sont autant des artisans que des planteurs qui font « pousser » le pain.</span>
  </h3>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Plus que l’arrivée d’internet, du téléphone portable et la construction de la route des Tamarins, il s’est passé
    quelque chose à La Réunion, ces vingt dernières années, qui a bouleversé <strong>Yvon Foricher,</strong> meunier de profession, installé à Paris : le Réunionnais s’est mis à manger du pain.
    Mieux, il s’est mis à apprécier le bon pain. Tant et si bien qu’il en mange désormais davantage que le Français moyen, pourtant réputé pour son béret et sa baguette.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Notre meunier, que les soubresauts du cours mondial du blé empêchent de dormir, retrouve un peu le sourire quand il
    vient visiter la vingtaine de boulangers réunionnais qui lui achètent sa farine.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">« Je ne plaisante pas, <strong>la boulangerie réunionnaise a atteint un niveau de qualité bien supérieur à celui que
    l’on trouve dans la plupart des régions françaises</strong> », lance-t-il alors qu’il pénètre dans le bureau de <strong>Norbert Tacoun</strong>, à l’étage de la boulangerie-pâtisserie qui fait
    face à la mairie du Port.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">A l’antipode des places boursières où les spéculateurs internationaux parient sur la hausse ou la baisse du blé,
    nous voilà donc dans l’une des cellules de base de ce monument économique, culturel et social qu’est le pain. Et Norbert Tacoun de faire le lien entre les hautes sphères des affaires et la farine
    qui colle aux doigts.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">L’homme mérite qu’on lui ouvre une parenthèse de par sa singularité. Il préside ici le syndicat des boulangers,
    entre autres fonctions qu’il assume au Medef, et s’est mis dans le pétrin sans y être né. En effet, il a quitté son métier de prof de math en 1987 pour reprendre la boulangerie que son oncle
    Antoine Crocq avait ouverte au Port quelques années plus tôt.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Conçu pour enseigner les théorèmes, il a fait mieux que s’improviser boulanger. Il s’est formé et a fait former son
    personnel par des compagnons de renom tout en pilotant la petite entreprise.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Une gestion assez judicieuse si l’on en juge par son développement : <strong>25 salariés</strong>, 4 magasins au
    Port, à La Possession et à Saint-Paul sous le nom des « Trois épis » et un atelier portois qui a fini par envahir tout le bâtiment au point d’en expulser le patron qui est allé habiter
    ailleurs.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <h4>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>Ceux qui font la « boulange »</strong></span>
  </h4>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Fermons la parenthèse pour revenir au cœur du sujet : la « boulange » par ceux qui la font. L’histoire recommence
    chaque soir à minuit, heure à laquelle la première équipe de fourniers pousse la porte du 6 de la rue Renaudière Devaux. Des pains de tradition, prêts à être enfournés, attendent leur heure dans
    les chambres de fermentation. Il faut comprendre ici que le pain a une particularité par rapport aux autres produits alimentaires : il vit. Il « pousse » comme une plante.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><a href="http://www.komansava.com/album-1744599.html"><img src=
    "http://img.over-blog.com/191x300/2/17/00/31/Boulangerie/dimitrisortlapate.jpg" alt="dimitrisortlapate.jpg" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="GcheTexte" style=
    "border: 0px solid #000000; margin: 5px 5px;" width="191" height="300"></a>Et <strong>plus cette pousse est lente, plus le résultat est goûteux</strong>. Ce temps de pousse maîtrisé, en plus de
    la qualité des ingrédients, fera la différence avec les produits industriels. Le boulanger, tout comme le pâtissier ou le viennoisier, doit donc entretenir quelques réflexes d’agriculteur pour
    savoir à quel moment faire sa « récolte », en l’occurrence à quel moment diviser, façonner, pointer, lamer et enfourner sa baguette, sa brioche ou son croissant.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Le processus de fabrication durera entre trois heures et demie et deux jours. Aussi, à défaut d’enchaîner un
    boulanger à son pétrin 24 heures sur 24, il a fallu organiser le temps de travail des employés en cinq journées de 7 heures pour atteindre les 35 heures hebdomadaires réglementaires. Une seconde
    équipe prend son poste à 5 h 00 et une troisième à 11 h00. Entre-temps, les caissières ont ouvert le magasin pour les clients lève-tôt.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Au rez-de-chaussée, <strong>Claude</strong>, du haut de ses <strong>quarante ans de boulangerie</strong> – vingt ans
    à Saint-Paul et vingt ans au Port – est entouré de <strong>Wilfrid</strong>, stagiaire, et de <strong>Dimitri</strong>, apprenti bourré d’ambition. « Je veux partir me former et devenir meilleur
    ouvrier de France. Quand je reviendrai, j’ouvrirai ma boulangerie », dit le gamin.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <h4>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>Le souci du détail</strong></span>
  </h4>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>&nbsp;</strong></span><br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Claude admire son engagement, mais il sourit : « tu sais, <strong>si tu n’as pas 100 000 euros</strong> en poche, tu
    n’ouvriras rien du tout. Regarde ce four, il a coûté 400 000 francs au patron il y a vingt ans ».</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Tout en discutant, les boulangers font leur mélange dans le pétrin : <strong>cinquante kilos de farine</strong> plus
    ce qu’il faut d’eau, de levure et de levain, cette matière magique que Claude explique : « Chaque jour, on rajoute un peu de pâte pour qu’elle fermente et fasse du levain dans cette machine que
    l’on ne vide jamais. La mère du levain est là, au fond, depuis vingt ans. Elle pourrait avoir cinquante ans. Cent ans même »…</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><a href="http://www.komansava.com/album-1744599.html"><img src=
    "http://img.over-blog.com/300x206/2/17/00/31/Boulangerie/claudedefourne.jpg" alt="claudedefourne.jpg" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="DrteTexte" style=
    "border: 0px solid #000000; margin: 10px 10px;" width="300" height="206"></a>Cet ingrédient, venu du fond des âges, se mêle à un procédé qui, lui, répond à une logique implacable pour calculer
    les proportions, le temps et la vitesse de pétrissage, la température « très froide » de l’eau en fonction de la température et de l’humidité ambiante. A peine pétrie, la pâte commence sa pousse.
    Il faudra alors alterner, pour cette matière « comme pour l’homme », les périodes de travail et de détente : 20 minutes de « pousse » dans le premier pétrin, puis un nouveau malaxage et une
    division en paquet de sept kilos avant 30 autres minutes de « pousse » dans des bacs, puis les blocs de pâte sont encore divisés en <strong>vingt baguettes de 350 grammes</strong> qui se «
    reposeront » 20 autres minutes dans des balancelles avant d’être façonnées, pointées et striées avec des lames de rasoir.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Les pains ainsi ouvragés pourront ensuite « pousser » tranquillement dans les chambres de fermentation sous la
    surveillance des boulangers qui, au besoin, ralentiront ou accéléreront le processus avant le passage au four. A chaque étape, Claude évalue au toucher la bonne avancée du travail. Ni trop molle
    ni trop solide, une pâte qui se déchire entre les doigts donnera un pain avec des « cloques »... Tous les détails comptent comme la <strong>projection de vapeur</strong> sur les pains à l’entrée
    dans le four pour les rendre plus brillants.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Soudain le « maître » éclate d’un rire embarrassé. « Je viens de me rendre compte de ma gaffe, une gaffe de débutant
    », souffle-t-il en portant un peu de pâte à sa bouche. « J’ai oublié de mettre le sel, ça arrive une fois sur mille ».</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">On a envie de lui dire que l’erreur est humaine et que la présence du journaliste l’a déconcentré... Mais, même si
    plus de 6 500 pains sortent chaque jour du four à sole fixe et des fours rotatifs de l’atelier portois, le boulanger est si fier qu’il ne supporte pas que l’un d’entre eux puisse le
    décevoir.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Gageons qu’il faudra attendre bien plus de mille jours pour que Claude oublie à nouveau de saler sa pâte.</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: right; padding-left: 30px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>Franck Cellier</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: right; padding-left: 30px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left; padding-left: 120px;">
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <center>
    <h2 style="text-align: left;">
      <span class="arial20" style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><span style="color: #000000;">Les pâtissiers ont inventé le Pi créole</span>
      ﻿﻿<strong>﻿</strong><strong>﻿</strong></span>
    </h2>
  </center>
  <p style="padding-left: 120px;">
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">A répéter les mêmes gestes chaque matin, même avec talent, on pourrait finir par se lasser. Ce n’est pas le cas des
    pâtissiers qui occupent le premier étage de l’atelier portois. <strong>Frédo</strong> et <strong>Patrick</strong> y encadrent leur apprenti du lycée hôtelier de Plateau Caillou,
    <strong>Alexandre</strong>.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><a href="http://www.komansava.com/album-1744599.html"><img src=
    "http://img.over-blog.com/199x300/2/17/00/31/Boulangerie/alexandrefredopatrickpatates.jpg" alt="alexandrefredopatrickpatates.jpg" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="GcheTexte" style=
    "border: 0px solid #000000; margin: 5px 5px;" width="199" height="300"></a>Ils lui expliquent comment éviter que les préparations accrochent aux parois du mélangeur, comment réussir une mousse
    légère, comment éviter les gaspillages. Bref des trucs élémentaires, mais aussi quelques secrets de fabrication.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Ce matin, ils travaillent sur la dernière trouvaille de la maison : le Pi, un gâteau à double-mousses censé aboutir
    à la quadrature du cercle – 3,14, le patron est un matheux – réunissant à la fois l’inventivité et le goût pays.</span><br>
    <br>
  </p>
  <center style="padding-left: 120px;">
    <h4>
      <span class="arial16" style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>Les lacunes du CFA</strong></span>
    </h4>
  </center>
  <p style="padding-left: 120px;">
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Pour le caractère créole, ils ont épluché des <strong>patates douces</strong> et les ont découpées en dés. Pour
    l’innovation, ils ont décidé de marier leur saveur à celle de la crème de marron, le tout sous forme de mousses enserrées entre des biscuits croustillants.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">«On tente des pâtisseries légères tout en y intégrant de la patate pour suivre les goûts des clients», commente
    Frédo, puis il sort du placard un paquet de gélatine et en montre l’étiquette : «Regardez, c’est de la <strong>gélatine de poisson</strong>. On l’a prise pour rassurer nos clients hindous qui ne
    mangent pas de boeuf car on avait déjà abandonné la gélatine à base de porc pour satisfaire nos clients musulmans. On ne laisse rien au hasard». Alexandre est ravi, il a soif d’apprendre et croit
    en l’avenir de son métier : «Je suis polyvalent et je pourrai faire valoir tous mes atouts pour voyager. J’ai déjà eu l’occasion de faire un stage dans un hôtel aux Seychelles».</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Les «anciens», eux, sont fiers de leur savoir-faire. «On a parfois la chance d’être conseillé par des pointures,
    <strong>Olivier Cabane</strong> et <strong>Eric Kayser</strong>, raconte Frédo. Ce sont des compagnons du tour de France. Eric travaillait au Japon et le patron a sympathisé avec lui lors d’un
    congrès en France. Maintenant, il a une trentaine de magasins à Paris et dans le monde. Quand ils viennent, ils nous font vraiment progresser».</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Mais ces prestations de haut niveau cachent, selon Norbert Tacoun, de profondes lacunes au niveau local. «Le Centre
    de formation des apprentis de la chambre de métiers est un outil qui a vieilli. Les autres boulangers-pâtissiers sont d’accord avec moi pour dire que les équipements du <strong>CFA</strong>,
    comme ses formateurs, ne sont pas au niveau. Il faut savoir se remettre en question».</span>
  </p>
  <p style="padding-left: 120px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
    &nbsp;
  </p>
  <hr>
  <h2>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #000000;">Les viennoiseries des boxeurs</span>
  </h2>
  <p>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><a href="http://www.komansava.com/album-1744599.html"><img src=
    "http://img.over-blog.com/500x332/2/17/00/31/Boulangerie/ginoplielapate.jpg" alt="ginoplielapate.jpg" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="CtreTexte" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" width="500" height="332"></a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 180px;">
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Ce n’est plus de la boulangerie, mais ce n’est pas encore de la pâtisserie. Et ça vient de Vienne, d’où leur nom de
    viennoiseries. Les croissants, petits pains et brioches passent entre les mains expertes de <strong>Gino</strong> et <strong>Jean-Hugues</strong>, les épaules larges et la blague
    facile.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Dans leur atelier, de l’autre côté de la cour intérieure, la température est autrichienne, la chaleur étant
    <strong>l’ennemie du beurre</strong>. Or, le beurre, les deux compères le manie par mottes de quinze kilos. Pas question de le voir fondre entre les doigts ou, pire, se liquéfier à partir de
    28°.</span>
  </p>
  <h4 style="text-align: justify; padding-left: 180px;">
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">«On ne connaît pas la crise»</span>
  </h4>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 180px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; padding-left: 180px;">
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Quand ils «embauchent», à 5h00, ils récupèrent les masses de pâte qu’ils ont préparées la veille et qui ont ainsi
    «poussé» pendant 24 heures. Gino pétrit le beurre sur un tapis roulant équipé d’une presse et de lames qui découpent des plaques de beurre d’1,5 centimètre d’épaisseur. Le beurre est ensuite
    glissé entre deux couches de pâte que les deux hommes boxent ardemment.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">De séances de bastonnade sur table en passage sous presse, le mélange de beurre et de pâte est prêt pour l’étape
    suivante : la confection de <strong>chocolatines</strong> et de brioches assorties d’orange, de pépites de chocolat et autres gourmandises.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><a href="http://www.komansava.com/album-1744599.html"><img src=
    "http://img.over-blog.com/199x300/2/17/00/31/Boulangerie/briochechocola.jpg" alt="briochechocola.jpg" title="Cliquez pour ouvrir le diaporama" class="DrteTexte" style=
    "border: 0px solid #000000; margin: 10px 10px;" width="199" height="300"></a>Gino et Jean-Hugues qui se sont violemment dépensés sur la matière, deviennent ensuite délicats pour découper, fourrer
    et plier leurs gâteries avec dextérité. Leur temps est compté pour remplir les plateaux qui s’entassent sur les chariots qui connaîtront ensuite le même destin que les pains, d<strong>e la
    chambre de fermentation au four rotatif</strong>.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Ils savent mieux que quiconque ce que veut dire l’expression : partir comme des petits pains. «On ne connaît pas la
    crise, estime même Jean-Hugues. Les gens sont gourmands comme moi quand j’étais gamin et que je suivais mon père sur les quais du Port. À cette époque, il n’y avait pas de boulangerie comme
    maintenant et le pain était fait sur les bateaux de passage. On était attiré par la bonne odeur et <strong>on achetait les gâteaux aux marins</strong>».</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">«Avec la crise, c’est même le seul bonheur qu’il reste aux gens, renchérit Gino. Ils ne peuvent plus s’acheter une
    voiture neuve, mais ils aiment se faire plaisir avec des gâteaux».</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 21 Oct 2010 15:46:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">1f17690cbebdd44f4dfcba928abddab8</guid>
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